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#Investissements — 16.07.2018

Marchés actions : un été chaud avant que la tendance haussière reprenne

Roger Keller

Les marchés actions ont atteint une situation de sur-achat extrême en janvier.

Les marchés actions ont atteint une situation de sur-achat extrême en janvier. Depuis, ils sont entrés dans une phase de forte volatilité, fluctuant au sein d'une fourchette latérale. Bien que la volatilité soit appelée à se poursuivre cet été, une tendance fondamentalement haussière devrait revenir à un stade ultérieur dans l’année, grâce à des fondamentaux favorables.

Roger Keller

Chief Investment Advisor

Les perspectives à moyen terme sont positives

Notre scénario de base est pour une poursuite de la croissance économique mondiale. Cela étant dit, son rythme d’expansion sera plus modeste, plus proche de son taux de croissance durable à long terme, ce qui entraîne un ralentissement de la progression des résultats. Le consensus prévoit que la croissance des bénéfices va ralentir, passant de 15,5 % cette année à 9,4 % l'année prochaine ; notre scénario se fonde sur des chiffres légèrement inférieurs, particulièrement en 2019. Les données historiques montrent que tant que les bénéfices restent orientés à la hausse, la tendance haussière du marché se maintiendra en vie. Le principal risque est lié aux tensions du commerce international. Nous allons suivre très attentivement la publication des indicateurs de confiance des entreprises pour évaluer si les prévisions de bénéfices ont besoin d'être revues à la baisse de manière significative.

Les valorisations autour de leurs moyennes à long terme

Les valorisations ne vont pas empêcher les marchés d’atteindre des niveaux plus élevés au cours des 12 prochains mois. En effet, le PE a chuté, passant de 16x à 14x au cours de ces derniers mois en raison d'une combinaison de révisions à la hausse des bénéfices et de la faiblesse des marchés. Le PE prospectif actuel est légèrement inférieur à sa moyenne à long terme (14,6x). Le ratio cours/valeur comptable est d'environ 2, en ligne avec ses standards à long terme, tandis que le rendement des dividendes (2,4 %) est attractif, surtout comparé aux rendements obligataires en dehors des Etats-Unis. Plus important encore, les marchés haussiers ne se terminent pas avec des valorisations autour de leurs moyennes à long terme ; elles atteignent classiquement des niveaux élevés ou extrêmes en raison de l'euphorie des investisseurs.

Un nouveau régime pour la volatilité

Avec un pic de croissance, une hausse de l'inflation, une normalisation graduelle des conditions monétaires et un retrait graduel de la liquidité des banques centrales, nous observons que les courants porteurs s’amenuisent. En outre, une hausse des rendements obligataires pèsera sur les valorisations. Tous ces développements plaident en faveur d'un changement de régime par rapport à 2017 : un régime de volatilité plus élevé. De toute évidence les tensions liées au commerce mondial contribueront à cette hausse de volatilité. L'intensification de volatilité combinée à un élargissement de la dispersion des performances sont aussi des facteurs de bon augure pour la gestion d'actifs active.

Des facteurs saisonniers laissent suggérer des rendements moroses pendant l'été

Si l'on examine de plus près le comportement des marchés, il y a eu, depuis 1950, des schémas répétés. Les mois de juin, d'août et septembre sont les mois qui génèrent les rendements les plus mauvais, en moyenne. C'est de cette observation que vient le célèbre dicton «Sell in May and go away» ; il traduit le fait que la période de six mois entre mai et octobre a produit par le passé les pires rendements en moyenne : 1,9 %, contre 7,1 % pour la meilleure période de six mois (de novembre à avril). Un autre facteur saisonnier à noter est le cycle présidentiel américain : depuis 1928, la deuxième année du mandat présidentiel a traditionnellement été le pire (la troisième étant la meilleure). Ces statistiques confortent notre recommandation d’utiliser la volatilité pour acheter à bon compte, dans la perspective de voir les marchés plus hauts à horizon 6-12 mois.

En conclusion

Les marchés actions vont probablement manquer de catalyseurs positifs durant les mois d'été. Ils sont susceptibles de se comporter d'une manière volatile, d'autant plus que les incertitudes politiques (particulièrement les tensions commerciales), devraient rester élevées. La tendance à la hausse devrait reprendre à un stade ultérieur dans l’année.