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#Stratégie d'investissement — 12.01.2017

Prudence sur les marchés obligataires

Florent Bronès

Le changement de politique fiscale aux États-Unis a amené une hausse des taux américains plus rapide que prévu. Nous avons revu en hausse significative nos objectifs de taux à 10 ans à 0,75 % pour l’obligation allemande et 2,75 % pour l’américaine à l’horizon de 12 mois. La rentabilité des placements obligataires gouvernementaux sera donc faible, inférieure à l’inflation.
 

Flux vers les actifs risqués, au détriment des obligations

Les taux d’intérêt ont commencé à monter depuis l’été 2016 en raison de plusieurs facteurs : un retour de l’inflation dans le territoire positif, essentiellement à cause de la hausse des prix du pétrole, des hausses modérées de salaires aux États-Unis, au R.U. et en Allemagne, pays au plein emploi, une croissance économique mieux orientée globalement, un changement du policy mix vers davantage de relance par la fiscalité à un moment où les politiques monétaires sont en fin de cycle, et un début de normalisation de la politique monétaire (pour l’instant surtout aux États-Unis).

Ces facteurs vont continuer de jouer en 2017, d’où nos prévisions de poursuite des hausses de taux. La rentabilité des placements obligataires sera donc faible. Or, sur les 10 dernières années, les flux en direction des marchés obligataires ont été colossaux. À cause de ces perspectives peu favorables, ils ont commencé à se retourner durant le second semestre 2016.
 

Des perspectives favorables aux actions

Les sorties des obligations se font au profit des actions. On commence donc à reparler de cette « grande rotation » en faveur des actifs risqués. Un environnement un peu plus inflationniste est favorable aux bourses, à condition que la hausse des taux reste modérée, comme nous l’escomptons. Les marchés actions vont profiter d’une hausse des bénéfices des entreprises, surtout en Europe et au Japon , aidés par la baisse de la devise face au dollar.

De plus, les niveaux de valorisation de ces deux marchés restent raisonnables, notamment par rapport au marché américain qui est maintenant cher, après une surperformance de plusieurs années.

Ces deux arguments fondamentaux (hausse des profits et valorisation attractive) sont durables, mais ils ne doivent pas faire oublier que la volatilité n’est pas morte. Le momentum est favorable aux bourses en ce moment, cela va continuer, mais durant l’année, les facteurs de risque se rappelleront à nous.

Ces risques concernent avant tout les États-Unis où il faudra être attentif aux premières décisions de l’administration Trump, notamment sur les questions de commerce international (risque protectionniste). Par ailleurs la FED a commencé son resserrement de politique monétaire, le marché pourrait s’en inquiéter de nouveau un peu plus tard dans l’année. En Chine, les autorités font face à un double défi : faiblesse de la devise à cause de sorties importantes de capitaux et risque de surchauffe dans l’immobilier.

Enfin, l’agenda politique en Europe est chargé pour 2017: élections aux Pays-Bas en mars, présidentielle en France en mai, élections générales en Allemagne à l’automne. Ces questions sont bien connues et expliquent une partie du retard de la bourse européenne. De plus, le pire n’est pas sûr, loin s’en faut.

 

Au total 2017 devrait être une bonne année pour les actifs risqués, mais il faudra veiller à ne pas baisser la garde, la volatilité se rappellera à nous.