Messages clés
1. Les marchés financiers français sont sous pression. Les rendements des obligations d’État se sont nettement tendus ces derniers mois, reflétant des interrogations croissantes sur les perspectives de croissance et la soutenabilité des finances publiques. Le rendement de l’OAT française à 10 ans dépasse désormais de 85 pb celui du Bund allemand de même maturité, tandis qu’il évolue au-dessus de celui du BTP italien pour la première fois depuis la création de la zone euro. Sur les marchés actions, la France accuse également un retard : le CAC 40 ne progresse que de 3 % depuis le début de l’année, contre 11 % pour l’indice paneuropéen Euro STOXX.
2. Le regain de tension sur les marchés français s'explique par trois préoccupations majeures : des finances publiques qui peinent à se redresser, avec un déficit toujours au-delà de 5 % du PIB, une croissance économique à la traîne par rapport au reste de la zone euro, et l'incertitude politique liée à la percée de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon dans les sondages pour l'élection présidentielle de 2027.
3. À moins de huit mois du scrutin présidentiel, dont les deux tours sont prévus les 18 avril et 2 mai 2027, le paysage politique demeure toutefois très évolutif. L’émergence d’une candidature centriste capable de fédérer un large électorat pourrait encore modifier sensiblement les équilibres actuels.
4. D’ici là, l’adoption du budget 2027 constituera le prochain test pour les marchés. Parmi les mesures envisagées figure notamment la possible reconduction de la contribution exceptionnelle imposée aux plus grandes entreprises françaises.