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#Investissements — 25.10.2018

Changement de recommandation sectorielle : en faveur de l’industrie pharmaceutique

Guillaume Duchesne

Les actions sont actuellement sous pression compte tenu des craintes pour la croissance mondiale et des risques politiques en Europe.

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Dans cet environnement difficile, la correction boursière a été sévère et tous les secteurs sont à la baisse, y compris les plus défensifs, depuis le sommet de l’indice MSCI World en septembre dernier.

Néanmoins, nous ne pensons pas que ce soit la fin du cycle. Nous continuons à miser sur les actions à ce stade. Nous constatons notamment un écart significatif entre de bons fondamentaux (bénéfices solides des entreprises) et des valorisations attrayantes. Nous maintenons donc notre vue positive sur des secteurs à caractère pro-cyclique (matériaux, industrie), les financières et un secteur atypique, l’énergie.

Nous considérons que le récent mouvement baissier est une occasion de rééquilibrer nos recommandations sectorielles en faveur de l’industrie pharmaceutique (aux Etats-Unis et en Europe). Nous relevons cette industrie de neutre à positif. Ses atouts sont :

  • Une croissance solide des bénéfices. La dynamique relative des bénéfices s'est récemment stabilisée aux États-Unis. En Europe, le bénéfice par action a été révisé à la hausse (après une longue période de révisions négatives). Les marges de profit sont solides. Les revenus attendus de l’industrie sont corrects (5% en Europe, 4% aux Etats-Unis), soutenus par un cycle de nouveaux produits, notamment en Europe.
  • Un sentiment moins négatif sur l’industrie depuis cet été. Les évènements de marché ont ramené le secteur sur les écrans radar des investisseurs. D’une part, la pharmacie semble être à l'abri des tensions commerciales et apparaît moins sensible aux aléas macroéconomiques. D’autre part, les investisseurs s’étaient longtemps détournés du secteur, inquiets de la pression sur les prix des médicaments opérée par l’administration américaine. La réglementation demeure une incertitude pour l'industrie, notamment à l’approche des élections de mi-mandat. L’administration américaine poursuit son travail de pression sur les prix des médicaments et le Président Trump, toujours  déterminé sur la question, peut à tout moment relancer le débat. Les sociétés pharmaceutiques ont entre temps compensé l’effet en contrôlant leurs coûts et ont communiqué que l’évolution des prix était gérable. Les investisseurs ont, quant à eux, bien identifié le risque, faisant passer leurs préoccupations sur les prix au second plan.
  • Des valorisations raisonnables : tandis que les valeurs de l’industrie sont proches de leur moyenne de deux ans aux Etats-Unis (15,4), le ratio cours/bénéfice est attrayant en Europe à 14,6.
  • Une nature défensive. Avec les conditions de marché difficiles, l’industrie pharmaceutique bénéficie de son caractère défensif, tout en offrant une croissance bénéficiaire solide. La combinaison semble particulièrement intéressante pour les investisseurs qui souhaitent rééquilibrer leur portefeuille face aux incertitudes de marché. 

Nous restons en revanche sélectifs au sein des secteurs défensifs. Avec notre scénario de croissance économique solide, de progression graduelle des taux d’intérêt et in fine de rebond des marchés boursiers, nous restons prudents vis-à-vis de la plupart des autres secteurs défensifs qui sont les grands gagnants de l’actuelle volatilité sur les marchés : consommation de base (vue négative), services aux collectivités (vue négative), immobilier côté (vue neutre) et Télécom (vue neutre). Le secteur des télécommunications a notamment bénéficié d’un soudain regain d’intérêt de la part des investisseurs, attirés par un dividende élevé et le caractère domestique du secteur (c’est-à-dire moins sensible aux tensions commerciales et aux inquiétudes sur la croissance mondiale). Le secteur des télécommunications en Europe souffre toutefois de revenus médiocres et d’une pression sur les prix dans un environnement concurrentiel toujours intense. Cela étant dit, bon nombre de ces risques sont bien connus des investisseurs et semblent avoir été pris en compte dans les valorisations actuelles. Malgré tout, nous préférons rester neutres à ce stade.