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#Stratégie d'investissement — 15.11.2016

Trump mène t-il une politique économique keynésienne ?

Florent Bronès

Le premier discours de Donald Trump en tant que Président élu des Etats-Unis a mené les investisseurs à se concentrer sur ses mesures de relance keynésiennes plutôt que sur les risques liés au protectionnisme.

La réaction initiale négative des marchés financiers face à l’élection de M. Trump s’est progressivement inversée dès son premier discours en tant que  Président élu. Il a adopté une attitude complètement différente, plus en adéquation avec la fonction présidentielle et plus conciliant avec le parti Démocrate. Ce discours a évité tous les sujets hasardeux et difficiles. Mme Clinton a également apporté un soutien en demandant à ses sympathisants de donner à M. Trump « une chance de diriger ». Les marchés financiers sont arrivés à la conclusion qu’il était préférable de se concentrer sur la politique la plus probable plutôt que sur tous les scénarii possibles.

Cela sous-entend de se concentrer sur le stimulus fiscal  c’est à dire sur une baisse des impôts tant pour les particuliers que pour les entreprises et sur des investissements dans les infrastructures. Cette politique de relance amènera davantage de croissance domestique et d’inflation. Ce stimulus pourrait peser 3% du PNB américain pendant 10 ans, d’où la vive réaction du marché obligataire.

Il faudra surveiller l’administration Trump sur quelques points centraux: éventuelles mesures protectionnistes  remise en cause de l’indépendance de la Fed et questions géopolitiques. A court terme, deux points spécifiques détermineront les marchés financiers: la Fed montera-t-elle ses taux d’intérêt comme nous le prévoyons en décembre puis deux fois en 2017 ? Quelles personnalités seront nommées dans la nouvelle administration ?
 

La question du dollar

Le choc politique de l’élection de M. Trump a eu pour l’instant un seul impact majeur sur les marchés financiers, sur la courbe des taux américaine qui est nettement plus élevée qu’avant le résultat de l’élection. Le rendement du 10 ans américain est à 2,15%, nettement plus haut que prévu.

Les autres variables financières, que cela soit les actions (y compris à l’internationale) les taux de change ou bien l’or, sont restées proches des niveaux antérieurs. Et la volatilité n’a pas trop monté, comme on aurait pu le craindre avec ce changement politique majeur. L’or a baissé tout récemment à cause de la vigueur du billet vert.

Les fondamentaux restent bien orientés

La base de notre optimisme sur les actifs risqués réside en deux points essentiels sur lesquels les derniers chiffres sont bien orientés. D’une part les indicateurs avancés d’activité (les PMI globaux y compris dans les économies émergentes et les ISM aux Etats Unis) prédisent une activité en amélioration, solide dans les services, meilleure dans l’industrie. Nos prévisions de croissance économiques sont inchangées, et si l’on devait faire des révisions post élections américaines, elles seraient à la hausse.

D’autre part, la saison des résultats tant aux  Etats-Unis qu’en Europe est bien orientée. Aux Etats-Unis, la hausse des profits est de retour après 5 trimestres consécutifs de baisse ( du notamment au secteur pétrolier). En Europe, les surprises positives l’emportent et l’on voit même quelques bonnes nouvelles sur les chiffres d’affaires.
 

Le risque politique se focalise maintenant sur l’Europe

En Europe, le prochain rendez-vous politique est le référendum italien (4 décembre); le « non » semble l’emporter, le gouvernement Renzi pourrait être amené à démissionner. Mais il est probable que l’on cherche à éviter des élections générales en reformant un gouvernement Renzi bis.

Les marchés se focaliseront ensuite sur les élections générales aux Pays Bas le 15 mars, sur les présidentielles en France (mai 2017) puis les élections générales en Allemagne à l’automne 2017.

Egalement à surveiller, le budget britannique qui sera présenté le 23 novembre par le nouveau Chancelier. Après le vote en faveur du Brexit, mais avant le début des négociations avec l’Union européenne prévues pour mars 2017, les autorités britanniques pourraient se lancer dans ce nouveau «Policy Mix» pour compenser les effets négatifs sur le plan économique de discussions difficiles avec l‘UE.

 

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