Jeremy Fasquelle :
Bonjour et bienvenue dans ce podcast hebdomadaire de BNP Paribas Wealth Management. Le mois de janvier s’est révélé être un mois positif pour les marchés actions et les matières premières, avec une hausse de 2 % pour les actions mondiales, ainsi qu’une progression des matières premières.
Ce mois‑ci, nous faisons un focus sur les marchés émergents et expliquons pourquoi nous sommes positifs sur cette classe d’actifs.
Avec moi pour en parler, notre Global Chief Investment Officer, Edmund Shing. Bonjour Edmund.
Edmund Shing :
Bonjour Jeremy.
Jeremy Fasquelle :
Alors Edmund, pourquoi pensez‑vous que les investisseurs sont aujourd’hui sous‑exposés aux marchés émergents ?
Edmund Shing :
Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, entre 2011 et 2024, le marché américain a été le marché phare au niveau mondial, avec une surperformance continue pendant quatorze ans. Que ce soit aux États‑Unis, en Europe ou dans les pays émergents, les investisseurs se sont principalement positionnés sur les États‑Unis.
Même en Europe, les investisseurs ont historiquement un biais domestique. Dans ce contexte, pourquoi investir dans les pays émergents, surtout si l’on considère que, entre 2021 et 2024, le marché chinois a fortement sous‑performé ?
Ces dernières années, la décision la plus rationnelle pour la majorité des investisseurs était donc d’investir en Europe, mais surtout sur le marché actions américain, d’autant plus que le dollar s’est renforcé sur la majeure partie de cette période.
En 2025, les conditions ont été très différentes. Pour la première fois depuis longtemps, nous avons observé une surperformance marquée des pays émergents et de l’Europe par rapport aux États‑Unis, accompagnée d’un affaiblissement du dollar américain.
Pour la première fois, la bonne décision d’allocation était donc d’être davantage investi en Europe ou dans les pays émergents, et moins aux États‑Unis.
Selon moi, cette tendance se poursuit en 2026. Il vaut mieux être investi en dehors des États‑Unis. Aujourd’hui, si l’on regarde le positionnement de la plupart de nos investisseurs, ils sont bien exposés à l’Europe, mais pas encore suffisamment aux pays émergents.
Jeremy Fasquelle :
S’il y avait des fondamentaux économiques favorables aux marchés émergents, quels seraient‑ils ?
Edmund Shing :
Le premier moteur concerne les taux directeurs des banques centrales. Nous anticipons des baisses de taux dans les pays émergents tout au long de 2026, notamment en Amérique latine. La banque centrale brésilienne ou encore celle du Mexique devraient baisser leurs taux directeurs en parallèle des baisses attendues de la Réserve fédérale américaine. C’est un premier facteur de soutien.
Le deuxième moteur est la croissance économique, qui reste solide, en particulier en Asie, mais aussi en Amérique latine. Cette dynamique se traduira par une progression des bénéfices par action pour les entreprises de ces régions.
Troisièmement, les niveaux de valorisation. Les actions américaines restent chères, tandis que dans les pays émergents, les valorisations moyennes demeurent raisonnables. Pour toutes ces raisons, nous restons positifs sur les marchés émergents.
Jeremy Fasquelle :
Existe‑t‑il un lien entre un dollar en baisse et l’intérêt des investisseurs pour les marchés émergents ?
Edmund Shing :
Historiquement, lorsque le dollar américain s’affaiblit — si l’on regarde les trente dernières années — deux classes d’actifs ont tendance à surperformer.
La première, ce sont les matières premières au sens large : le pétrole, les métaux. Elles sont valorisées en dollars, et lorsque le dollar baisse, leurs prix ont tendance à augmenter mécaniquement.
La seconde classe d’actifs concerne les actions et les obligations des pays émergents. Elles sont libellées en monnaies locales, qui ont tendance à se renforcer lorsque le dollar s’affaiblit. On observe donc, dans ces phases, une surperformance des marchés émergents.
C’est pour ces deux raisons que nous apprécions actuellement les matières premières, mais aussi les obligations et les actions des pays émergents.
Jeremy Fasquelle :
Si l’on compare les valorisations entre l’Union européenne, les États‑Unis et les marchés émergents, comment se positionnent‑ils ?
Edmund Shing :
Cela dépend des marchés. Les États‑Unis restent un marché très cher. L’Europe se situe à un niveau raisonnable, ni cher ni bon marché.
Pour les pays émergents, il faut distinguer deux grandes zones. D’abord l’Asie, dominée par l’Inde, la Corée du Sud, Taïwan et la Chine. Les valorisations y restent raisonnables, avec une croissance très forte liée au secteur technologique, à des niveaux bien plus attractifs que ceux observés dans la technologie américaine.
Ensuite, si l’on regarde l’Europe centrale, notamment la Pologne, ainsi que l’Amérique latine — le Brésil, le Mexique et le Chili — ces marchés restent très peu chers, avec de bons rendements de dividendes et des ratios P/E faibles.
Si l’on recherche des opportunités « value » aujourd’hui, il faut clairement regarder l’Europe centrale, et surtout l’Amérique latine.
Jeremy Fasquelle :
Justement, concernant l’Amérique latine, y a‑t‑il des pays ou régions à privilégier ?
Edmund Shing :
Absolument. L’Europe centrale, et en particulier la Pologne, reste très attractive. Malgré une très belle performance en 2025, la croissance économique reste solide, avec plus de 3 % de croissance du PIB réel attendue en 2026, et un marché qui demeure peu cher.
Deuxièmement, l’Amérique latine présente des caractéristiques très similaires : valorisations attractives, rendements de dividendes élevés et une croissance économique qui devrait s’accélérer avec les baisses de taux des banques centrales.
Jeremy Fasquelle :
Cela fait effectivement de nombreuses raisons d’investir dans les marchés émergents dans l’environnement actuel. Merci beaucoup, Edmund.
Edmund Shing :
Merci, Jeremy.
Jeremy Fasquelle :
Merci à vous d’avoir suivi cette vidéo de BNP Paribas Wealth Management. Pour plus d’informations, n’hésitez pas à consulter notre site internet. À bientôt.