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#Stratégie d'investissement — 10.10.2016

Optimisme sur les bourses malgré des risques à court terme

Florent Bronès

Depuis plusieurs mois maintenant, les facteurs positifs et négatifs qui pèsent sur les marchés financiers s’annulent mutuellement. D’où des marchés sans tendance nette : après chaque épisode de tension, comme par exemple le Brexit, le rebond s’effectue. Mais...

La croissance de l’économie mondiale reste un support

2017 devrait être la sixième année consécutive de croissance de l’économie mondiale au-dessus de 3%. Cela reste un niveau de croissance modéré aux standards historiques, mais cette croissance a été suffisante pour permettre une amélioration des bénéfices des entreprises. Cette tendance devrait se poursuivre d’une part, grâce à l’amélioration de la rentabilité dans le secteur de l’énergie (7% de l’indice MSCI Monde AC), secteur qui a pesé l’année dernière à cause de l’effondrement des prix du pétrole. D’autre part, l’effet de levier opérationnel jouera. Les entreprises n’ont cessé d’améliorer leur base de coûts, et toute hausse de la demande se traduira par une hausse des bénéfices.

Ce levier opérationnel est important dans les zones où les marges des entreprises sont faibles aujourd’hui (Europe et Japon), par opposition aux Etats Unis où les marges sont à des niveaux records.
 

Un changement du « policy mix » ?

Cet environnement favorable aux actifs risqués est dû en partie aux politiques monétaires expansionnistes en place depuis 2008. Dans leur grande majorité, elles vont le demeurer, notamment en Europe et au Japon où les programmes de Quantitative Easing sont en place.

Mais aux Etats-Unis, la Fed va normaliser sa politique monétaire : une hausse des taux l’année dernière, une hausse des taux cette année, en décembre, puis deux en 2017. Cela restera un resserrement très modéré de politique monétaire..

Par ailleurs, comme les anticipations d’inflation restent inférieures aux objectifs des banques centrales, la question de l’efficacité des politiques monétaires se pose. Les marchés financiers réagissent de moins en moins. D’ailleurs, la BCE commence à mentionner le « tapering », c’est-à-dire une diminution progressive de son programme d’achat d’obligations sans mentionner un quelconque timing pour le moment.

Un changement du « policy mix » où la politique fiscale prendrait une place plus importante commence à être évoqué, y compris en Allemagne où certains demandent une baisse importante des impôts. Les marges de manœuvre sont très variables entre les différents pays européens. Par exemple en Espagne, elles sont faibles à cause du déficit budgétaire élevé. En Allemagne au contraire, elles sont conséquentes.


Optimisme sur les bourses malgré des risques à court terme

Un relais de la politique fiscale dépendra beaucoup du résultat .des prochaines élections. Or, ces rendez-vous politiques sont perçus comme des risques par les marchés financiers. Il est vrai que la politique fiscale d’un Trump républicain sera différente de celle de la démocrate Clinton. Le vrai enjeu de l’élection -et possiblement l’inquiétude- concerne avant tout le protectionnisme, ou l’isolationnisme qui est un sujet central de la campagne.

En Europe, le prochain rendez-vous politique est le référendum italien ( 4 décembre), puis les élections présidentielles en France (mai 2017) puis les élections générales en Allemagne à l’automne 2017.

Egalement à surveiller, le budget britannique qui sera présenté le 23 novembre par le nouveau Chancelier. Après le vote en faveur du Brexit, mais avant le début des négociations avec l’Union européenne prévues pour mars 2017, les autorités britanniques pourraient être les premières à se lancer dans ce nouveau «Policy Mix» pour compenser les effets négatifs sur le plan économique de discussions difficiles avec l‘UE.

Les risques à court terme sont donc bien là : mais l’environnement général reste porteur : croissance économique, hausse des profits, liquidités amples, banques centrales accommodantes.