BNP Paribas utilise des cookies sur ce site internet. En poursuivant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. Vous pouvez consulter notre Politique Cookies pour de plus amples informations et pour savoir comment les bloquer sur votre ordinateur. Le fait d’empêcher le dépôt de cookie sur votre terminal peut induire une expérience réduite des fonctionnalités de ce site.

#Stratégie d'investissement — 11.04.2018

Perspectives positives pour la couronne suédoise

Guy Ertz

Nous considérons que la valorisation de la couronne suédoise (SEK) ne reflète pas la solidité des fondamentaux économiques. Nous prévoyons un mouvement vers 9,80 à 3 mois et 9,30 à 12 mois (valeur pour un euro).

Environnement économique et de taux d’intérêt

La Suède a connu une forte croissance ces dernières années. L'économie a crû de 2,7 % en 2017 et on s'attend à ce qu'elle connaisse une croissance similaire en 2018. L'activité est soutenue par une forte demande intérieure et par les exportations. Les politiques budgétaires et monétaires sont actuellement expansionnistes et soutiennent la poursuite de la croissance de l'économie. Le taux d'emploi s'est stabilisé à de hauts niveaux et des pénuries de main-d'œuvre ont commencé à apparaître au cours des derniers trimestres. Si l'on examine les comptes nationaux du pays, le solde budgétaire du gouvernement est excédentaire depuis 2015 et la dette publique est relativement faible. Plus généralement, la Suède possède une position extérieure forte, avec un excédent commercial important et assez constant, et a attiré d'importants investissements directs étrangers au cours des dernières années.

Nous pensons que la Riksbank (banque centrale suédoise) commencera à relever son taux d'intérêt de référence au second semestre 2018 après avoir mis fin à son programme d'assouplissement quantitatif en décembre dernier. En effet, la banque centrale a largement atteint son objectif de mener l'inflation vers 2 %. Le marché anticipe une hausse de 0,25 % des taux d'intérêt au cours des 12 prochains mois et une autre en 2019. Cela reste modeste et pourrait être révisé. La BCE ne devrait pas relever son taux cible avant fin 2019. Il s'agit d'un élément de soutien essentiel pour la couronne suédoise. La différence de taux d'intérêt, en particulier pour les taux d'intérêt réels (en excluant l'inflation), a été un bon indicateur des mouvements de change.


Opportunité d’achats

La couronne suédoise a perdu environ 4,5 % par rapport à l'euro cette année. La dépréciation a été principalement le résultat de doutes sur le fait que l'inflation augmentera suffisamment pour pousser la banque centrale à relever les taux d'intérêt. Cela semble être clairement exagéré. Il en va de même en ce qui concerne les effets négatifs potentiels concernant les restrictions commerciales.

Ces doutes ont conduit la couronne à des niveaux jamais vus depuis la crise financière de 2008 et à l'accumulation de positions spéculatives importantes sur la couronne suédoise. Les indicateurs techniques basés sur l'analyse de la moyenne mobile montrent une nette divergence par rapport aux modèles historiques, tandis que le Relative Strength Index (RSI) suggère que la monnaie suédoise est sur-vendue par rapport à l'euro. Nous prévoyons un mouvement vers 9,80 à 3 mois et 9,30 à 12 mois.


Vulnérabilité aux évolutions du marché immobilier ?

Le principal risque à moyen terme en Suède est le marché du logement et ses effets sur les banques. En effet, le pays a été sujette à une bulle immobilière classique au début des années 1990, suivie d'une crise bancaire. Le pays a cependant tiré la leçon et a même été cité en exemple quant à la manière de faire face à une telle crise. La situation actuelle n'est pas comparable. Il est vrai que les prix des maisons sont élevés mais plusieurs facteurs limitent les risques. L'offre de logements a augmenté, ce qui suggère que les nouvelles hausses de prix devraient être limitées. De plus, les autorités ont pris de nouvelles mesures macroprudentielles (comme par exemple des exigences en matière d'amortissement) qui devraient améliorer la qualité des prêts.

Une étude récente du FMI a révélé que la rentabilité des banques demeure forte, soutenue par une activité de prêt positive. Le principal risque serait une forte hausse des taux d'intérêt, ce qui semble très improbable car la croissance des salaires, et donc de l'inflation, devrait rester limitée au cours des prochains trimestres. La Suède présente aussi un solde budgétaire solide, avec un excédent de la balance courante.