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#Stratégie d'investissement — 06.04.2016

Actions mondiales : prudence à court terme et optimisme à moyen terme

Roger Keller

Le 9 mars dernier, les actions ont célébré leur 8e année de bull market, soit la deuxième plus longue période de marché haussier de l'histoire. Ce record de longévité ne suscite toutefois aucune inquiétude.

Dans un contexte économique qui n'affiche aucun des excès annonçant d'ordinaire l'imminence d'un tournant, nous n'entrevoyons toujours pas la fin de ce marché haussier. La haute conjoncture économique actuelle est également la troisième plus longue en termes de durée depuis 1850, selon les statistiques relatives à l'économie américaine. L'on se souviendra que si elle perdure jusque juin 2019, elle deviendra la plus longue jamais connue. Dans un avenir prévisible, nous tablons sur des tendances positives pour l'économie mondiale, ce qui nous permet de demeurer fondamentalement optimistes concernant les actions. A court terme, cependant, plusieurs facteurs nous incitent à la prudence.

Opinion neutre à l'égard des perspectives à court terme (3 mois) : l'heure de la prise de bénéfices sélective a sonné

Début mars, nous avons revu notre position sur les actions à neutre, tant pour des raisons techniques que de fondamentaux. Nous avons également intégré la probabilité d'une montée des inquiétudes face à toute une série de risques politiques. Au niveau des fondamentaux, ces risques étaient les suivants. Tout d'abord, la moisson de bonnes nouvelles macroéconomiques pourrait difficilement être meilleure, dès lors que les bonnes surprises économiques ont atteint des sommets rarement observés par le passé, ce qui nous laisse penser que la tendance pourrait bientôt s'inverser. Deuxièmement, les premiers signes d'une détérioration des indicateurs avancés sont apparus dans leur taux de progression. Troisièmement, l'écart entre les rendements des bons du Trésor à 10 ans et ceux à 2 ans suggère une possible poussée de la volatilité, ce qui n'aurait rien de surprenant à ce stade déjà avancé du cycle haussier. Du point de vue technique, les signaux d'alarme sont venus des conditions de surachat, d‘un niveau de complaisance élevé et de ventes par les initiés (insider selling) atteignant leur plus haut en six ans. Nous pouvons désormais aussi ajouter des divergences négatives. Nous pensons donc que des prises de bénéfices se justifient en particulier sur les actifs onéreux, tels que les petites capitalisations américaines, ou défensifs par nature (à l'exception de la santé et des opérateurs de télécom), que nous ne privilégions pas à moyen terme.

Dans la mesure où le contexte est fondamentalement positif, les risques de corrections de grande ampleur (de l'ordre de plus de 10%) nous paraissent limités. Trop nombreux sont les investisseurs qui pensent ne pas encore avoir pris sérieusement part au marché haussier actuel. Ceux-ci voudront tirer parti du moindre repli pour augmenter leur exposition aux actions à mesure que les données objectives confirment progressivement les données subjectives. Dans l'ensemble, nous nous attendons surtout à une période de volatilité accrue, qui permettra aux fondamentaux de remonter à hauteur des espoirs des investisseurs et d'assainir le contexte technique.