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#Stratégie d'investissement — 04.01.2017

Les produits financiers pour limiter le risque d’inflation

Guy Ertz

Au cours des dix dernières années, la chute des prix des matières premières, la faible utilisation des capacités de production et les taux de chômage élevés ont pesé sur l'inflation. Le rebond des matières premières et l'amélioration du marché de l'emploi devrait entraîner une hausse de l'inflation dans la plupart des pays développés, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. L’inflation va s’accélérer en Europe, car il existe un risque haussier à moyen terme. Les prévisions d'inflation à long terme ont d'ores et déjà été révisées à la hausse.

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Plusieurs facteurs clés nous ont amenés à  rehausser nos prévisions d'inflation pour les prochaines années.

La hausse récente des cours des matières premières, notamment des prix de l'énergie et des métaux industriels explique en partie le rebond de l'inflation. En effet, le prix du baril de pétrole est passé d'un point bas de 30 dollars à environ 50 dollars au cours des dernières semaines. La décision de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) de réduire la production nous a incité à rehausser notre fourchette cible. Nous tablons désormais sur un prix du baril compris entre 50  et 60 dollars à la fin de l'année 2017. Les métaux industriels (cuivre, aluminium, zinc et minerai de fer) ont également vu leurs cours fortement rebondir depuis le début de l'année, après une longue période de baisse.

La victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine et l'ensemble des mesures qu'il devrait prendre dans les prochains mois sont le deuxième facteur expliquant le récent rebond de l'inflation. Nous pensons que le nouveau président lancera un vaste programme d'investissements dans les infrastructures et procèdera à des réductions d'impôts ciblées pour stimuler la croissance économique.

Ces mesures devraient soutenir la croissance économique aux États-Unis principalement, mais l'Europe et le Royaume-Uni devraient également en bénéficier. Ces mesures contribueront également à améliorer le marché de l'emploi et pourraient entraîner une accélération de la hausse des salaires et une poussée de l'inflation. Dans la mesure où les marchés de l'emploi américain et britannique sont déjà tendus, les effets des mesures mentionnées ci-dessus devraient être plus importants aux États-Unis et au Royaume-Uni que dans la zone euro.

Il convient également de mentionner un facteur spécifique aux États-Unis susceptible de soutenir l'inflation : le nouveau président pourrait mettre en place des barrières commerciales et taxer certaines importations de biens. Cela entraînerait une hausse des coûts de production pour les entreprises américaines et, in fine, une hausse des prix des biens de consommation. Les entreprises décideront si elles répercutent cette hausse des coûts sur le consommateur final en fonction de leur pouvoir de tarification et de l'intensité de la concurrence à laquelle elles sont soumises.

Une hausse du dollar pourrait limiter ces effets. Nous n'avons pas pris en compte ces éléments dans nos prévisions d'inflation, mais il existe un risque d'envolée de l'inflation.

 

Comment se protéger contre l'inflation

Les investisseurs qui souhaitent se protéger d’une forte inflation (c'est-à-dire qui souhaitent préserver le pouvoir d'achat de leurs actifs) ont plusieurs options à leur disposition. Les produits structurés (utilisant des dérivés indexés sur l'inflation), les fonds de type « Newcits » et les fonds d'obligations indexées sur l'inflation (avec gestion dynamique du risque de taux d'intérêt) sont les principaux exemples.

Les fonds Newcits permettent aux gérants de portefeuille de profiter des hausses ou des baisses de cours des actifs, selon la stratégie. Dans ce contexte, nous privilégions les stratégies « global macro » pouvant bénéficier de tendances de marché pour plusieurs classes d'actifs (matières premières, devises, taux d'intérêt, etc).

Les fonds d'obligations indexées sur l'inflation versent un coupon fixe dont le montant est calculé hors inflation. Un coupon supplémentaire dont le montant est fonction de l'inflation réalisée est versé au terme de la période. Cela permet aux investisseurs de se protéger contre le risque d'inflation, car le montant du coupon fluctue en fonction  de l'inflation effective au terme de la période. Il existe toutefois un risque de taux d'intérêt dans la mesure où la valeur de l'obligation diminue lorsque les taux réels (hors inflation) augmentent. Les gérants de fonds peuvent gérer activement ce risque en utilisant des dérivés.
 

Les risques d'accélération de l’inflation sont plus élevés aux États-Unis et au Royaume-Uni. Il convient toutefois de ne pas sous-estimer le risque d'inflation à moyen terme pour la zone euro.

Risques pesant sur notre hypothèse de base

Les principaux risques à ce stade sont : une forte baisse des cours des matières premières et une déception concernant les mesures de relance budgétaire du nouveau président américain. Cela provoquerait un renversement des dynamiques ayant soutenues les marchés pendant les dernières semaines  et entraînerait une révision à la baisse des prévisions de croissance et d'inflation. Cela pèserait sur les solutions d'investissement mentionnées ci-dessus. Il est possible de limiter le risque de perte en investissant dans un fonds faisant l'objet d'une gestion dynamique.