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#Investissements — 06.11.2017

Stratégie actions en zone euro : privilégier les secteurs ou les pays ?

Guillaume Duchesne

La croissance économique synchronisée en zone euro nous incite à mettre l’accent sur l’allocation sectorielle plutôt qu’intrarégionale.

Les performances boursières par pays au sein de la zone euro peuvent parfois être très disparates. Pendant la crise de la dette souveraine, certains marchés européens ont fortement baissé tandis que d’autres ont bien mieux résisté. Entre début 2010 et fin 2011, le marché espagnol a ainsi perdu 30%, l’Italie, 38% et la Grèce 88%. Dans le même temps, l’Allemagne a gagné 2% et les Pays-Bas n’ont baissé que de 6%. La France (-20%) a, quant à elle, souffert des déboires des pays périphériques européens et, consécutivement, de l’émergence de craintes d’un éclatement de la zone euro.

Face à la vulnérabilité économique de certains pays et afin d’échapper au risque idiosyncratique de certains marchés, une allocation intra-régionale dans la zone euro avait donc tout son sens pendant la crise de la dette souveraine. Mais depuis 2011, les bourses européennes ont bénéficié d’une solide tendance haussière. Faut-il dès lors encore miser sur une stratégie par pays ?  Plusieurs évolutions récentes invitent à un changement d’approche:

  • La reprise économique est en place en zone euro. La plupart des indicateurs récents continuent d’indiquer une conjoncture favorable. De manière générale, la reprise apparaît solide. La zone continue d’absorber ses capacités de production excédentaires, autrement dit de rattraper le terrain perdu pendant la crise. La croissance économique devrait atteindre 2,2% cette année, son plus haut niveau en dix ans.  L’inflation montre quelques signes de redressement, mais elle demeure encore trop basse pour envisager une normalisation de la politique monétaire.
  • Il existe toujours des différences notables entre les pays de la zone euro, mais la reprise économique actuelle est synchronisée. La synchronisation a été possible grâce à la politique de la Banque centrale européenne, la reprise du commerce international et un euro compétitif. Les entreprises de la zone bénéficient notamment d’une amélioration des conditions de financement ce qui a permis la relance de l’activité, notamment en Espagne, Italie et au Portugal qui ont fortement souffert de la crise de la dette souveraine. La dynamique conjoncturelle est donc à ce jour favorable à la plupart des pays de la zone euro.
  • Le marché est aujourd’hui plus confiant vis-à-vis de la zone euro. Les investisseurs sont moins inquiets de l’éventualité de son éclatement. La zone a en effet fait de nets progrès institutionnels depuis la crise de 2011 et certains pays européens ont par ailleurs engagé des réformes structurelles. Pour finir, certaines élections majeures (France et Allemagne) sont à présent derrière nous.


De ces effets de convergence découle une réduction des disparités de performances entre les pays européens. Un simple exercice de calcul des disparités de performances entre les différents marchés boursiers souligne une contraction des écarts depuis le début de l’année. A l’inverse, le même exercice montre des écarts plus importants pour les performances sectorielles. En clair, les choix d’investissement se font plutôt en fonction de thèmes sectoriels pour le moment.

Même si des événements spécifiques nationaux peuvent animer ponctuellement un marché national dans la zone euro (comme par exemple l’Espagne, touchée actuellement par des tensions politiques), le renforcement politique et économique de la zone euro nous incite à mettre l’accent avant tout sur des stratégies sectorielles. Sur ce plan, nos préférences vont actuellement vers  1/ des valeurs cycliques profitant de la reprise de la demande domestique dans la zone euro 2/ des valeurs bénéficiant du rebond du prix du pétrole et enfin 3/ une sélection de valeurs exposées au commerce international.