Entretien avec un philanthrope :

Philippe Poncin

La fondation Alpes Sauvages a été créée en 2021 à l’initiative de Philippe Poncin. Au terme d’une carrière de chef d’entreprise dans l’industrie, il était désireux de consacrer son temps et ses moyens à un sujet qui lui tient à cœur : la protection de la biodiversité alpine.

1. Quelle a été votre motivation pour vous lancer dans cette aventure philanthropique ?

Passionné depuis l’enfance par le monde sauvage, j’ai eu la chance de pouvoir le parcourir et j’en ai reçu beaucoup de joie. Mes loisirs m’ont amené à explorer en ski, randonnée, alpinisme, kayak ou plongée des lieux encore presque vierges de l’Arctique à Antarctique, dans les grands massifs de la planète et dans ses océans. Quel émerveillement devant le foisonnement du vivant libre et sauvage dans ces rares milieux encore peu touchés par l’homme !

Alors quand est arrivé le moment de la retraite et de la transmission de mon entreprise, il a été tout naturel de vouloir rendre un peu à la planète avec des fonds issus de cette cession. Né et travaillant à Grenoble dans nos Alpes riches d’écosystèmes uniques mais très menacés, j’ai choisi de m’investir auprès des associations de protection de la nature sur ce territoire, en coopération avec les autres acteurs du monde de la recherche, de l’élevage, les institutions publiques et privées.

2. Pourriez-vous nous en dire davantage sur votre engagement philanthropique, les actions que vous soutenez et l’avenir de votre fondation ?

La fondation Alpes Sauvages est encore jeune avec 3 ans d’activité. Nous soutenons 12 associations avec un montant distribué de 2.4M€ dans des projets traitant de protection d’écosystèmes, d’espèces menacées, de cohabitation élevage- loup et encore des travaux de recherche sur la biodiversité alpine. On y retrouve les loups, bouquetins, lagopèdes, collemboles et libellules et aussi des mares, des réserves de vie sauvage et des espaces de réensauvagement.

En 2025, nous avons revu notre stratégie pour désormais privilégier les alliances d’associations pour des projets plus ambitieux, en y dédiant des moyens importants et un financement plus long, sur sept ans. Nous invitons les associations à coopérer pour qu’elles définissent elles-mêmes les sujets qui apparaissent collectivement les plus impactants.

3. Pouvez-vous nous partager ce que cette aventure philanthropique vous apporte ?

Pour commencer, on lit souvent que donner rend heureux et c’est absolument vrai pour moi.

Ensuite et peut-être le plus gratifiant, c’est la découverte de personnes remarquables très investies et pour beaucoup bénévoles, au service de la biodiversité qui souffre beaucoup. Ce sont mes super-héros !

Il y a aussi la découverte du métier de mécène et l’acquisition de compétences sur l’environnement alpin. Apprendre à tout âge et entretenir ses neurones vieillissants…

Immersion encore dans le monde associatif si différent de celui de l’entreprise, mais avec aussi des points communs : il nous faut une vision, une stratégie, des politiques et des projets que l’on veut efficaces. Mon nouveau bureau est désormais dehors en montagne, un vrai progrès !

4. Quel conseil donneriez-vous aux personnes qui envisagent des projets similaires ?

Il y a quelques préalables : s’expliquer en famille puisque les sommes données sortent de l’héritage et que l’aventure philanthropique peut aussi impliquer plusieurs générations au service de la générosité. Bien s’entourer en amont — notaire, fiscalistes, banques, fondations abritantes — pour les choix de structuration de votre action philanthropique.

Ensuite allez-y sans hésiter, vous serez surpris par la satisfaction que vous allez retirer en vous impliquant dans une cause que vous valorisez. Vous trouverez ensuite toute l’assistance utile à votre projet dans le petit monde de la philanthropie, et bien sûr auprès du conseil en philanthropie de BNP Paribas Banque Privée.

5. Comment l’équipe de conseil en philanthropie vous a-t-elle accompagnée ?

J’ai été très satisfait par l’accompagnement philanthropique de BNP Paribas qui s’est fait en même temps que le volet juridique et fiscal de la transmission de l’entreprise. Ce sont des moments de forte tension compte tenu des enjeux multiples et des complexités de ce type d’opération. En attirant mon attention sur les opportunités philanthropiques avec leurs différentes options, j’ai pu faire mes choix et les intégrer dans les opérations de transmission de l’entreprise. J’ai beaucoup apprécié que ce conseil arrive avant la cession car il a permis de bénéficier d’une fiscalité plus favorable au bénéfice de ma fondation, et ainsi d’y allouer un montant plus important qu’initialement prévu. L’accompagnement va aussi au-delà de la création d’une structure philanthropique, avec par exemple l’invitation à des conférences du secteur ou des mises en réseaux avec des pairs philanthropiques.