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#Investissements — 12.10.2018

Perspectives mensuelle sur les devises : octobre 2018

Guy Ertz

Les tensions commerciales ont en partie soutenu le dollar. La tendance devrait s'inverser dans les prochains mois. Avis positif sur les monnaies norvégienne et suédoise face à l'euro.

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Dollar américain

Les craintes concernant les maillons faibles au sein des marchés émergents se sont renforcées et les menaces tarifaires ont été mises en œuvre. Ceci a soutenu la devise américaine qui a fluctué autour de 1,16 contre euro durant la première partie du mois de septembre. Par la suite, une plus faible pression de l’inflation sur la Réserve Fédérale pour relever ses taux et certains marchés émergents agissant pour contrer la baisse de leurs devises ont mené à une dépréciation du dollar vers 1,18 et ce malgré des données économiques américaines toujours solides. La proposition de budget en Italie pour 2019, laissant apparaitre un déficit budgétaire plus important que prévu, a mené à un retour du dollar et à l’euro s’échangeant en dessous de 1,16. Au cours des prochains mois, l'euro ne devrait pas s'apprécier substantiellement et nous prévoyons l'EUR/USD à 1,16. Nous pensons qu’il sera nécessaire que la situation commerciale se stabilise pour que l'euro puisse sensiblement s'apprécier. Sur un horizon de 12 mois, l'euro devrait, selon nous, atteindre 1,22. Dans un contexte où les divergences de politiques monétaires diminuent lentement, où l'économie américaine atteint le sommet du cycle et étant donné des déséquilibres macroéconomiques pesant sur le dollar, l'EUR/USD devrait se diriger vers sa valeur fondamentale de long-terme (estimée autour de 1.28).

La livre sterling

La devise anglaise a été soutenue par des nouvelles positives à la veille de la réunion de Salzbourg (20 septembre), s'appréciant vers 0,886 contre 0,90 (valeur de 1 EUR) début septembre. Les marchés s'attendaient à ce que l’Union Européenne et le gouvernement britannique assouplissent leurs positions et tendent vers la signature d’un accord de sortie. Néanmoins, l'UE étant plus critique à l'égard du plan proposé par Theresa May et alors que les deux parties tenaient leurs positions respectives, la livre sterling s’est rapidement dépréciée face à l'euro. Dans l’ensemble, le sterling est plus fort qu'au début de septembre, ayant bénéficié de la faiblesse de l'euro depuis la publication de la proposition de budget italien. Nous maintenons opinion sur le sterling. La livre devrait rester fortement influencée par les négociations du Brexit au cours des 12 prochains mois et nous pensons qu'un « Brexit mou » prévaudra. Nous sommes toutefois entrés à un moment crucial des négociations, la sortie du Royaume-Uni devant avoir lieu dans moins de six mois et un accord de retrait devant être signé dans les deux prochains mois. Par conséquent, nous voyons la livre sterling rester sous pression à 0,90 (valeur de 1 EUR) au cours des 3 prochains mois avant que les tensions ne s’apaisent et que le sterling se négocie autour de 0,88 dans 12 mois.

Les devises scandinaves

En septembre, la couronne norvégienne s'est appréciée de 3,1 % et la couronne suédoise a crû de 2,2 % par rapport à l'euro. Ces hausses s'expliquent principalement par le relèvement des taux d'intérêt par la banque centrale de Norvège et par le fait que la banque centrale de Suède semble plus encline à engager un resserrement de sa politique monétaire d'ici le début de l'année 2019. Au cours des trois prochains mois, il est peu probable que les deux monnaies s'apprécient beaucoup (EUR/NOK à 9,40 et EUR/SEK à 10,30) car le marché anticipe d’ores et déjà des politiques monétaire moins accommodantes et car les tensions commerciales pourraient encore peser sur les devises scandinaves. Toutefois, nous prévoyons toujours une appréciation de la NOK et de la SEK au cours des 12 prochains mois vers 9,10 et 9,80 respectivement (valeur de 1 EUR). En effet, la croissance économique en Norvège et en Suède devrait restée solide, les taux d’inflation devraient soutenir les hausses de taux et les tensions géopolitiques devraient s’assagir. Nous gardons une opinion positive sur ces deux devises pour les investisseurs basés en Euro.

Le franc suisse

Les inquiétudes du marché suite à la proposition de budget italien, laissant entrevoir un déficit plus large qu’attendu, n’a pas soutenu le franc suisse. En effet, le CHF s’était déjà apprécié auparavant et atteint une valorisation importante. Au regard de nos attentes d’inflation et de celles de la Banque central suisse, une potentielle hausse de taux d’intérêt semble injustifiée. Dans le même temps, l'inflation dans la zone euro devrait se rapprocher de l'objectif de 2 % fixé par la BCE, ouvrant la voie à un resserrement de la politique monétaire. De plus, le CHF reste surévalué et la Banque centrale suisse le considère toujours comme "fortement valorisé". En raison de tensions géopolitiques persistantes, nous nous attendons à ce que le CHF se négocie autour de 1,16 en 3 mois. Sur un horizon à 12 mois, nous le prévoyons à 1,22 sur fond de diminution des écarts de rendements souverains en zone euro et tandis que la BCE commence à resserrer sa politique monétaire.

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Source: BNP Paribas Wealth Management