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#Stratégie d'investissement — 26.11.2018

Nous passons positifs sur le pétrole

Guillaume DUCHESNE & Xavier TIMMERMANS

Nous prévoyons que le prix du Brent remontera progressivement vers 70$/baril.

Oil

"Nous sommes convaincus que la demande mondiale restera relativement forte, car les principales économies continueront de croître à un rythme égal (ou supérieur) à leur potentiel. L’actuelle suroffre devrait diminuer au cours de l’hiver, grâce à l’action des pays de l’OPEP et de l’Arabie Saoudite, premier exportateur mondial."

XAVIER TIMMERMANS

Investment Strategy PRB

Evolution récente

Après avoir atteint un pic sur quatre ans au début du mois d’octobre (86$ pour le Brent) alors que l’on pensait que la production de l’OPEP ne suffirait pas à compenser la baisse des exportations iraniennes lorsque les sanctions ont commencé à entrer en vigueur le 4 novembre, les prix du pétrole ont nettement corrigé. Les marchés financiers se sont en effet inquiétés d’une  demande plus faible en 2019,  d’une surabondance de l’offre due à des restrictions moins sévères à l’encontre de l’Iran et d’une production record en Arabie Saoudite.

Pourquoi la faiblesse des prix du pétrole devrait-elle être temporaire

1. L'anxiété face à la faiblesse de la demande en 2019 semble exagérée. Il ne fait guère de doute que les prix du pétrole au-dessus de 80$/baril ont un impact négatif sur la croissance de la demande, en particulier dans les pays émergents.

2. L'OPEP, la Russie et les pays associés sont susceptibles de prolonger leurs restrictions de production tôt ou tard.Le ministre saoudien de l'énergie, Khalid al-Falih, a déclaré qu'il s'attendait à une faiblesse de la demande de pétrole en janvier et que le Royaume agirait en conséquence afin d’apaiser les inquiétudes sur le marché mondial. Mais cette déclaration n'a pas empêché un nouvel effondrement des prix du pétrole brut. Le marché semble supposer que les Saoudiens ne seront pas en mesure de défier l’objectif de Trump de baisser les prix du pétrole après que la Maison Blanche a soutenu le prince Mohammed bin Salman après l’assassinat de Jamal Khashoggi, un journaliste du Washington Post. Quant à l’attitude de la Russie, elle n’est pas claire. La Russie a laissé entendre qu’elle serait satisfaite de voir un baril à 70$. L’OPEP, la Russie et ses producteurs associés se réuniront à Vienne le 6 Décembre.

3. La production américaine de pétrole de schiste est sensible aux prix. Si les prix du WTI se maintiennent autour de 50$/b, le nombre d’ouvertures de puits diminuera logiquement dans les prochains mois, empêchant ainsi la production américaine de pétrole d'accélérer au même rythme qu'au premier semestre 2018.

4. Une augmentation des stocks de pétrole est habituelle avant l'hiver. L'augmentation des stocks américains au-dessus de leur moyenne de cinq ans a été l’une des explications de la récente chute des cours.

5. Les perspectives à moyen terme sont optimistes en raison du manque d'investissements dans les champs pétroliers traditionnels. Sans investissement, la production des sites pétroliers traditionnels diminue en moyenne de 6-7% par an.  Les trois dernières années ont été caractérisées par de faibles investissements tant dans les champs pétroliers existants que dans la prospection.


Nous relevons notre vue sur le pétrole de neutre à positif.

Les prix à terme à moyen terme (2021-22-23) ont également diminué et la courbe « forward » est maintenant relativement plate, ce qui laisse supposer que les craintes du marché au sujet de l'offre excédentaire pourraient persister pendant un certain temps. Cela n’augure en rien une reprise en V. L’augmentation remarquable et simultanée de la production aux États-Unis, en Arabie Saoudite et en Russie (les trois principaux producteurs de pétrole) devrait apaiser les craintes d'approvisionnement pendant un certain temps.

Et pourtant, nous devons garder à l'esprit que l'équilibre entre l'offre et la demande est instable. Les États-Unis pourraient encore s'engager à réduire les exportations iraniennes de 1,8mb/j à zéro, et la stabilité de la production en Libye, au Nigeria et au Venezuela suscite des inquiétudes.

Nous sommes convaincus que la faiblesse actuelle des prix du pétrole ne durera pas longtemps. C'est donc une bonne opportunité d'investissement. Le pétrole devrait se maintenir entre 65$ et 75$ le baril au cours des prochains mois. 

Nous maintenons notre vue positive sur les pétrolières

"Le rebond attendu des prix du pétrole devrait à nouveau les soutenir. Par rapport à d'autres secteurs, les pétrolières offrent une croissance visible et solide dans un contexte où les investisseurs recherchent essentiellement de la croissance."

GUILLAUME DUCHESNE

Investment Advisor Equity

Les valeurs pétrolières ont souffert de la récente baisse des prix du pétrole. Après une bonne performance au premier semestre 2018, le secteur a sous-performé de 6% en Europe depuis le début du mois d'octobre. La discipline des investissements est toujours un facteur positif pour le secteur. Elle devrait permettre de maintenir les flux de trésorerie alors que les valorisations sont attrayantes. Depuis la récente chute des marchés boursiers, le secteur a connu une baisse importante de sa cote et est revenu à des niveaux attrayants. En Europe, le ratio cours/bénéfices est à 10, sous sa moyenne sur 2 ans. Le dividende n'est pas à risque à notre avis, car il est lié à d'importants flux de trésorerie disponibles au niveau actuel des prix du pétrole. Nous restons donc confiants à l’égard du secteur et privilégions les ‘majors’ en Europe et aux Etats-Unis. Nous sommes cependant neutres sur les parapétroliers en raison de leur profil plus risqué.