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Transcription Podcast

[Jeremy Fasquelle] : Bonjour et bienvenue dans ce podcast hebdomadaire de BNP Paribas Wealth Management. Je suis aujourd'hui accompagné d'Edmund Shing qui va nous parler du marché obligataire et des rendements qui sont aujourd'hui très élevés.

 

[Edmund Shing] : Aujourd'hui, les taux d'intérêt sont historiquement hauts. Faut-il acheter les marchés obligataires aujourd'hui ou pas ? Notre réponse : oui, mais de manière sélective.

 

Est-ce qu'on est dans une zone d'achat aujourd'hui dans les marchés obligataires ? C'est la question que se posent les investisseurs.

 

Tout d'abord, le contexte. Le contexte est très simple. Les taux longs ont monté partout depuis le début de l'année, en Europe, aux États-Unis et même au Japon. Le taux à 30 ans aux États-Unis a touché 5,3 % récemment, pour la première fois depuis quasiment 20 ans. Au Japon, le taux à 30 ans atteint un niveau que l'on n'avait pas vu depuis 30 ans. Même en Europe, les taux à 10 ans en France et en Italie dépassent 4 % pour la première fois depuis 2012, pendant la crise de la zone euro.

 

La raison est-elle une inflation inattendue ? Aujourd'hui, ce n'est pas du tout le cas. Le taux d'inflation sous-jacente en Europe reste proche de l'objectif de 2 % de la BCE. Aux États-Unis, l'inflation sous-jacente reste plus élevée, à 3,3 %, mais elle demeure relativement stable ces derniers mois. Nous n'avons donc pas assisté à une forte remontée de l'inflation depuis le début de l'année.

 

Alors pourquoi les taux longs remontent-ils aussi rapidement ? La réponse réside dans les taux réels, c'est-à-dire le rendement que les investisseurs exigent pour acheter des obligations souveraines. Plus le risque perçu est élevé, plus le rendement demandé est important. Et c'est précisément ce qui a changé depuis le début de l'année. C'est aussi la raison pour laquelle les marchés obligataires ont affiché des performances limitées depuis le début de l'année.

 

La question est donc la suivante : avec des taux longs aussi élevés, est-ce une bonne opportunité d'achat ? Notre réponse est oui, mais de façon sélective.

 

Si l'on commence par les États-Unis, nous estimons que ce n'est pas encore le moment. Nous restons neutres sur les obligations souveraines américaines. Pourquoi ? Parce que nous anticipons encore un volume important d'émissions obligataires. D'un côté, le gouvernement américain doit refinancer une part importante de sa dette. De l'autre, les grandes entreprises technologiques comme Oracle, Meta, Google ou Amazon continuent d'émettre des obligations pour financer leurs investissements massifs dans l'intelligence artificielle et les centres de données.

 

Nous demandons donc aux investisseurs d'absorber un volume considérable de nouvelles émissions. Pour y parvenir, ils exigent des rendements plus élevés. Et ce phénomène n'est pas terminé : ces émissions devraient rester importantes jusqu'en 2027. Pour l'instant, nous restons donc neutres sur les obligations américaines.

 

En Europe, en revanche, nous sommes plus positifs, notamment sur les obligations souveraines de cœur de zone euro, comme celles de l'Allemagne ou des Pays-Bas. Les taux longs y ont retrouvé des niveaux que nous n'avions plus observés depuis 2011-2012. Dans le même temps, l'inflation reste stable et pourrait même diminuer dans les prochains mois. Nous ne voyons donc pas de pression inflationniste particulière.

 

Par ailleurs, la croissance économique demeure modérée sans accélérer excessivement, mais elle reste légèrement meilleure que prévu. Cela crée un environnement relativement favorable pour les investisseurs obligataires.

 

Enfin, nous apprécions également les obligations d'entreprises européennes. Avec un rendement d'environ 4 % sur des émetteurs de bonne qualité, nous considérons que ces niveaux constituent un point d'entrée intéressant.

 

En conclusion, faut-il acheter des obligations aujourd'hui alors que les taux longs sont historiquement élevés ? Notre réponse est oui, mais principalement en Europe et pas encore aux États-Unis. Nous privilégions également les obligations d'entreprises européennes.

 

Merci de votre attention et je vous donne rendez-vous le mois prochain.

 

[Jeremy Fasquelle] : Au revoir.

Transcription podcast - Notre stratégie d'investissement pour septembre 2026