Les solutions défensives : diversifier et limiter le risque

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A l’approche de la fin du cycle économique, certains investisseurs recherchent de plus en plus un positionnement défensif dans leurs portefeuilles. Les opportunités d’investissement se sont réduites depuis que les banques centrales ont adopté des taux négatifs en zone euro et au Japon notamment. Un peu plus de 20% des obligations mondiales ont un rendement à maturité négatif. Il existe cependant encore des solutions qui offrent des rendements attendus positifs pour un niveau de risque relativement faible. .

La diversification permet de réduire le risque global du portefeuille. Nous diversifions les actifs dans un certain nombre de produits à faible risque et dans d’autres avec un risque calculé.

Les investisseurs défensifs privilégieront sans doute les obligations émises par des émetteurs de qualité dans leur devise de référence. On trouve également du rendement dans les obligations d’État américaines à court terme ou dans les obligations émergentes pour ceux qui acceptent le risque de change. D’autres solutions comme les produits structurés, les prêts à effet de levier européens et les fonds Newcits peuvent également être considérées.

Côté actions, les solutions sont un peu plus risquées. Les fonds défensifs (par exemple « buy write ») offrent une exposition partielle au marché pour limiter le risque.

 

Les investisseurs avec un profil de risque faible avaient l’habitude d’acheter des obligations jugées sûres, comme celles émises par les États ou les grandes entreprises avec des notes de crédit élevées. Ces obligations sont aujourd’hui chères, voire ont des rendements à maturité négatifs, ce qui signifie concrètement que l’acheteur est certain de perdre de l’argent s’il les conserve jusqu’à échéance. 20% des obligations dans le monde ont des rendements négatifs. En zone euro, ce pourcentage monte à 40% ! Dans ce contexte, nous explorons plusieurs pistes qui devraient offrir des rendements positifs pour les investisseurs  avec des profils de risque faible et modéré.

 

Dans un environnement où les taux sont bas et où l’économie croît à un rythme faible en zone euro, les investisseurs peuvent trouver du rendement dans la dette subordonnée. Plus risquée que la dette sénior, puisqu’elle n’arrive qu’après dans l’ordre de priorité de remboursement en cas de faillite de l’émetteur, elle offre en revanche un rendement plus attrayant. Nous privilégions les émetteurs Investment Grade afin de limiter le risque de restructuration/défaut.

Pour les investisseurs en dollar, ou ceux en euro qui acceptent le risque de change, les obligations d’État américaines à court terme sont attractives. La Réserve fédérale devrait baisser ses taux deux fois en 2020 selon nous, alors que le marché n’escompte qu’une seule baisse de taux, ce qui suggère que les taux d’intérêt à court terme devraient se détendre. Les obligations vertes émises par les entreprises américaines méritent que l’on s’y intéresse. Il existe une réelle offre et les rendements sont attrayants. Elles se comportent comme des obligations traditionnelles, la différence réside dans le fait qu’elles financent des projets principalement conçus pour atténuer les changements climatiques.

Enfin, les obligations émergentes restent attractives, tant celles d’entreprises en devise forte que celles d’État en devise locale. Cette classe d’actifs est supportée par le phénomène de recherche de rendement vu que les pays développés n’offrent que des rendements bas voire négatifs. Les indices sont aujourd’hui très diversifiés, ce qui fait que le risque n’est plus aussi grand que par le passé.  Les devises émergentes sont sous-évaluées selon nous, donc le risque de change est limité.

Dans un environnement de taux d'intérêt peu élevés, les prêts à effet de levier en Europe offrent un couple risque-rendement attractif et une protection naturelle contre le risque de remontée des taux d'intérêt puisque les revenus générés sont basés sur des taux d'intérêt variables. Traditionnellement, la classe d'actifs a une volatilité faible, mais elle n’est pas pour autant immune aux potentiels sauts de volatilité des autres classes d’actifs. Les prêts de premier rang (senior) constituent la tranche la plus sûre dans la structure du capital, de sorte que les défauts de paiement devraient être plus limités dans cette tranche. La liquidité peut être faible, il est donc recommandé d’investir sur un horizon long.

 

 

Les fonds Newcits offrent la possibilité au gestionnaire de profiter de la hausse et aussi de la baisse des prix des actifs en fonction de la stratégie. Nous privilégions les stratégies macro car les tensions commerciales et le populisme défient certains secteurs, ce qui devrait générer de la volatilité et donc des opportunités. De plus, la dispersion entre les marchés émergents permet de dégager des idées d’investissement. Les stratégies long/short equity sont également intéressantes car elles peuvent exploiter les facteurs structurels tels que la faiblesse des rendements et les innovations perturbatrices.

 

 

Les fonds « buy-write » sont destinés aux investisseurs défensifs. Ils offrent une exposition au marché actions avec l’objectif de réduire le risque grâce à l’utilisation d’options (vente d’options d’achat). Ces fonds participent moins à la hausse des indices dans les marchés haussiers et atténuent les baisses dans les marchés baissiers. Leur performance est généralement moins volatile que les fonds traditionnels.

 

 

 

Il s'agit de l'utilisation d'instruments sophistiqués (contrats à terme, options ou swaps de défaut –CDS–) auxquels les investisseurs individuels ont généralement un accès limité. Les produits structurés peuvent être construits à capital 100% garanti pour les investisseurs très défensifs ou alors avec une prise de risque sur une partie du capital. Ils peuvent tirer profit de la différence entre les taux d’intérêt de court et long terme ou dégager du rendement en misant sur les mouvements de la volatilité implicite. Les produits structurés en euro sont moins attractifs que ceux en dollar du fait des taux bas en zone euro.

Les risques de ce thème sont surtout des coûts d’opportunité au cas où les actifs risqués poursuivraient leur tendance haussière.

Les risques inhérents aux produits proposés sont des risques liés à une remontée soudaine des taux d’intérêt, au défaut d’un émetteur, à une liquidité réduite en cas de tensions sur les marchés, ou à des fluctuations de change. Nous chercherons à limiter ces risques avec des obligations à court terme et en privilégiant les émetteurs de qualité.