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#Stratégie d'investissement — 07.05.2018

Poursuite de la faiblesse du franc suisse

Guy Ertz

Le franc suisse est sur une tendance de dépréciation. Celle-ci devrait se poursuivre. Nous ajustons notre objectif à 12 mois à 1.22 (valeur d’un euro).

La Banque centrale suisse n'est pas pressée

En 2017, l'économie suisse a crû de 1,1% grâce à une consommation intérieure et à des investissements plus importants ainsi qu'à une forte demande à l'exportation, conséquence de la reprise de la demande mondiale. En 2018, la croissance économique est attendue à 2% par la banque centrale, les exportations s'accélérant grâce à l'amélioration de l'environnement extérieur et à la consommation intérieure qui constitue un catalyseur supplémentaire. Néanmoins l'inflation représente un point d’ombre au tableau. Alors que l’inflation est actuellement à son plus haut niveau depuis 7 ans, elle n'augmente que lentement et ne s'élève qu'à 0,8%, loin de l'objectif de 2% fixé par la Banque nationale suisse (Banque centrale). La banque centrale a en effet abaissé lors de sa dernière réunion ses prévisions d'inflation à seulement 0,6 % en 2018, 0,9 % en 2019 et 1,9 % en 2020. Compte tenu des perspectives d'inflation, il est peu probable que la banque centrale resserre rapidement sa politique monétaire (réduction du bilan et hausses des taux d'intérêt). Alors que le marché s'attend à une hausse de 0,25% par la banque centrale en 2019, nous pensons que cela n'est probable que si le franc suisse continue de se déprécier par rapport à l'euro et si la Banque centrale européenne s'engage clairement dans un cycle de resserrement de taux d’intérêt. En outre, la Banque Nationale Suisse a considéré le franc suisse comme "hautement valorisé" ces deux dernières années et a continué à le faire lors de sa dernière réunion. La suppression de certains accommodements monétaires serait contre-productive en ce sens, car elle conduirait probablement à une appréciation du franc suisse.
 

Plus de faiblesse à venir

La dépréciation du franc suisse  au cours des 12 derniers mois est en ligne avec la diminution de la plupart des risques politiques de la zone euro (suite aux élections allemandes, italiennes et françaises), en raison de la diminution des craintes d’un " Brexit dur " et parce que les tensions commerciales ne devraient pas se transformer en guerre commerciale.  La réduction de l'incertitude a entraîné d'importantes sorties de capitaux du pays. La faiblesse des rendements obligataires ont probablement renforcé le mouvement. Pour ce qui est de l'avenir, notre scénario de base suppose un appétit soutenu pour le risque à l'échelle mondiale, ce qui ne suggère pas que les monnaies refuges se comporteront bien. Deuxièmement, puisque nous nous attendons à ce que l'inflation demeure faible, la banque centrale devrait rester prudente plus longtemps que la BCE par exemple. L’écart des taux d’intérêt restera en faveur des actifs européens et devrait soutenir les flux sortants. Nous pourrions assister à une pause temporaire de la récente tendance à la dépréciation, car les indicateurs techniques suggèrent que l'euro est suracheté contre le franc. Nous modifions nos objectifs et prévoyons un mouvement vers 1.19 à 3 mois et 1.22 à 12 mois (valeur pour un euro). Ceci implique une faiblesse attendue plus importante que dans le scénario précédent.
 

Valeur d’équilibre de long-terme

Les économistes utilisent souvent la parité de pouvoir d'achat (PPA) comme outil de prévision de la valeur d’équilibre à long terme d'une monnaie. Celle-ci est basée sur l'hypothèse que la valeur d'un panier de biens doit converger lorsqu'il est mesuré dans la même devise. Sur la base des calculs de l'OCDE, la valeur d’équilibre du franc suisse s'élève à 1,55 (valeur de 1 EUR). De nombreuses études suggèrent cependant qu'une convergence totale est irréaliste et propose d'utiliser l'approche de la demi-vie - c'est-à-dire l'utilisation d'un ajustement de la moitié de l'écart par rapport à la valeur d’équilibre.  Une telle approche suggérerait un niveau à moyen terme d'environ 1,35 (valeur de 1 EUR), ce qui est plus réaliste pour nous. Cette mesure est étayée par l'indicateur de valeur d’équilibre calculée par BNP Paribas, basé sur plusieurs facteurs fondamentaux, indiquant également une valeur d’équilibre de 1,35.