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#Stratégie d'investissement — 22.09.2016

La Fed maintient ses taux inchangés, mais le diable est dans les détails

Guy Ertz

La Fed a décidé de maintenir son taux directeur à 0,25%-0,50%, comme anticipé. Cependant, le ton se veut moins accommandant, de manière à indiquer au marché qu’une hausse des taux avant la fin de l’année reste très probable. Le marché a peu réagi à l’annonce car cette décision était finalement déjà reflétée dans les prix. Nous maintenons nos prévisions de taux (2,00% à 12 mois pour le taux 10 ans) et de change (EUR/USD à 1,08% dans 12 mois).
 

Avant la réunion de la Fed

Les membres de la Fed étaient divisés quant à une hausse ou non des taux directeurs dès septembre. Les signaux envoyés par les données macroéconomiques américaines étaient effectivement contradictoires. D’un côté, les indicateurs d’activité ont ralenti, tout comme le rythme des créations d’emploi, et les anticipations d’inflation restent à des niveaux inférieurs à l’objectif de la Fed. De l’autre, le marché du travail se montre solide, et les salaires et les revenus des ménages progressent. De plus, les risques d'une dégradation de la situation mondiale diminuent.

Le marché a déjà choisi son camp et voit peu de possibilité de hausse des taux de la Fed. En effet, les contrats à terme sur les Fed Funds n’indiquent aucune hausse cette année, et seulement une fin d’année prochaine. La probabilité que la Fed augmente ses taux n’était que de 22% d’après le marché.

Face à cette situation économique, la Fed sera-t-elle suffisamment confiante pour monter ses taux juste avant les élections présidentielles américaines ?

Fin août, à la conférence de Jackson Hole, la présidente de la Fed a déclaré que l’environnement s’était amélioré, et que cela justifiait un peu plus une hausse des taux. Toutefois, plusieurs données macroéconomiques publiées depuis (ISM manufacturier, vente au détail, production industrielle) ont été décevantes.
 

La décision de la Fed
 

La Fed a répondu hier soir qu’elle n’allait pas monter ses taux maintenant. Les membres de la Fed ont préférer temporiser le temps d’avoir plus d’éléments. Trois membres votants parmi les dix ont marqué leur désaccord contre cette décision de maintenir les taux à leur niveau actuel.

C’est assez rare qu’il y ait autant d’avis divergents, et cela reflète la complexité de ce verdict. La présidente de la Fed a toutefois tenu un discours offensif, disant que les risques à court terme entourant ces perspectives sont relativement équilibrés. Elle a ainsi clairement indiqué aux marchés qu’une hausse des taux avant la fin de l’année était tout à fait envisageable, pour autant que le marché de l’emploi se tienne et qu’il n’y ait pas de nouveaux risques.

Le FOMC a remis à jour ses projections économiques et son « dot plot ». Il n’a quasiment pas modifié ses prévisions de croissance, de chômage et d’inflation, mais il a sévèrement revu ses projections de taux Fed funds à la baisse à 0,60%, 1,1%, 1,9% et 2,6% pour 2016, 2017, 2018 et 2019. Ceci représente une baisse entre 0,3% et 0,5% depuis les dernières projections de juin. Le taux de la Fed à long terme a lui aussi été revu à la baisse : 2,9% contre 3,0% en juin.

Cela conforte notre vue et nous maintenons nos prévisions, à savoir, une hausse en décembre suivie de deux hausses en 2017.
 

Les premières réactions sur les marchés:
 

La décision de ne pas monter les taux était attendue donc le marché a finalement peu réagi.

Les taux américains à 2 ans, les plus sensibles à la politique de la Fed, ont perdu 3 bps après l’annonce et ont clôturé inchangés à 0,77%. Les taux à 10 ans ont terminé la séance 4 bps plus bas à 1,65%.

Le dollar a gagné 0,3% contre l’euro à 1,12. Plus intéressant, du fait qu’hier s’était également tenue la réunion de la banque du Japon, le dollar s’est déprécié contre le yen de 0.4% à 100,22.

Les marché actions américains ont terminé la séance en hausse de 1%, tirés par l’énergie et les banques.

Les matières premières clôturent aussi dans le vert.

Les contrats à terme indiquent que les marchés actions européens devraient ouvrir en hausse.