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#Stratégie d'investissement — 22.03.2018

Réserve fédérale: Conséquences d’une économie qui a le vent dans le dos

Edouard Desbonnets

La Fed a relevé ses taux directeurs de 0,25% et a signalé davantage de hausses de taux à venir car les perspectives économiques se sont améliorées.

 

Avant la réunion de la Fed

Dernièrement, les responsables de la Fed ont soulignés le dynamisme de l’économie américaine. Powell, le nouveau président de la Fed, avait déclaré au Congrès que les vents avaient tournés et que la politique budgétaire stimulante ainsi que la forte demande pour les exportations américaines étaient les nouveaux moteurs de l'économie. Même Lael Brainard, la gouverneur la plus favorable à une politique monétaire accommodante parmi le Conseil des gouverneurs, s'en était fait l'écho, ce qui suggérait que le comité de politique monétaire pourrait accélérer le rythme du resserrement monétaire. D’un autre côté, le niveau actuel d’inflation contrait la Fed à ne pas mener une politique monétaire trop dure.

La décision

Sans trop de surprise, tant la hausse des taux était déjà intégrée dans les cours à 100%, le comité de politique monétaire a décidé d'augmenter ses taux directeurs de 25 points de base, à 1,50-1,75%. Ce vote a été unanime.

A l’inverse, la décision de réviser les prévisions économiques à la hausse et d'accélérer le rythme des hausses de taux était moins consensuelle. Même si la Fed continue de s'attendre à trois hausses de taux au total cette année, il faut probablement s’attendre à quatre hausses de taux puisque deux représentants de la Fed, surement des membres sans droit de vote, ont empêché le taux médian d’évoluer à la hausse du fait de leurs projections pessimistes.

Pour 2019 et 2020, la Fed a indiqué une trajectoire accélérée pour les hausses de taux et prévoit dorénavant trois hausses en 2019 (contre 2,3 en décembre) et deux hausses en 2020 (contre 1,5 auparavant). Le taux à plus long terme a été légèrement révisé à la hausse à 2,875%.

Powell a essayé de minimiser ces prévisions, en soulignant qu'il s'agit de prévisions individuelles de chaque membre qui doivent être lues comme un indicateur et non comme une politique ou une cible.

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle trajectoire des taux reflète pleinement l'évolution des prévisions économiques de la Fed. Elle a révisé les taux de croissance de 2018 et 2019 à 2,7% et 2,4% respectivement, en raison de l'augmentation significative de la demande découlant de la politique budgétaire, tout en révisant à la baisse le taux de chômage pour cette année et au-delà. Les prévisions de croissance pour 2020 et au-delà n'ont pas été modifiées, ce qui indique que la Fed est sceptique quant aux avantages à long terme des réductions d'impôts. L'inflation devrait augmenter et se stabiliser autour de 2%. Cette projection est assez semblable à celle de décembre.

Powell a reconnu que les risques qui pèsent sur les perspectives économiques semblent à peu près équilibrés. En plus des prix des actifs financiers, il a cité le commerce comme nouveau risque car certains membres de la Fed craignent des représailles suite aux nouvelles taxes douanières sur l'acier et l'aluminium.

Premières réactions sur les marchés

Cette première réunion du comité de politique monétaire sous la présidence de Powell prônait une politique moins laxiste. Pourtant, Powell a réussi à augmenter les taux et à signaler au marché un rythme plus rapide de hausses de taux sans générer d’effondrement des marchés. Après une séance volatile, les marchés boursiers ont baissé de 0,18% (S&P 500), tandis que les rendements obligataires se sont légèrement détendus. Le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a baissé à 2,88% et le rendement à 2 ans à 2,30%. Le dollar s'est affaibli par rapport à l'euro, à 1,234. L'indice du dollar a chuté de 0,8%, car le marché s’attendait à une annonce claire de quatre hausses de taux pour cette année.

Le style de Powell est plus direct que celui de son prédécesseur Yellen, mais le message reste le même : la Fed est en train de normaliser sa politique monétaire en augmentant ses taux et en réduisant la taille de son bilan.

Nous sommes d'avis que la Fed relèvera ses taux quatre fois cette année compte tenu de la vigueur de l’économie et des signes d’inflation. Nous n’anticipons toutefois qu'une seule hausse de taux l'an prochain car l'économie devrait décélérer. Le taux terminal serait donc porté à 2,75%.