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#Investissements — 12.07.2018

Vue sectorielle pour l’été : Nous relevons à nouveau le secteur de l’énergie à positif

Guillaume Duchesne

Les marchés boursiers mondiaux ont été plutôt nerveux ces dernières semaines en raison de la hausse des risques macroéconomiques (pic de croissance, progression de l'inflation, normalisation des conditions monétaires).

L’exacerbation récente des tensions commerciales entre les Etats-Unis, la Chine et l’Europe constitue un écueil supplémentaire. Une rotation significative en faveur des valeurs défensives, notamment la consommation de base, s’est en conséquence dessinée en peu de temps.

“Nous avons adapté notre stratégie sectorielle :  Nous relevons le secteur pétrolier à positif aux États-Unis et en Europe. Nous favorisons les majors”

 

Guillaume Duchesne

Chief Investment Advisor in Equities

Nous relevons à nouveau le secteur de l’énergie à positif

Dans ce contexte difficile, nous avons souhaité adapter notre stratégie sectorielle. Bien que nous conservions une opinion positive à l'égard des valeurs cycliques, nous avons décidé de rééquilibrer nos recommandations en faveur d'un secteur dont le profil s’avère moins pro-cyclique : nous relevons les valeurs pétrolières à positive aux États-Unis et en Europe.


L'inquiétude quant à la réunion de l'OPEP en juin a entraîné un recul temporaire des prix du pétrole et des valeurs pétrolières après avoir atteint un sommet en mai. Nous avons d’ailleurs pris nos bénéfices sur le secteur début mai. Depuis peu, nous identifions à nouveau des facteurs positifs pour les valeurs pétrolières :

  • En termes relatifs, le secteur bénéficiera d’atouts dans un contexte estival vraisemblablement compliqué. Nous pensons que l'énergie reste une bonne protection contre les incertitudes actuelles liées aux tensions commerciales. Bien entendu, le secteur pourrait être pénalisé à son tour par un ralentissement marqué de l’économie mondiale en cas d’escalade protectionniste, mais ce n’est pas notre scénario central. Par rapport à d'autres secteurs, les valeurs pétrolières offrent une croissance visible et solide dans un contexte où les investisseurs sont avant tout à la recherche de croissance. D’après les attentes des analystes, l’énergie sera le premier contributeur de croissance bénéficiaire en 2018/2019 en Europe et aux Etats-Unis. En conséquence, notre stratégie sectorielle devient plus équilibrée, mieux adaptée à la possible volatilité estivale.

  • Mais aussi d’atouts propres à son activité : Le secteur jouit de flux de trésorerie solides, d'un rendement du dividende élevé et sûre, et de valorisations attrayantes. Son dividende n'est nullement à risque, couvert par des flux de trésorerie importants. Dans un environnement géopolitique toujours difficile, le prix du baril de pétrole devrait rester à des niveaux élevés, bien au-dessus du seuil de rentabilité des compagnies pétrolières. Le baril de Brent est actuellement à 77-78 USD/baril. Bien que nos prévisions restent à 65-75 USD/baril, les risques sont néanmoins à la hausse à court terme. Une forte demande mondiale (effets saisonniers), la baisse de la production au Venezuela, les sanctions économiques américaines contre l'Iran ainsi qu’une capacité de production limitée aux Etats-Unis soutiendront le prix du pétrole pendant l’été.
     

Nous privilégions les grandes compagnies pétrolières diversifiées (« majors »). Elles offrent une bonne combinaison : dividende élevé, amélioration de leurs bénéfices et valorisations raisonnables. Nous sommes toutefois plus prudents sur les parapétrolières, compte tenu de la dynamique moins favorable de leurs bénéfices et de valorisations peu attrayantes. Les dépenses d'investissement en équipement dans le secteur du pétrole restent à ce stade faibles (voir graphique ci-dessous). De plus, les services pétroliers sont non seulement très sensibles au prix du pétrole, mais sont aussi une industrie à beta (*) élevé sur les marchés. Leur profil de risque est donc moins adapté à notre stratégie.
 

Vue toujours positive à l'égard des valeurs financières et cycliques

Malgré le scepticisme clair des investisseurs, nous demeurons positifs sur les financières, et en particulier sur les banques européennes. Nos prévisions de taux d'intérêt et la pentification de la courbe des taux, essentielles pour la rentabilité du secteur, restent au cœur de notre conviction. À ce stade, nous estimons que les banques ont un potentiel de rebond dans le contexte de reprise économique et, partant, de hausses des taux d'intérêt. Le secteur devrait bénéficier de l'augmentation des marges nettes d'intérêt ainsi que de la croissance solide du crédit. Les coûts dans le secteur restent sous contrôle. Au sein du secteur bancaire, nous privilégions les émetteurs européens de qualité. 
 

Nous demeurons également positifs sur les matériaux et les industrielles. Tandis que le ralentissement récent de certaines données d'activité et l’intensification de la guerre commerciale ont assombri les perspectives, la croissance devrait rester solide. La menace de guerre commerciale n'est pas susceptible de disparaître avant les élections américaines de mi-mandat, mais le montant des droits de douane effectivement mise en œuvre reste faible à ce jour. Les fondamentaux économiques mondiaux restent solides comme le souligne les dernières enquêtes auprès des sociétés. Les bénéfices de ces dernières sont par ailleurs bien orientés. Nous sommes toutefois toujours négatifs sur l'automobile, industrie cyclique actuellement en première ligne des attaques du Président Trump. Bien que bon marché, les valeurs du secteur sont actuellement confrontées à de multiples difficultés : maturité du cycle de ventes aux Etats-Unis, réglementation écologique plus stricte, négociations de l’Aléna au point mort et maintenant inquiétude sur la mise en place de droits de douane.
 

Il est trop tôt pour racheter les défensives

Nous restons négatifs sur certains secteurs défensifs : les services aux collectivités, les biens de consommation de base (excepté la distribution alimentaire) et l’immobilier britannique. Avec la hausse de la volatilité et la baisse des taux d'intérêt, il est tentant d’effectuer une rotation vers certains d'entre eux. Ces secteurs ont en effet sous-performé au cours des dernières années et sont souvent bon marché. Nous pensons qu'il est encore trop tôt pour les passer à l’achat. Ces secteurs continueront de souffrir d’une faible croissance bénéficiaire et devraient continuer à sous-performer au cours de l’ultime phase du cycle économique et financier.
 

Parmi les valeurs défensives, l’industrie pharmaceutique est notre favorite (croissance solide malgré des pressions sur les prix, rapatriement de cash aux Etats-Unis, M&A). Nous demeurons toutefois neutres dans la mesure où ce secteur se caractérise par de fortes divergences entre sociétés, favorisant avant tout le « stock picking ».
 

En conclusion, nous passons à l’achat sur l’énergie et maintenons, malgré les facteurs de risque, notre vue positive sur les secteurs pro-cycliques.

 

(*) Le beta mesure la sensibilité du secteur aux mouvements de marché.