BNP Paribas utilise des cookies sur ce site internet. En poursuivant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. Vous pouvez consulter notre Politique Cookies pour de plus amples informations et pour savoir comment les bloquer sur votre ordinateur. Le fait d’empêcher le dépôt de cookie sur votre terminal peut induire une expérience réduite des fonctionnalités de ce site.

#Investissements — 04.08.2017

La faiblesse du franc suisse n’offre pas d’opportunité d’achat

Guy Ertz

Le franc Suisse a connu une forte baisse ces dernières semaines. L’élément déclencheur a été le discours du président de la banque centrale.

Nous avons révisé l’objectif 3 mois qui correspond maintenant à celui de 12 mois à 1.12 (valeur d’un euro). La devise suisse reste surévaluée dans une perspective de long-terme, mais cette situation pourrait persister les prochaines années


L’élément déclencheur de la normalisation récente

Nous avons argumenté depuis longtemps déjà que le franc suisse est surévalué. Une série de phases d’aversion aux risques liées aux élections aux Etats-Unis et en Europe (y compris le référendum au sujet du Brexit) ont généré des flux de capitaux massifs vers la Suisse et ceci malgré la présence de taux d’intérêt négatifs.

La perception du risque a beaucoup baissé surtout depuis les élections néerlandaises et françaises. Le risque d’un « hard Brexit » est également baissier. Ceci a diminué l’attractivité de la devise helvétique. L’élément déclencheur de l’ajustement baissier sur la devise à toutefois été le discours du président de la banque centrale. Il a, en effet, réitéré que les taux d’intérêt devraient rester négatifs et que les autorités monétaires pourraient très bien augmenter les achats d’actifs financiers si nécessaire. A l’inverse, les marchés ont plutôt révisé leurs prévisions pour la Banque centrale européenne et anticipe une normalisation plus rapide de sa politique monétaire.

Nous ne partageons pas cette vue. Les chiffres économiques ainsi que les enquêtes d’opinion ont certes connus une forte amélioration, mais la dynamique se ralentit. L’inflation reste nettement en dessous de l’objectif de 2% malgré la hausse récente du prix du pétrole. La progression des salaires reste,  quant à elle, assez modérée.


Stabilisation du franc à court terme

Le franc reste surévalué par rapport à sa valeur d’équilibre de long terme (cf. section suivante). Nous voyons toutefois un potentiel limité de baisse au vu du mouvement récent. De plus, les attentes de normalisation de politique monétaire de la BCE semblent démesurées et nous attendons une réduction très progressive des achats obligataires. En effet, la forte appréciation de l’euro incite les autorités monétaires à la prudence. Ceci suggère que le potentiel d’une baisse additionnelle du franc est assez  limité. Les indicateurs techniques et de conditions de survente suggèrent une stabilisation. Nous avons ajusté notre objectif de taux de change sur un horizon à 3 mois. Notre objectif est 1.12 (valeur d’un euro) autant à 3 qu’à 12 mois.  En tenant compte de notre prévision de l’euro contre le dollar nous prévoyons un taux de change du franc contre le dollar américain de  0.99 et 1.02 (valeur d’un dollar) à 3 et 12 mois.


Sur-évaluation du franc à long-terme

Beaucoup d’économistes utilisent la parité de pouvoir d’achat pour évaluer la valeur d’équilibre de long-terme d’un taux de change. L’hypothèse est que la valeur d’un panier de biens représentatifs dans les deux pays converge une fois qu’on le mesure dans la même devise. L’OCDE offre une telle estimation et dans le cas de taux de change euro contre franc suisse, le niveau est actuellement autour de 1.60 (valeur d’un euro). Un retour vers un tel niveau est toutefois très peu réaliste sur un horizon de temps comme une année. Certaines études économiques plus récentes suggèrent toutefois que l’approche reste très utile si l’on considère non pas la résorption de l’intégralité de la différence entre taux de change actuel et celui d’équilibre (1.14 versus 1.60) mais seulement de la moitié de cet écart. Cet approche mènerait à un taux de change autour de 1.35, ce qui nous semble plus réaliste à un horizon de plusieurs années. Le contexte actuel n’offre donc pas une opportunité d’acheter du franc contre l’euro.