Focus secteurs
#Articles — 21.04.2020

Focus Secteurs

Alain Gerard, Senior Investment Advisor, Equities

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EN UN MOT :

·       Début 2020, les rallyes sur les marchés actions ont été brutalement stoppés par un double ‘black swan’ : Covid-19 et marchés mondiaux inondés de pétrole en raison des tensions entre la Russie et l'Arabie saoudite. Les prix du pétrole se sont effondrés. En conséquence, nous avons dégradé des secteurs cycliques risqués, à savoir les banques américaines et l'énergie américaine de + à =, car ils seront durement touchés par les ajustements attendus sur le marché pétrolier et par les défauts de crédit.

·       Nous sommes devenus plus défensifs dans notre allocation sectorielle : les soins de santé sont globalement passés de = à + et les produits de consommation courante de - à =. Nous apprécions également les assureurs au niveau mondial (+) car trop bon marché ainsi que l'énergie, la technologie et les matériaux de construction en Europe pour des raisons similaires.

·       Nous recommandons toujours la prudence quant aux industrielles (-) car il faudra du temps pour que les entreprises et les consommateurs réparent leurs bilans et investissent à nouveau. Des baisses de coûts ont lieu partout.

·       Nous entrons dans la saison des résultats pour le 1T-20. Ceux-ci et plus encore les perspectives fournies par les entreprises pourraient avoir une incidence sur nos recommandations sectorielles.

 

La dislocation de l'économie et des marchés d'actions provoquée par le Covid-19 nous a poussés à modifier notre allocation sectorielle vers une position plus défensive.

·        Pour le mois d'avril, nous abaissons tactiquement l'énergie américaine de + à = . Le secteur de l'énergie reste globalement en + (préférence pour l’Europe).

·        Le 9/3, le secteur des soins de santé avait été rehaussé de = à + et celui des biens de consommation de base de - à = ; le secteur bancaire américain était abaissé de + à =.

Explication :

·        Energie américaine : de + à = (l'énergie reste globalement en + car le secteur est bon marché, principalement les majors pétrolières européennes et nous nous attendons à une remontée des prix du pétrole d’ici fin 2020) : peu de mesures ont été prises pour soutenir l'industrie pétrolière et gazière américaine suite au récent double cygne noir (Covid-19 & tensions politiques entre la Russie et l'Arabie Saoudite menant à un effondrement des cours du pétrole). Il se pourrait que l'administration américaine préfère que les prix du pétrole restent bas pendant un certain temps pour soutenir la reprise (?). L'accord international visant à réduire l'offre de pétrole d'environ 10 millions de barils/ jour à partir du 1er mai semble insuffisant par rapport à l'effondrement actuel de la demande, baisse estimée en avril entre 20 et 30 millions de barils/ jour. L'offre devra encore se réduire. Le pétrole de schiste américain (et le secteur énergétique américain en général) souffrira davantage, surtout en l'absence d'un soutien gouvernemental significatif. Les Major pétrolières européennes (+) sont peu exposées au pétrole de schiste, ont des bilans solides et versent des dividendes plus élevés/plus durables.

 

Nous recommandons de s'en tenir aux entreprises les plus solides car elles sont plus à même de survivre à la crise et ce, pas seulement dans le secteur de l'énergie mais dans tous les secteurs.

Autres changements récents (9/3) :

·        Le secteur des soins de santé a été rehaussé le 9 mars de = à + après de faibles performances en début d'année. M. Sanders a jeté l’éponge dans le cadre des élections présidentielles américaines. Donc, plus aucune réforme profonde dans le secteur n’est attendue. En outre, la correction de marché avait été trop forte pour ce secteur, étant donné qu'il souffrira moins de la crise, et même en profitera dans certains cas.

·        Le secteur des biens de consommations de base (de – à =) avait également chuté pendant la dislocation générale du marché des actions, alors que certains segments (en particulier les magasins d’alimentation, mais aussi les produits d'entretien et de soins personnels, les aliments ‘sains’, les snacks, etc. – cf. notre thématique ‘Rester à la maison’) devraient bien se comporter dans l’environnement actuel.

·        À l'inverse, nous avons baissé les banques américaines de + à = (et le secteur financier en général). Bien que le secteur financier ne soit pas cher en général, la crise économique l'affectera, en particulier les banques américaines en raison notamment de leur exposition au pétrole et au gaz de schiste. D'autres secteurs (les loisirs, les transports, l’aéronautique et l’industrie en général, etc.) seront également confrontés à des faillites. Les prêts non performants vont augmenter et les banques américaines font actuellement d'énormes provisions et réserves. L'ampleur de la crise étant encore inconnue, il est préférable pour l'instant de rester prudent, d'autant plus que la courbe américaine des rendements est beaucoup plus défavorable que début 2020. Parmi les financières, nous préférons le secteur de l'assurance (+) qui, au plus bas des marchés cette année, chutait de -40 % - beaucoup trop, selon nous - avant que de nombreuses entreprises et analystes ne confirment la solidité du secteur. La solvabilité a dans certains cas doublé (d'environ 100 % à 200 %) au cours des 12 dernières années ! Les ratios C/B en Europe sont maintenant d'environ 7 à 8 fois et les rendements des dividendes semblent relativement sûrs à environ 6,6 % (bien que de nombreux dividendes ne seront sans doute payés qu'à la fin de l'année).

 

Performances sectorielles en mars et recommandations actuelles :

Le mois de mars fut extrêmement volatil et avait très mal commencé. Par la suite, des mesures de politique monétaire et budgétaire majeures ont été décidées des deux côtés de l'Atlantique, permettant dans une certaine mesure d’amortir le choc économique. Cela a aidé le marché à se stabiliser à court terme et à se redresser partiellement depuis le creux du 23 mars. Depuis le début de l'année et en particulier en mars, les secteurs défensifs ont surperformé, de même que la technologie.

Le secteur des soins de santé (+), s’est bien comporté en mars en Europe (idem aux États-Unis) alors que la plupart des secteurs cycliques sous-performent. Les biens de consommation de base (qui sont passés de - à =) ont également surperformé. Début mars, nous sommes devenus plus prudents en général sur les financières (=) en raison de la crise économique à venir. Alors que, comme expliqué, les banques américaines devront faire face à des faillites dans le secteur de l'énergie et dans d'autres secteurs, de nombreux consommateurs ne seront pas non plus capables de rembourser leurs prêts ni leurs cartes de crédit. De leur côté, les banques européennes (=) souffrent également de la décision de la BCE de ne pas autoriser le payement des dividendes au printemps (cf. notre Flash Strategy concernant nos attentes générales quant aux paiements des dividendes). Bien que cette situation est probablement temporaire, les banques européennes viennent de perdre un de leurs principaux attraits. La visibilité sur les dividendes s'est détériorée et certaines banques pourraient en effet être tentées de "réinitialiser" structurellement leurs dividendes à un niveau inférieur.

Dans la technologie, nous continuons de privilégier l'Europe (+) ainsi que les thèmes de la 5G et du commerce en ligne au niveau mondial. De nombreux consommateurs et travailleurs sont confinés chez eux. Cela nécessite de meilleures connexions à l'internet et entraîne un développement accéléré des loisirs et des achats sur le web.

Vu que la reprise économique mondiale semble actuellement trop faible pour entraîner une augmentation significative des prix des matières premières, nous restons neutres sur les sous-secteurs des matériaux tels que les produits chimiques, les mines, l'acier et les métaux. Mais nous apprécions les matériaux de construction européens (+), susceptibles de profiter des plans publics de relance, et moins chers que leurs homologues américains. Les mines d'or ont également encore du potentiel en conformité avec notre vue positive sur l'or.

Pour les autres secteurs, l'impact à moyen terme est moins clair et nous ne changeons pas d'avis. Le secteur industriel (avis négatif) reste très risqué et mettra plus de temps que les autres à se redresser. Outre le secteur aéronautique en difficulté, nous prévoyons un report, voire une baisse significative des investissements industriels dans le secteur privé. L'impact final du Covid-19 est encore très incertain et nous prévoyons donc une volatilité persistante au moins jusqu'à ce que nous obtenions davantage de clarté durant la saison de publication des résultats du 1er trimestre.

Le secteur de la consommation discrétionnaire (avis neutre) souffre également mais l'impact des crises actuelles sur la consommation finale est difficile à estimer alors que la baisse des prix du pétrole soutiendra la reprise économique. Comme mentionné à plusieurs reprises, il s'agit d'un secteur très disparate aujourd'hui. Il offre aussi plusieurs "grands gagnants" des nouvelles tendances de consommation. À l'inverse, à court terme, nous continuons d’éviter les titres liés aux loisirs traditionnels (restaurants, cinémas, parcs à thème, etc.) et au voyage en général. Il faut être sélectif et privilégier une approche thématique pour ce secteur, de même que pour les services de communication, les services aux collectivités et pour l’immobilier (recommandations globalement neutres).

Retrouvez toutes les annexes dans le PDF ci-dessous.

Mais 2019 avait moins bien commencé, du moins en relatif. C’était dû notamment à des prises de bénéfices et aux débats au Congrès américain sur comment baisser les coûts des soins de santé, très chers aux Etats-Unis. Toutefois, la probabilité de réformes profondes semble toujours faible. En outre, les porte-drapeaux de ces réformes potentielles que sont M. Sanders et Mme Warren ont baissé dans les sondages de l’élection présidentielle américaine et/ ou ont allégé leurs programmes en la matière. Dès lors, le secteur se reprend fortement depuis quelques mois.Soins de santé

Le secteur des soins de santé a surperformé presque tous les ans au cours des 9 dernières années. Son caractère défensif et sa profitabilité suscitent toujours l’intérêt des investisseurs.

Mais 2019 avait moins bien commencé, du moins en relatif. C’était dû notamment à des prises de bénéfices et aux débats au Congrès américain sur comment baisser les coûts des soins de santé, très chers aux Etats-Unis. Toutefois, la probabilité de réformes profondes semble toujours faible. En outre, les porte-drapeaux de ces réformes potentielles que sont M. Sanders et Mme Warren ont baissé dans les sondages de l’élection présidentielle américaine et/ ou ont allégé leurs programmes en la matière. Dès lors, le secteur se reprend fortement depuis quelques mois.

La demande en matière de santé devrait rester forte à long terme (vieillissement de la population) et le secteur est encore très innovant. Par exemple, les recherches en immuno-oncologie semblent prometteuses. Enfin, les fusions et acquisitions se sont intensifiées. Le secteur dispose en outre de beaucoup de cash (rachats d’actions) et est peu endetté.

Les valorisations sont peu exigeantes. Le ratio cours/bénéfice moyen attendu pour 2020 du secteur pharmaceutique est de 16,7 en Europe et même moins aux Etats-Unis (15,4x). Les derniers résultats financiers furent bien meilleurs qu’attendus pour une grande majorité des entreprises du secteur et la croissance des bénéfices s’accélère à nouveau.

Parmi les valeurs défensives, l'industrie des Soins de santé reste notre favorite. Vu les fortes différences entre entreprises et les spécificités intrinsèques (fusions-acquisitions, pipeline,...), le stock picking semble plus approprié pour jouer ce secteur.

La demande en matière de santé devrait rester forte à long terme (vieillissement de la population) et le secteur est encore très innovant. Par exemple, les recherches en immuno-oncologie semblent prometteuses. Enfin, les fusions et acquisitions se sont intensifiées. Le secteur dispose en outre de beaucoup de cash (rachats d’actions) et est peu endetté.

Les valorisations sont peu exigeantes. Le ratio cours/bénéfice moyen attendu pour 2020 du secteur pharmaceutique est de 16,7 en Europe et même moins aux Etats-Unis (15,4x). Les derniers résultats financiers furent bien meilleurs qu’attendus pour une grande majorité des entreprises du secteur et la croissance des bénéfices s’accélère à nouveau.

Parmi les valeurs défensives, l'industrie des Soins de santé reste notre favorite. Vu les fortes différences entre entreprises et les spécificités intrinsèques (fusions-acquisitions, pipeline,...), le stock picking semble plus approprié pour jouer ce secteur.

 

Soins de santé

Le secteur des soins de santé a surperformé presque tous les ans au cours des 9 dernières années. Son caractère défensif et sa profitabilité suscitent toujours l’intérêt des investisseurs.

Mais 2019 avait moins bien commencé, du moins en relatif. C’était dû notamment à des prises de bénéfices et aux débats au Congrès américain sur comment baisser les coûts des soins de santé, très chers aux Etats-Unis. Toutefois, la probabilité de réformes profondes semble toujours faible. En outre, les porte-drapeaux de ces réformes potentielles que sont M. Sanders et Mme Warren ont baissé dans les sondages de l’élection présidentielle américaine et/ ou ont allégé leurs programmes en la matière. Dès lors, le secteur se reprend fortement depuis quelques mois.

La demande en matière de santé devrait rester forte à long terme (vieillissement de la population) et le secteur est encore très innovant. Par exemple, les recherches en immuno-oncologie semblent prometteuses. Enfin, les fusions et acquisitions se sont intensifiées. Le secteur dispose en outre de beaucoup de cash (rachats d’actions) et est peu endetté.

Les valorisations sont peu exigeantes. Le ratio cours/bénéfice moyen attendu pour 2020 du secteur pharmaceutique est de 16,7 en Europe et même moins aux Etats-Unis (15,4x). Les derniers résultats financiers furent bien meilleurs qu’attendus pour une grande majorité des entreprises du secteur et la croissance des bénéfices s’accélère à nouveau.

Parmi les valeurs défensives, l'industrie des Soins de santé reste notre favorite. Vu les fortes différences entre entreprises et les spécificités intrinsèques (fusions-acquisitions, pipeline,...), le stock picking semble plus approprié pour jouer ce secteur.