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Transcription Podcast

Jeremy Fasquelle

Bonjour à tous et bienvenue dans ce podcast hebdomadaire de BNP Paribas Wealth Management. Je suis Jeremy Fasquelle et aujourd’hui, nous nous intéressons aux perspectives de l’économie mondiale, à la lumière des dernières prévisions publiées par le FMI dans son dernier rapport sur l’économie mondiale.

Pour en parler, je reçois Guy Ertz, Deputy Global Chief Investment Officer. Bonjour Guy et merci d’être avec nous.

Guy Ertz

Bonjour.

Jeremy Fasquelle

Alors Guy, commençons par la croissance et les perspectives sur la croissance. Quels sont aujourd’hui les principaux moteurs de la résilience de l’économie mondiale et comment les perspectives du FMI se comparent-elles à nos propres prévisions ?

Guy Ertz

Oui, effectivement, le mot-clé ici, c’est donc « résilience ». On a des économies qui, finalement, se maintiennent à des niveaux de croissance assez élevés. On devrait même voir une amélioration en 2027 pour pas mal de pays.

On a effectivement la consommation qui continue à soutenir la croissance, avec des taux de chômage relativement faibles. Mais ce qui pousse vraiment la croissance, au-delà même des niveaux des années précédentes, c’est la croissance de l’investissement, l’investissement des entreprises en particulier, et évidemment l’IA d’un côté, et même plus aux États-Unis.

Alors qu’en Europe, on a aussi toute une dimension d’investissement en infrastructures, infrastructures traditionnelles, infrastructures liées à l’électrification et, évidemment aussi, les dépenses dans le domaine de la défense.

Donc ça, ce sont vraiment les moteurs de la croissance. Le concept de résilience est aussi un concept que le FMI met en avant. Il reste aussi avec une vue globalement positive. On a, nous, de notre côté, pour certains pays, une vue même légèrement plus positive encore quand on prend les taux de croissance.

Jeremy Fasquelle

Donc, la croissance devrait résister, avec une vision plus optimiste de votre côté sur certains pays.

Et si on parlait maintenant de l’inflation : pourquoi les perspectives restent-elles aussi complexes et quel rôle joue aujourd’hui l’intelligence artificielle dans cette dynamique ?

Guy Ertz

Alors, la complexité est avant tout dans le domaine de l’horizon de temps. Sur un horizon plus court, l’IA, quelque part, contribue quand même à une certaine inflation, une accélération de l’inflation, parce que l’IA, évidemment, crée aussi pas mal de demande et notamment, parfois, des demandes excédentaires dans certains domaines, notamment dans le domaine des semi-conducteurs, dans le domaine de l’énergie.

Donc ça peut contribuer à court terme, voire mener à plus d’inflation. Mais on estime que, sur un horizon plus long, au-delà d’un à deux ans, on devrait voir effectivement plutôt ce qu’on appelle un choc d’offre positif. C’est-à-dire qu’avec un effet de productivité, on devrait voir aussi plutôt des pressions inflationnistes en baisse et donc plutôt une contribution à une inflation plus faible sur un horizon plus long.

Et effectivement, on a ce sujet aussi qui revient dans le document, dans les publications du FMI. La tendance générale serait de voir effectivement une inflation qui serait probablement proche d’un pic dans les prochains mois cette année et, l’année prochaine, on verra une inflation quelque peu en baisse.

Notamment, le FMI voit l’inflation globale au niveau mondial passer de 4,7 % en 2026 à 4,1 % en 2027. Effectivement, une baisse attendue l’année prochaine.

Jeremy Fasquelle

C’est ainsi le paradoxe : l’IA pourrait contribuer à réduire l’inflation à long terme, tout en alimentant quelques pressions à la hausse sur les prix aujourd’hui.

Et si on passe maintenant aux principaux risques, au-delà des tensions géopolitiques, quels seraient les principaux risques à surveiller ?

Guy Ertz

Alors ici aussi, c’est important de distinguer l’horizon de temps. Sur un horizon de trois à six mois, probablement les risques principaux sont liés à la géopolitique.

Donc on a effectivement toute cette dimension de tensions géopolitiques, de prix de l’énergie, pas seulement le pétrole, mais aussi le gaz, qui est particulièrement important pour l’Europe.

Donc ça, c’est un risque qui est toujours présent aujourd’hui. On n’a pas effectivement de scénario où on voit les choses s’envenimer, mais effectivement, la probabilité n’est pas nulle. Donc ça, c’est un facteur de risque plutôt sur les prochains mois.

À un horizon un peu plus long, je dirais un horizon au-delà d’un an, là, effectivement, il faudra surveiller en quoi ce boom d’investissement lié à l’IA peut mener à des excès, peut mener à des surcapacités et donc, éventuellement aussi, à des corrections de prix, des corrections éventuellement même sur les marchés financiers.

Et on a un autre facteur de risque plutôt à moyen terme, qui est l’endettement des pays. On a effectivement certains pays qui ont aujourd’hui une dette relativement élevée et aussi des déficits croissants. Donc ça, c’est aussi quelque chose qu’on doit surveiller. Mais, encore une fois, c’est plutôt un facteur de risque sur un horizon au-delà d’un an.

Jeremy Fasquelle

Les investissements dans l’IA, la soutenabilité des dettes publiques, les marchés énergétiques : ce sont donc trois sujets particulièrement importants à surveiller.

Et pour terminer, intéressons-nous aux banques centrales et aux marchés obligataires. Quelles sont les conséquences de cet environnement sur nos prévisions de taux directeurs et de rendements des obligations d’État ?

Guy Ertz

Alors, c’est intéressant de voir que les marchés financiers avaient des anticipations, jusqu’il y a peu, de hausses assez fortes côté banques centrales pour les taux directeurs. Les anticipations sont quelque peu revenues à la baisse, révisées à la baisse, plus proches de notre vue, parce que nous, on a une vue plutôt un peu plus modérée en termes de hausses de taux.

Nous, on n’attend qu’une hausse de taux côté BCE en décembre, deux hausses de taux aux États-Unis en décembre et en janvier, et, dans les deux cas, suivies d’une période d’attente et probablement pas d’autres mouvements de hausse l’année prochaine. Le marché est revenu aussi relativement proche maintenant de cette vue.

Du côté des taux d’intérêt de long terme, donc des rendements obligataires, le rendement à maturité sur les obligations d’État à dix ans, qui sont quelque part la référence dans le marché, on a vu un pic récemment pour l’Allemagne autour de 3,60 %. On est revenu vers les 3,40 % et on pense qu’au cours des douze prochains mois, on verra même cette hausse de rendement sur l’obligation allemande à dix ans, l’obligation souveraine, revenir vers les 3 %.

Donc on verra une baisse progressive de ce taux. Ce sera peut-être plus concentré sur la deuxième moitié de cet horizon d’un an, mais on devrait voir un retour vers les 3 %.

C’est un environnement donc plutôt porteur, plutôt positif. On aime bien les obligations de la zone euro, non seulement souveraines, mais aussi les obligations d’entreprises de qualité.

C’est très proche comme scénario aussi côté UK. Les taux sont plus élevés, mais, en tout cas, la trajectoire et donc la dynamique devraient être similaires. Donc on aime bien aussi les titres d’État, les obligations souveraines et les obligations d’entreprises de qualité au UK.

Aux États-Unis, c’est un petit peu plus délicat. On pense qu’on pourrait encore aller plus haut à court terme, notamment sur le rendement à maturité de l’obligation à dix ans. On pourrait aller toucher les 5,50 %, ce qui serait plus élevé qu’aujourd’hui.

Donc il est probablement encore un peu tôt pour revenir sur des obligations américaines. On regarde ça de près, mais c’est probablement trop tôt, et on se concentre sur la zone euro et le UK, sur les obligations souveraines et les obligations d’entreprises de qualité.

Jeremy Fasquelle

Merci beaucoup Guy, et merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés.

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Merci de votre écoute et à très bientôt.

Guy Ertz

Merci.

Transcription podcast - Perspectives économiques : la résilience au premier plan