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Transcription Podcast

Jeremy Fasquelle :

Bonjour et bienvenue dans ce podcast hebdomadaire de BNP Paribas Wealth Management. Et aujourd'hui, je suis accompagné d'Edmund Shing, Global Chief Investment Officer, qui nous dévoile sa stratégie d'investissement pour le mois de juin 2026. Bonjour Edmund.

Edmund Shing :

Bonjour Jeremy.

Jeremy Fasquelle :

Alors Edmund, le mois d'avril et de mai ont marqué une envolée spectaculaire des marchés actions, portée avant tout par le secteur technologique. L'indice Nasdaq progresse désormais de 21% depuis le début de l'année, une performance largement tirée par les fabricants de semi-conducteurs, en hausse de 66%, davantage que par les géants du cloud. L’euphorie autour de l'IA s'étend bien au-delà des États-Unis, contaminant d'autres places technologiques majeures, à l'image de la Corée du Sud, dont le marché progresse de près de 100% depuis janvier. Alors Edmund, la trajectoire quasi exponentielle des valeurs liées au matériel informatique peut-elle se prolonger ? Le risque de correction est-il désormais sous-estimé par les marchés ?

Edmund Shing :

La tendance haussière qu'on a vu ces derniers mois, c'est quand même assez impressionnant, et donc le risque d'une correction des marchés actions est quand même assez important, parce que à mon avis, les investisseurs notamment les investisseurs retail surtout aux États-Unis et en Corée du Sud sont peut-être euphoriques aujourd'hui, et ça porte un niveau de risque élevé à court terme. Néanmoins, la tendance haussière des marchés actions puisse se poursuivre à moyen long terme, même si on accepte qu'on soit dans une bulle d'investissement autour de l'IA. C'est notre expérience des années 2000 avec la bulle dot-com. Ça peut continuer plus longtemps que personne ne pense, et donc c'est pour ça qu’aujourd’hui nous restons neutres sur le classique action, parce que oui, on a des risques à court terme d'un côté, mais de l'autre côté, la tendance haussière pourrait rester en place plus longtemps qu'on pense.

Jeremy Fasquelle :

Avec l'annonce par Google d'une levée de 80 milliards de dollars destinée à financer ses investissements dans l'IA, quel équilibre se dessine pour les hyperscalers et plus largement pour l’écosystèmes tech ?

Edmund Shing :

La question de base, c'est que comment financer cet investissement massif dans les centres de données et dans l'IA ? Pour l'instant, les estimés sont plus de 740 milliards de dollars d'investissement cette année par les quatre sociétés hyperscalers, c'est-à-dire Microsoft, Amazon, Meta et Google. Et maintenant, Google commence à offrir des actions supplémentaires. Jusqu'à maintenant, nous avions supposé que ces quatre hyperscalers allaient quand même financer leurs investissements avec leur free cash-flow, mais en plus avec des émissions d'obligations. Mais je pense que peut-être Google a réalisé que même avec ces émissions géantes d'obligations, ça ne suffisait pas pour investir tous ses investissements pour cette année, et donc ils ont décidé quand même d’émettre encore en plus des actions pour financer ces investissements. La question de base à moyen long terme, c'est la rentabilité ultime de ces investissements massifs pour les sociétés hyperscalers. Pour l'instant, le marché estime que la rentabilité va arriver, mais pour moi, je pense qu’il y a une question en termes de concurrence. Pour moi, tout le monde ne peut pas être gagnant dans ce nouveau monde de l'IA. Donc, on va avoir les gagnants, mais aussi les perdants. Le problème, c'est que pour l'instant, avec ces investissements massifs, tout le monde en fait. Nous ne savons pas qui vont être les gagnants, qui vont être les perdants. Donc, on investit dans tout le monde, mais je pense que pour le secteur hardware, c'est une très bonne chose à court terme parce que la demande est quand même encore plus forte que prévu avant. Mais à long terme, la question de rentabilité ultime du secteur se pose.

Jeremy Fasquelle :

Quelle stratégie adopter pour les investisseurs exposés au S&P 500, au Nasdaq, au marché émergent ou aux valeurs technologiques ?

Edmund Shing :

Je pense que la stratégie de base, c'est de rester investi pour l'instant, mais de monitorer les niveaux et d'adopter une stratégie de suivi des tendances. Dès que la tendance reste une tendance haussière, on reste investi, mais dès qu'on commence à voir une correction importante dans ces indices, notamment mené par la Nasdaq100, vu le poids très important du secteur tech dans la Nasdaq, quand la Nasdaq commence à corriger à la baisse, peut-être à ce moment-là, il faut commencer à vendre les actions ou l'exposition au S&P Nasdaq et même MSI émergents markets pour diversifier dans les autres classes d'actifs ou même les autres régions, par exemple l'Europe. Mais pour l'instant, notre conseil est de rester investi et attendre le moment que la tendance haussière se termine.

Jeremy Fasquelle :

Le secteur technologique européen n’échappe pas à cette dynamique, affichant une hausse de 28 % depuis le début de l'année. Où subsistent encore des opportunités de valorisation attractives ?

Edmund Shing :

Oui, ça devient difficile dans le secteur technologique vu l'envolée du secteur tech aux États-Unis, en Europe, en Corée du Sud et même Taiwan. Qu'est-ce qui reste ? La Chine. C'est notable que le seul secteur technologique qui n'a pas bien réagi, bien performé cette année, c'est quand même le secteur technologique en Chine, notamment les géants d'internet comme Alibaba, Tencent et Pinduoduo. Pour vous donner un exemple, Pinduoduo, c'est une société qui est le propriétaire des ventes en ligne Temu. Pinduoduo, aujourd'hui, ils ont quand même 50 % de leur capital hier en liquidité. La société est très peu chère. Bien sûr, il y a des bonnes raisons. Tout le monde se pose la question : est-ce qu'ils peuvent continuer à faire la croissance en Chine au moment que le consommateur et le ménage sont sous pression ? Bonne question. Mais pour moi, si on prend l'exemple de Pinduoduo, ils investissent beaucoup à l'étranger, donc la croissance peut être trouvée à l'étranger pour Temu. Et donc pour moi, c'est un secteur technologique qui reste sous-exposé, qui est surperforme pour l'instant, mais où il y a beaucoup de potentiel.

Jeremy Fasquelle :

Quels sont les trois grands axes d'investissement permettant de capter la dynamique structurelle liée à l'essor de l'intelligence artificielle ?

 Edmund Shing :

Bon, pour l'instant, nous ciblons trois sous-thèmes liés à l'intelligence artificielle. Le premier thème, c'est bien sûr les watts, l'électricité. Donc effectivement, la génération et transmission d'électricité, parce que les centres de données sont très gros en électricité, soit en Asie, soit en Europe, soit aux États-Unis. Donc il faut quand même faire une expansion, un investissement massif dans notre génération et transmission d'électricité dans toutes les trois régions. Donc pour moi, ça c'est la première chose, l'infrastructure liée à l'électricité. Deuxième idée, c'est la cybersécurité, parce que dans ce monde de l'IA, ce qui devient de plus en plus important, ce sont les données, les données dans les sociétés ou les données personnelles. Et pour protéger ces données, il faut investir de plus en plus dans la cybersécurité. Donc notre deuxième thème sous-thématique lié à l'intelligence artificielle, c'est quand même bien la cybersécurité. Et la troisième idée, c'est d'investir dans les matières physiques qu'il faut pour construire les centres de données. Il en faut beaucoup de cuivre, des matériaux pierres rares et de l'aluminium. Donc nous avons aussi un investissement important dans la production de ces matières industrielles, parce que sans ces matières industrielles, il n'y a pas de technologie.

Jeremy Fasquelle :

Edmund, merci beaucoup.

Edmund Shing :

Merci Jeremy.

Jeremy Fasquelle :

Et merci à notre public d'avoir écouté ce podcast. Pour plus d'informations, consultez notre site web. À bientôt.

Transcription podcast - Notre stratégie d'investissement juin 2026