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#Stratégie d'investissement — 26.09.2018

Le plus long marché haussier, sans aucune fin en vue

Roger Keller

Le 22 août, l'actuel marché haussier, qui a débuté en mars 2009, est devenu le plus long de l'histoire. Étant donné qu’aux Etats-Unis nous sommes également dans la deuxième période de croissance économique la plus longue depuis 1945, ce phénomène peut-il encore durer ?

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3.487 jours et nous comptons toujours

L'actuel marché haussier a débuté le 9 mars 2009. Un peu moins de dix ans plus tard, le 22 août, il est devenu le plus long jamais enregistré. Le précédent record de longévité était détenu par la période de hausse s’étalant d’octobre 1990 à mars 2000. Bien sûr, la question se pose, combien de temps cela va-t-il encore durer ? Les valorisations ne sont plus bon marché, la base monétaire mondiale en dollar s’est contractée pour la huitième fois depuis 1971 (des turbulences ont suivi les sept précédentes) et l’allocation des investisseurs américains aux actions est la plus élevée depuis la bulle Internet. Bien que la liste de facteurs pénalisants soit assez longue, nous maintenons notre opinion fondamentale positive pour les 9 à 12 mois prochains, en partant de l'hypothèse que le protectionnisme aura un impact négatif léger et que la hausse des rendements obligataires sera limitée. 

Les perspectives de croissance du chiffre d'affaires et des résultats restent favorables

L'indice de diffusion des indicateurs avancés a récemment rebondi. Les perspectives économiques demeurent solides malgré la modération dans le commerce mondial et les tensions commerciales. Les tendances des dépenses d’investissement et le caractère lent du resserrement des conditions monétaires sont particulièrement encourageants. Par conséquent, la croissance des ventes mondiales devrait être solide et, associée à des menaces limitées sur les marges aux États-Unis et à un potentiel d’amélioration des marges ailleurs, les perspectives de bénéfices restent prometteuses. À l’échelle mondiale, nous escomptons une modération de la croissance des bénéfices, de près de 16% cette année à une hausse approchant 10% en 2019, ce qui reste un rythme d’expansion au-dessus de la moyenne. 

Les valorisations ne sont pas une contrainte

Au début du marché haussier en 2009, le PE prospectif à 12 mois était inférieur à 10 pour les actions mondiales et le cours par rapport à la valeur comptable était de 1,2. Maintenant, ces ratios sont à 14,6 et 2,2 respectivement. Les deux mesures tournent autour des moyennes à long terme. Si l'on considère la prime de risque des actions, les actions semblent bon marché. C’est parce que les obligations sont chères. En ce qui concerne le rendement des dividendes, les actions restent attrayantes, du moins en dehors des États-Unis, où même les rendements des obligations à court terme sont revenus au-dessus du rendement du dividende du S & P 500. De manière générale, les évaluations ne constituent pas une contrainte. 

Une phase plus dangereuse

Avec la croissance mondiale et la liquidité des banques centrales culminant en 2018, l’absence de direction pour le PMI composite mondial et les surprises économiques, des valorisations apportant moins de protection, sans parler de la courbe des rendements aux États-Unis qui inquiète certains et les nombreux risques politiques (tensions commerciales, fermeture du gouvernement américain, budget italien, Brexit, etc.), les investisseurs ont de nombreuses raisons de remettre en cause leur exposition aux actions. Les plus prudents d'entre eux pourraient souhaiter réduire leur exposition. Les autres devraient être préparés à des périodes de volatilité accrue et devenir plus sélectifs, en mettant l'accent sur le potentiel de hausse à moyen terme. 

Conclusion

À notre avis, la fin du marché haussier ne se profile pas encore à l’horizon car, d’après nos projections, l’expansion économique mondiale n’est pas terminée, ce qui implique une hausse continue des bénéfices. Dans le même temps, les valorisations ne sont pas une contrainte.