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#Stratégie d'investissement — 19.09.2018

Mise à jour des perspectives économiques

Guy Ertz

city

Etats-Unis

Aux États-Unis, l'économie est en bonne voie d'atteindre notre objectif de croissance de 2,8 % cette année. Des indicateurs économiques avancés tels que les enquêtes de conjoncture et les indicateurs du marché de l'emploi suggèrent une forte activité et même une surchauffe dans certains secteurs. La croissance économique devrait décélérer en 2019 pour s'établir à 1,8 %, sous l'effet de l'affaiblissement des mesures de relance budgétaire, d'une perte de vitesse probable dans le domaine de la déréglementation et d'une normalisation de la politique monétaire. Nous estimons que les risques de récession sont plutôt faibles pour 2019.  Il existe un risque de surchauffe car l'activité est probablement déjà au-delà du plein emploi et nous prévoyons que le chômage atteindra un creux inférieur à 3,5 %. Une hausse brutale et inattendue des salaires, conjuguée au récent rebond des prix du pétrole, à de nouvelles mises en œuvre des tarifs douaniers et à une pression sur les marges des entreprises, pourrait conduire à une plus forte hausse de l'inflation et à plus de hausses de la Fed. Une nouvelle augmentation des tensions commerciales sur une plus longue période est le risque principal. Nous nous attendons toutefois à un apaisement progressif des tensions et des accords commerciaux bilatéraux. Nous prévoyons que la Fed fera deux autres hausses de taux cette année (en septembre et décembre) et encore deux l'an prochain. Le taux directeur atteindrait donc 3 % et la Fed mettrait probablement fin au cycle de resserrement en fonction du rythme de l'économie. Les rendements obligataires devraient augmenter progressivement et converger vers 3,25 % d'ici l'automne prochain.

Eurozone

Dans la zone euro, l'activité s'est ralentie mais reste à un niveau élevé. L'évolution latérale de l'enquête auprès des entreprises de la zone euro (PMI) suggère une certaine divergence au sein du groupe de pays. Les attentes plus faibles des entreprises sont inquiétantes, mais probablement liées aux incertitudes commerciales. Comme nous en avons discuté, nous nous attendons à des nouvelles plus positives en ce qui concerne le commerce et nous voyons le potentiel d'un rebondissement plus fort de la croissance dans les mois à venir. En effet, une combinaison appropriée de politiques économiques suggère que la demande intérieure devrait rester forte et compenser certaines des forces négatives externes à court terme. Sur le front de l'inflation, on observe les premiers signes de pénurie de main-d'œuvre et de biens d'équipement, ce qui pourrait conduire progressivement à une accélération de l'inflation. Nous prévoyons donc une hausse du taux des dépôts en septembre 2019, suivie d'une hausse conjointe du taux des dépôts et du taux directeur à 0,25 % en décembre 2019. Les rendements obligataires devraient augmenter progressivement pour atteindre 1,25 % au cours de l'année à venir. Les principaux risques pour l'Europe sont les tensions commerciales, les tensions politiques en Italie et les effets négatifs d'un "hard Brexit" (pas notre scénario). Nous observerons également les élections du Parlement européen en mai qui pourraient conduire à une augmentation du nombre de "partis populistes". Le risque de contagion à partir de la Turquie reste faible à ce stade.

Japon

L'économie a repris le chemin de la croissance au deuxième trimestre 2018 après avoir enregistré une croissance négative précédemment. L'environnement mondial était moins positif en raison des tensions commerciales. Les exportations sont plus faibles et les termes de l'échange sont moins favorables. Nous prévoyons que la croissance du PIB continuera de ralentir, passant de 0,9 % cette année à 0,6 % en 2019, en raison du ralentissement de la croissance économique aux États-Unis et dans la zone euro. Malgré le plein emploi, les faibles anticipations d'inflation ont vu l'inflation « sous-jascente" (à l'exclusion de l'énergie) osciller autour de zéro. Les facteurs clés qui empêchent l'inflation de se normaliser sont une plus grande participation des femmes, des personnes âgées (plus de 65 ans) et des étrangers. Nous nous attendons à ce que l'inflation globale se stabilise autour de 1 % cette année et l'année prochaine.  La BoJ est la dernière grande banque centrale à poursuivre un stimulus monétaire massif. Nous ne prévoyons pas de changement de politique monétaire au cours des prochains mois. Les principaux risques pour l'économie japonaise sont les tensions commerciales avec les États-Unis, avec des effets directs et indirects

Economies émergentes

Ces économies ont connu une forte désynchronisation au cours des derniers mois. Il y a plusieurs raisons. Premièrement, les tensions commerciales ont alimenté l'incertitude et certains pays sont plus à risque. Deuxièmement, l'aversion croissante pour le risque a détourné l'appétit des investisseurs des pays dont les fondamentaux sont les plus faibles, comme l'Argentine, l'Afrique du Sud et la Turquie. L'un des critères clés est le "double déficit" (compte courant et déficit public) et la dette massive émise en devises fortes (dollar et euro). Cela a conduit à une chute brutale des monnaies respectives et a renforcé la vulnérabilité de ces pays. Une troisième raison est le risque politique, comme par exemple au Brésil où des élections auront lieu en octobre.  Nous nous attendons à ce que l'incertitude entourant les tensions commerciales et les élections au Brésil diminue. Cela devrait conduire à un environnement plus favorable pour la région. A ce stade, nous considérons que le risque de contagion à l'égard de la Turquie et de l'Argentine est relativement faible. L'incertitude devrait rester élevée pour ces pays.