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#STRATÉGIE D'INVESTISSEMENT — 17.10.2023

Focus actions : octobre 2023

Pause et rotation sectorielle sur les marchés

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En résumé : prendre des bénéfices sur les valeurs technologiques de méga-caps américaines

 

Points clés

 

Vents porteurs saisonniers : on retrouve une saisonnalité favorable car historiquement les rendements au T4 sont supérieurs pour les actions.

Les taux élevés pèsent sur les valorisations : les investisseurs semblent de plus en plus inquiets de voir les statistiques économiques contraindre la Fed à continuer de relever ses taux, ou du moins à ne pas les abaisser de sitôt par rapport à ses niveaux élevés actuels. La hausse des rendements qui en résulte exerce une pression sur les ratios cours/bénéfices tout en maintenant les spreads de crédit globalement inchangés.

Rappel du passé : les valorisations et les prévisions de bénéfices des 7 actions vedettes (« Mag nificent Seven ») restent extrêmement optimistes pour les prochaines années qui n’est pas sans rappeler la bulle spéculative du marché actions Tech Media Telecom de 2000. Rappelons qu'il a fallu plus de deux décennies aux « FAANG » pour récupérer leurs pertes.

Décorrélation BPA/Prix: au cours des deux dernières années, les actions européennes ont sensiblement surperformé leurs homologues américaines en termes de BPA mais pas en terme de  performance relative des cours. Cela pourrait évoluer en raison du sentiment économique tant en Europe qu’aux Etats-Unis.

Sur une base régionale, nous maintenons notre positionnement positif sur les actions mondiales, privilégiant la zone euro, le Royaume-Uni, le Japon et l'Amérique latine.

 

Principales recommandations

 

Les valeurs énergétiques offrent toujours un potentiel de rattrapage. Le prix du pétrole a augmenté de près de 40 % depuis début juillet ce qui n’a pas été complètement le cas pour les valeurs énergétiques. Gardez à l'esprit que les prévisions du consensus relatives au prix du pétrole restent inférieures aux niveaux actuels, augmentant ainsi la possibilité d'une révision à la hausse des BPA pour les actions pétrolières. Nous pensons donc que le secteur recèle encore un potentiel haussier.

Rester diversifié, y compris au sein de certaines valeurs cycliques bon marché et solides (énergie, finance européenne).

Côté pays, le Japon, l'Europe et l'Amérique Latine apparaissent plus attractifs que les US.

Faites preuve de prudence et de sélectivité dans les segments onéreux tels que les biens de consommation de base, certaines grandes capitalisations technologiques américaines et certains biens de consommation cycliques : le pouvoir de fixation des prix diminue et les bénéfices d'exploitation sont mis à rude épreuve par la hausse des coûts. Certains ratios cours/bénéfice très élevés sont difficiles à justifier.

Les principaux risques sont que la Réserve fédérale américaine ou la BCE puissent relever leurs taux d'intérêt plus que prévu, déclenchant un ralentissement économique plus marqué, voire même une récession. La liquidité devrait baisser au cours des prochains mois, notamment aux États-Unis.

 

Perspectives des actions

Nous souhaitons également rappeler aux investisseurs les leçons du passé. Les valorisations et les prévisions de bénéfices des méga-caps technologiques américaines demeurent extrêmement optimistes pour les prochaines années. Ceci n’est pas sans nous rappeler la bulle spéculative du marché d’actions Tech Media Telecom à partir de 1999-2000 où l’engouement autour de l’Internet et au Bug de l’an 2000 ont conduit les méga-caps technologiques de l’époque tels que Microsoft, Cisco, Intel, NTT et Nokia à des niveaux record. En 15 mois seulement, jusqu’à mars 2000, chacun de ces titres a bondi en moyenne de +160 %.

Aujourd'hui, les actions FAANG ont progressé de 200 % entre mars 2020 et novembre 2021 grâce à l’essor du télétravail. Ces valeurs ont ensuite atteint un pic à la mi-juillet 2023 grâce à l'engouement pour l'intelligence artificielle. Mais, leurs cours ont depuis commencé à s'effriter. L'expérience de l'éclatement de la bulle internet rappel qu’il convient de ne pas rester investi trop long dans ces actions technologiques portées par des effets de bulle. Pour mémoire, après le pic des valeurs technologiques en mars 2000, ces méga-caps du secteur des TMT n’ont retrouvé leur niveau de mars 2000 au début de l'année 2020, soit 20 ans plus tard.

Nous restons investis à long terme dans les actions. Mais, pour le moment, nous préférons éviter ou tout au moins réduire l'exposition aux valeurs technologiques potentiellement pour éviter de voir se répéter l’expérience post-2000. Compte tenu du poids des FAANG dans l’indice global, le potentiel de surperformance de l’indice l'indice nous semble également limité. Nous nous attendons plutôt à une surperformance de la part des segments du marché sous-détenu, avec davantage de rotations sectorielles. On peut s’intéresser également aux actions européennes et japonaises. Nous vous invitons à découvrir nos vues plus en détail en téléchargeant le document.

 

Énergie : toujours bon marché par rapport aux prévisions de demande à long terme

L'énergie (+) a sous-performé l'ensemble du marché ainsi que les prix du pétrole en 2023. Depuis juin, le Brent a gagné environ 20 %, contre seulement 8 % pour le SXEP. Nous pensons que les valeurs énergétiques offrent des perspectives intéressantes à long terme compte tenu de l'optimisme suscité par la dynamique de l'offre et de la demande de pétrole. Nos principaux moteurs sont les suivants : I) des taux plus élevés pendant plus longtemps réduisent les flux de capitaux vers de nouveaux projets et/ou des investissements d'entretien ; II) dans la mesure où les entreprises redistribuent plus de liquidités à leurs actionnaires via des rachats d'actions, le coût des capitaux propres augmente, d'où une hausse des points morts d'inflation. Cela fait grimper le coût marginal du pétrole ; iv) les pressions institutionnelles et politiques conduisent à une accélération de la transition au détriment des combustibles fossiles ; et iv) la demande pourrait ne pas diminuer aussi rapidement que prévu puisque la population mondiale devrait croître d'environ 600 millions d'ici 2030. La majeure partie de cette croissance concernera des régions qui restent fortement dépendantes des combustibles fossiles et dont la décarbonation est peu probable dans un avenir proche. Ainsi, nous voyons un alignement des planètes favorable pendant une période prolongée de marges solides pour les sociétés énergétiques en raison de déséquilibres croissants entre l'offre et la demande.

Assurance : champions mal notés

En moyenne, ces entreprises bénéficient d'un pouvoir de fixation des prix supérieur à la moyenne, ce qui leur permet de verser des dividendes croissants. Par conséquent, le secteur européen de l'assurance a été le plus performant au cours des 12 dernières années en Europe. Aujourd'hui, le secteur offre un rendement du dividende de 6 %, avec des rachats d'actions supplémentaires d'environ 1 % ce qui le rend attractif en terme de revenus par rapport au marché européen. La prime du secteur comparée au rendement du dividende de l'ensemble du marché européen est actuellement de 2 % , un écart-type au-dessus des niveaux moyens de la dernière décennie et ce malgré la récente hausse des rendements sans risque. L’assurance bénéficie même de la hausse des taux car certains produits sont plus attractifs pour les clients. 

Notre vision sur les actions asiatiques

•Les actions asiatiques ont corrigé en septembre, dans la lignée des marchés mondiaux. Les marchés sont restés nerveux car la lutte des banques centrales contre l’inflation laisse présager des taux d’intérêt à des niveaux élevés pendant une période prolongée et des cours du pétrole plus élevés

•Les actions de Hong Kong et de Chine sont restées décevantes sur fond d'envolée des rendements américains et du dollar à la suite d'une réunion relativement offensive de la Fed et de craintes persistantes à l'égard de la croissance intérieure chinoise. 

•Nous avons observé une certaine stabilisation des statistiques économiques en Chine. Toutefois, le sentiment du marché reste très négatif. Nous anticipons toujours de nouvelles mesures d'assouplissement ciblées. L'automobile, les biens de consommation durables, la technologie et le tourisme sont des bénéficiaires potentiels.  

 

Allocation sectorielle : maintenir le cap

La hausse des rendements a des conséquences néfastes dans un marché baissier. Nous continuons à privilégier les secteurs   « qualité » et/ou « value »

Des chiffres économiques meilleurs qu'attendus ont entrainé une hausse des taux et un report des futures baisses de taux de la Fed. Cela a ravivé la pression sur les secteurs sensibles aux taux d'intérêt. Elément intéressant, les megacaps technologiques ont été impactés par le contexte de taux, et ont sous-performé en septembre.

- L'été est généralement la période la plus difficile pour les actions. Parmi les secteurs défensifs, nous conservons notre préférence pour la santé. Ce secteur affiche une surperformance à long terme et s'inscrit, entre autres, dans le cadre des thèmes liés à l'innovation, au vieillissement de la population et à l'IA.

- Les investisseurs prudents peuvent se diversifier vers d'autres titres comme l'énergie, les valeurs financières européennes et les services aux collectivités solides qui profitent de la transition énergétique.

- Nous évitons toujours les valeurs technologiques et de consommation onéreuses. Malgré la récente correction, les valorisations restent élevées. En outre, le consommateur est de plus en plus réticent à accepter les fortes hausses des prix à la consommation observées depuis le début de 2022. 

Nos récentes préférences sectorielles ont permis de générer une surperformance par rapport à l'ensemble du marché, en baisse. Nous continuons à privilégier le secteur de l'énergie car nous anticipons une poursuite de la reprise de la demande, tandis que l'offre resterait limitée. L'assurance devient de plus en plus intéressante grâce à des ratios de distribution élevés.

-Le secteur de l'énergie a été le plus performant durant l'été, les cours du pétrole ayant rebondi, passant d'environ 70 USD le baril à environ 90 USD le baril. L'offre de pétrole restera limitée par l'Arabie Saoudite et la Russie. Du côté de la demande, la reprise des voyages, la solidité de l'économie dans de nombreuses régions du monde et le développement du commerce en ligne soutiennent tous les prix du pétrole.

- Les compagnies d'assurance offrent un rendement de distribution de l'ordre de 7 % un écart-type supérieur aux moyennes à long terme, ce qui en fait un secteur de rendement intéressant.

- Dans la mesure où la technologie est chère et qu'elle fait face à de nouveaux enjeux, n'oubliez pas qu'il existe d'autres véhicules pour jouer l' IA, notamment des entreprises des secteurs de la santé, des services aux entreprises, de l'industrie et même certains secteurs financiers et des services aux collectivités qui devraient bénéficier de gains de productivité !

- L'immobilier européen coté se redresse mais reste affecté par les incertitudes sur son refinancement, sa croissance et ses dividendes. 

 

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