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#Philanthropie — 21.08.2017

Le Nouvel Etat D’esprit Des Jeunes Philanthropes: Un Intérêt Pour L’Entrepreunariat Social

La génération Y à la tête des fondations familiales constitue un groupe unique en son genre. Elle se situe à la croisée des chemins, entre héritage familial et volonté d’innover. Découvrez l’une des 5 nouvelles motivations de la nouvelle génération.

“Je suis convaincue que l'avenir de la femme réside dans son indépendance. Les femmes peuvent être plus productives si elles sont reconnues pour leur travail. La pérennité est une valeur que nous chérissons”. Noémie Amisse-de Goÿs, 36 ans, fondatrice de la Fondation Amisse

Même si les précédentes générations de philanthropes étaient également engagées dans des causes sociales, elles ne pensaient pas à donner aux organisations à but lucratif. Cependant, l'idée de financer des entrepreneurs sociaux, qui utilisent des modèles basés sur le marché pour aborder les problématiques sociales, attirent les philanthropes de la nouvelle génération. « Nous remarquons que la nouvelle génération cherche davantage à dépasser le cercle étroit des associations à but non lucratif et de bienfaisance pour soutenir ou même investir dans les entreprises sociales », affirme M. Vaccaro, CEO, CerPhi. « En tant que chefs d'entreprise eux-mêmes, ils s'intéressent davantage à l'entrepreneuriat. »

L'influence des créateurs de richesse de la nouvelle génération est également significative. Les efforts philanthropiques de Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, et de Pierre Omidyar, fondateur d'eBay, sont des exemples de choix. Matthew Bishop, rédacteur en chef de The Economist Group et co-auteur de l’ouvrage Philanthrocapitalism: How Giving Can Save the World (Philanthrocapitalisme : comment le don peut sauver le monde), explique : « Ces exemples exercent une forte pression sur le groupe des héritiers de la nouvelle génération, ça les incite à être beaucoup plus ambitieux, sérieux et entrepreneurs dans leurs dons. »

Dans ce groupe de philanthropes, les options d'investissement philanthropique s'élargissent. Certains jeunes philanthropes investissent directement dans des entrepreneurs sociaux ou créent leurs propres entreprises sociales. Selon Stéphanie Cordes, 27 ans, fille de Ron et Marty Cordes, fondateurs de la Cordes Foundation en 2006, soutenir les entrepreneurs sociaux permet aux gens de sortir de la pauvreté plutôt que de dépendre de la charité. La fondation attribue des subventions à des organisations telles qu’Indego Africa, qui offre des possibilités d'emploi et de formation des femmes dans l’artisanat en Afrique. Noémie Amisse-de Goÿs, 36 ans, fondatrice de la Fondation Amisse (qui a vu le jour grâce aux fonds provenant de la vente des affaires de son père), soutient les femmes qui souhaitent démarrer leur propre activité en Inde. « Je suis convaincue que l'avenir de la femme réside dans son indépendance. Les femmes peuvent être plus productives si elles sont reconnues pour leur travail. La pérennité est une valeur que nous chérissons. » Mme Amisse-de Goÿs est aussi directement engagée dans des entreprises sociales. Elle a créé une société de chauffage à énergie renouvelable et a lancé une gamme de produits cosmétiques biologiques selon une approche d'écoconception.

L'intérêt croissant pour les entreprises sociales est évident chez ceux qui ont rompu avec les activités philanthropiques traditionnelles de leur famille. M. Zniber, par le biais d'Impact Lab, a investi dans un projet d'élevage d'escargots à but lucratif au Maroc, afin de permettre aux femmes vivant dans les campagnes de s'insérer socialement. « Elles avaient besoin d'une activité assez simple, qui ne les tiennent pas trop longtemps éloignées d'autres travaux », déclare M. Zniber. « Un élevage d'escargots ne nécessite pas beaucoup de travail, et vous pouvez commencer à très petite échelle. Il existe en outre un véritable marché de l’escargot en Europe et la production d'escargots au Maroc présente un fort avantage concurrentiel. Cela correspond donc à la réalité du Maroc. »

Mme Case  (Case Foundation)  voit l’émergence de plusieurs secteurs qui semblent attirer les jeunes philanthropes, en particulier les entrepreneurs sociaux : la FinTech (le recours à la technologie pour apporter des services financiers aux communautés mal desservies) ; l’EdTech (le recours à la technologie pour élargir l'accès de l'éducation aux communautés à faible revenu) ; l’industrie alimentaire et l’agriculture (en fournissant l'accès à une alimentation saine et abordable et en soutenant les petits agriculteurs) et l'énergie (en fournissant un accès aux sources d'énergie propres qui soit abordable pour les communautés démunies et hors réseau). M. Zniber explique qu'il se concentre sur l'innovation « verte », qui consiste à développer des processus et à utiliser une technologie visant à minimiser les déchets. Parmi les projets figurent l'agriculture « verte » ou la fabrication de composants pour la construction de villes intelligentes.

Ceux qui ne peuvent s'engager directement peuvent faire des dons au nombre croissant d'organisations qui soutiennent et financent les entrepreneurs sociaux. Parmi ces organismes on trouve Acumen, qui investit dans des entreprises de lutte contre la pauvreté mondiale, et Ashoka, qui soutient les entrepreneurs sociaux par le biais de l’incubation.

Enfin, les bénéficiaires traditionnels tels que les institutions artistiques sont d’un intérêt moindre pour la nouvelle génération, comme l’observent les experts. « On a vraiment le sentiment qu’ils souhaitent soutenir les créatifs et les artistes », explique Mme Berman, présidente et directrice de Rockefeller Philanthropy Advisors. « Mais on a l’impression qu'ils ne souhaitent plus soutenir les institutions qui reçoivent traditionnellement la majeure partie du financement artistique ».

“On a vraiment le sentiment qu’ils souhaitent soutenir les créatifs et les artistes. Mais on a l’impression qu'ils ne souhaitent plus soutenir les institutions qui reçoivent traditionnellement la majeure partie du financement artistique”.Melissa Berman, présidente et directrice de Rockefeller Philanthropy Advisors