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#Stratégie d'investissement — 11.07.2016

Brexit : quelles consequences ?

Florent Bronès

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A court terme : une phase de transition avec plus de volatilité a débuté avec la décision surprise du peuple britannique en faveur du Brexit. D’autres échéances politiques importantes pèsent sur les marchés financiers. Nous n’effectuons néanmoins aucun changement dans notre stratégie d’investissement ce mois-ci. Les marchés ont été efficients intégrant immédiatement ces incertitudes.
 

Révision de nos prévisions économiques après le Brexit

La décision historique de sortir de l’Union européenne aura un impact immédiat négatif sur la croissance économique au Royaume-Uni et dans la zone euro du fait d’un lien direct dû au commerce international, d’une période d’incertitude qui se traduit par un gel des décisions d’investissement, y compris dans l’immobilier, et enfin par un resserrement des conditions monétaires et financières.

La croissance attendue est révisée substantiellement au Royaume Uni, à 1,4% pour 2016 et 2017 (au lieu de 1,7%) et à 0,7% (au lieu de 2,1%). Soit au total, 2 points de croissance en moins d’ici à 2018. L’impact sera plus limité sur la Zone euro (0,4% de croissance en moins). Pas d'impact quantifiable sur les Etats Unis ou sur les pays émergents.
 

Impact sur les politiques monétaires

Pour répondre à ce risque de récession, la Banque d’Angleterre va baisser ses taux officiels de 50 pb (le taux principal aujourd’hui est à 0,50%), injecter des liquidités et probablement amplifier son programme (ancien) de Quantitative Easing (de £50 milliards dans un premier temps). Prochaine réunion de la BOE le 14 juillet.

Les marchés financiers n’attendent plus de hausse des taux Fed ni cette année, ni en 2017. Cela nous semble exagéré et pourrait conduire à un «repricing» du risque de hausse des taux américains. Des données économiques solides pourraient amener la Fed à vouloir normaliser sa politique monétaire. Pas de changement du côté de la BCE qui pourrait étendre son programme de QE en septembre.
 

Divergence de réactions entre les segments de marchés

Deux jours de baisse marquée ont suivi le Brexit, puis, les bourses se sont redressées dans leur ensemble, y compris au Royaume-Uni, et sont revenues au-dessus, ou pas très loin de leur niveaux initiaux. Une exception notable concerne le secteur financier au sens large qui ne s’est pas repris,  en particulier, les banques et le secteur immobilier coté.

Par contre, les marchés obligataires ont réagi différemment : les taux en Europe ont baissé à des niveaux record pour ne pas remonter ensuite. C’est le cas pour le Royaume-Uni, et pour le cœur de la Zone euro. Par contre, les spreads de la périphérie de l’Europe se sont quelque peu tendus, reflétant une prime de risque plus élevée demandée maintenant par les marchés. En Espagne, ce mouvement a été moins marqué à cause du résultat des élections où les partis traditionnels ont bien résisté.

Cette phase de volatilité accrue sur les bourses et de fuite vers la qualité pourrait se poursuivre durant les mois d’été à cause des révisions de croissance en baisse en Europe d’une part, et de l’inclusion d’une prime de risque politique d’autre part. Les négociations entre Royaume-Uni et UE pour la sortie britannique n’ont pas encore commencé, et elles pourraient être longues et difficiles, dans un contexte  de risque de fragmentation. Enfin, l’agenda électoral reste chargé : référendum sur la Constitution en Italie en septembre, nouvelle élection présidentielle en Autriche en octobre, élections américaines en Novembre. Sans oublier les élections française et allemande l’année prochaine.
 

La recherche du rendement poussera les bourses vers le haut

A moyen terme, l’évolution des bourses dépendra de la croissance des profits et des dividendes qui selon nous restera positive. L’hypothèse centrale est que  l’économie mondiale restera en croissance, certes modérée, mais néanmoins positive. Les marges beneficiaires (hors des Etats Unis) ont un potentiel de rebond significatif, notamment grâce au secteur pétrolier, l’or noir s’est stabilisé autour de 50$ le baril. Dans un tel contexte de hausse modérée des profits et des bourses, les dividendes continuent de représenter une part non négligeable de la rentabilité totale des placements en actions.

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