Bouton de retour vers le haut de la page

TRANSCRIPTION TEXTUELLE

Jeremy Fasquelle :

2025 a été une année faste pour les matières premières et pour les marchés boursiers. Cette tendance va-t-elle se poursuivre en 2026 ? On en parle aujourd'hui avec notre Global Chief Investment Officer, Edmund Shing. Bonjour Edmund. Bonjour Jérémy. On va commencer par les matières premières et les métaux précieux. On a vu une ascension forte pour les principaux métaux, comme l'or, l'argent, avec une hausse de 20% en 2025. Vous pensez que cette hausse va se poursuivre en 2026 ?

Edmund Shing :

Oui, mais pas forcément avec la même ampleur comme en 2025. Si on regarde les métaux précieux, l'or est quand même grimpé de plus de 60% en dollars en 2025. Il ne faut pas espérer avoir aussi plus de 60% encore une fois en 2026 pour l'or. Cela dit, nous avons un objectif à 5000 dollars de l’once pour l'or, parce que je pense que les moteurs derrière la bonne performance de l'or en 2025 restent en place pour 2026. C'est-à-dire la demande des banques centrales pour remplacer leurs réserves monétaires en dollars avec de l'or. Cela reste toujours de l'actualité.

Deuxième point, la demande en termes d'investissement, soit par les investisseurs institutionnels, soit par les investisseurs retail. Cela reste aussi bien en place en termes de moteur pour l'or en 2026. C'est pour cela que nous avons notre objectif de 5000 dollars de lance, qui donne un potentiel  de hausse d'à peu près 10%. Quant à l'argent, l'argent est quand même encore mieux performé que l'or en 2025. Plus 130% en dollars, ce qui est même énormissime. Il ne faut surtout pas espérer plus de 130% encore une fois en 2026. Cela dit, la demande industrielle, la demande comme métal monétaire, tous les deux moteurs restent bien en place pour l'argent. Si on parle plutôt de la demande industrielle, c'est l'électrification de l'économie, c'est la demande liée à tout ce qui est technologie, les data centers liés à l'IA qui boostent un peu la demande industrielle pour l'argent. Et en plus, les panneaux solaires qui envoient encore une augmentation de production mondiale, qui consomment encore plus d'argent, à peu près 26% de toute la demande industrielle pour l'argent aujourd'hui. Donc, nous avons aussi un potentiel de hausse modérées pour l'argent en tête pour 2026.

Jeremy Fasquelle :

D'accord pour les métaux précieux. Parlons maintenant des métaux stratégiques et en particulier du cuivre. Le cuivre a battu des records aussi en 2025 avec une hausse en décembre à 11 000 $ la tonne. En janvier, on est même monté jusqu'à 13 000. Est-ce que vous pensez aussi que cette tendance va se poursuivre en 2026 ?

Edmund Shing :

Encore une fois, c'est comme avec les métaux précieux, le cuivre a été très bien performé en 2025 avec une hausse de 40% en dollars pendant tout le long de l'année, qui est quand même exceptionnel. Nous tablons sur une hausse continue en 2026 pour le cuivre parce qu'enfin, comme pour les métaux précieux, la demande va rester à la hausse. Nous tablons sur une augmentation de la demande en 2026 pour le cuivre dû à l'électrification d'économie, la consommation par les véhicules électriques. C'est une vague d'investissement dans l'IA, dans les data centers, qui va booster la demande pour les câblages en cuivre. Donc, même à 13 000 $ de tonne, je pense qu'il y a quand même un potentiel d'hause parce qu'à 13 000 $ de tonne, le prix n'est pas suffisamment haut pour persuader les producteurs de cuivre d'ouvrir des nouvelles mines. Donc, effectivement, l'offre va rester limitée, même si la demande remonte encore plus. Et donc, normalement, les prix doivent suivre la demande à la hausse.

Jeremy Fasquelle :

Et on va surveiller l'évolution du cuivre cette année en 2026. Est-ce qu'il y aurait d'autres métaux sur lesquels miser en 2026 ?

Edmund Shing :

Oui, si on regarde les autres métaux stratégiques, les métaux industriels, nous sommes très optimistes sur l'avenir de plusieurs métaux qui ont déjà pas mal performé en 2025. Tout d'abord l'aluminium parce qu'on peut substituer l'aluminium pour le cuivre dans plusieurs utilisations liées à l'électrification de l'économie. Et l'aluminium est quand même bien moins cher que le cuivre, autour de 3 000 $ de tonne au lieu de 13 000 $ de tonne. Donc, où on peut utiliser l'aluminium à la place de cuivre, effectivement, c'est moins cher, c'est plus efficace. Mais aussi l'étain, parce que dans tout ce qui est électrique, électronique, tout ce qui est produit, tout ce qui est data center, on a effectivement l'étain est quand même un produit essentiel comme soudre. Et la demande reste, effectivement, la demande est toujours en train d'augmenter. L'offre globale reste très, très limitée. Donc, en fin de compte, le prix d'étain doit aussi monter dans le temps. Et enfin, si on parle de nickel, nickel c'est quand même un métal intéressant parce que c'est un des seuls matériaux stratégiques qui restait dans un marché baissier en 2025, même si le prix du cuivre et le prix d'aluminium étaient en train de monter. Pourquoi ? Parce qu'il y avait une surproduction, un surstockage de nickel dans le marché global. Je pense qu'on arrive à la fin de ce surstockage de nickel. La demande est toujours croissante à cause de la demande en provenance des batteries industrielles. Et enfin, on a vu quand même le prix du nickel qui était en hausse de 10% le mois de décembre parce qu'effectivement, le surstockage est arrivé à la fin. Donc, nous sommes aussi optimistes quant à l'avenir du nickel en 2026 parce que nous pensons que la demande pour les batteries industrielles, pour les batteries d'un véhicule électrique va augmenter encore plus en 2026.

Jeremy Fasquelle :

Et cela fait beaucoup de métaux qui risquent de briller en 2026. Si on devait parler des marchés actions, l'année 2025 a été aussi une année très positive pour l'ensemble des marchés mondiaux avec des hausses portées par les valeurs technologiques, les segments de croissance. Vous avez largement évoqué le fait qu'on pourrait assister à une rotation sectorielle vers d'autres secteurs, vers le segment « value ». Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?

Edmund Shing :

Voilà, effectivement, le secteur technologique et les marchés actions US sont quand même surperformés depuis très longtemps, jusqu'au début 2025. En 2025, on a vu une rotation sectorielle vers les secteurs plutôt value cycliques comme les finances, les financiers, les mines et les boîtes industrielles. Je pense que cette tendance, ce renversement de tendance va se poursuivre encore une fois en 2026 en faveur de ces secteurs financiers, par exemple les banques. On observe un momentum fondamental très positif en termes de croissance des bénéfices par action et aussi en croissance en termes de dividendes versés aux actionnaires. Pour les mines, bien sûr, la hausse de prix des matières premières aide énormément à la rentabilité des producteurs de ces matières premières, donc effectivement le secteur des mines. Et enfin, si on regarde les boîtes industrielles, ils doivent profiter du rebond de la production industrielle lié à cette vague d'investissements massifs dans tout ce qui est lié à l'IA et des data centers. Donc effectivement, pour les trois secteurs, les fondamentaux restent très positifs. Donc nous tablons toujours sur une surperformance de ces trois secteurs que nous aimons beaucoup en 2026.

Jeremy Fasquelle :

Un segment « value » qui peut être porteur en 2026. Et si on devait parler maintenant des régions, est-ce que vous auriez des zones que vous privilégieriez en 2026 ?

Edmund Shing :

Oui, nous avons une préférence pour le monde ex-US qui a bien surperformé en 2025, qui va à notre avis surperformer encore une fois en 2026. Ça veut dire les pays émergents, notamment la Chine, Corée du Sud, Taïwan et surtout l'Amérique latine parce qu'il y a des fortes expositions en matière première où on est très positif. Deuxième point, l'Europe, surtout les secteurs privilégiés comme les banques, la pharma, mais aussi bien sûr les sociétés industrielles et enfin le Royaume-Uni. Pourquoi le Royaume-Uni ? Parce qu'encore une fois, si on avait l'indice FOT600, l'indice phare au Royaume-Uni, on vient de franchir la barrière des 10 000 points pour la première fois. Et si on avait la composition de FOT600, on est quand même composé principalement des sociétés des mines, pharma et banques, les trois secteurs qu'on aime beaucoup. Donc c'est un marché qui reste assez peu cher encore en 2026. Donc pour 2026, effectivement, pays émergents, l'Europe, le Royaume-Uni.

Jeremy Fasquelle :

Cela fait beaucoup d'opportunités en 2026 sur les marchés actions et sur les marchés des matières premières. Edmund, merci beaucoup et merci à notre public d'avoir suivi ce podcast. Pour plus d'informations, consultez notre site web ou contactez votre banquier privé. A bientôt !

Transcription Podcast - Notre stratégie d'investissement pour janvier 2026