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Après trois exercices consécutifs de performance actions hors norme, 2026 s’ouvre sur une inflexion logique. Le débat n’est plus tant de savoir si les marchés peuvent encore progresser, mais plutôt par quels moteurs la performance sera produite dans une phase plus mature du cycle. Les valorisations se sont tendues en 2025, et les signaux macroéconomiques se recomposent, entre désinflation, normalisation monétaire et nouveaux arbitrages budgétaires.
Dans ce contexte, naviguer sur le marché financier requiert davantage qu’une conviction directionnelle. Pour les investisseurs professionnels, investir en 2026 implique d’articuler trois leviers : une exposition au risque plus sélective, une recherche de rendement plus structurée et une allocation thématique mieux assumée. La discipline d’allocation, la diversification et la capacité à lire “au bon niveau” l’actualité financière primeront sur une exposition large et indifférenciée.
1. Perspectives macroéconomiques et de marché
Un début d’année porteur pour l’économie américaine
Les États-Unis pourraient aborder 2026 avec un premier trimestre étonnamment robuste. Les baisses d’impôts mises en œuvre en 2025 ont généré des trop-perçus fiscaux significatifs, qui se traduiront par des remboursements moyens compris entre 1 000 et 2 000 dollars par foyer au premier trimestre 2026. Cette injection directe de liquidité devrait soutenir vigoureusement la consommation domestique, déjà dynamique, et contribuer à faire du premier trimestre le point haut de la croissance annuelle.
À ce stimulus budgétaire s’ajoutent deux facteurs structurants. D’une part, la détente des taux hypothécaires à long terme, passés d’environ 7 % début 2025 à près de 6,3 % en décembre, favorise les transactions immobilières et les dépenses associées au logement. D’autre part, les investissements massifs dans les infrastructures numériques, notamment les datacenters liés à l’intelligence artificielle, continuent d’alimenter la formation de capital.
Dans un contexte de désinflation progressive et de ralentissement des salaires, la Réserve fédérale devrait poursuivre son cycle de baisse des taux. Les marchés anticipent deux nouvelles réductions en 2026, ramenant le taux des Fed Funds autour de 3 % en fin d’année, un environnement globalement favorable aux actifs risqués.
Europe : des soutiens multiples à une reprise graduelle
La trajectoire européenne apparaît plus modérée mais mieux équilibrée. Plusieurs moteurs devraient contribuer à une amélioration progressive de la croissance en 2026. La baisse continue des coûts énergétiques joue un rôle clé, tant pour les ménages que pour les entreprises. Le recul des prix du gaz, du pétrole et de l’électricité se traduit par une inflation plus faible, une hausse du revenu disponible et une amélioration des marges.
La politique monétaire constitue un second levier important. Avec un taux de dépôt de la Banque centrale européenne stabilisé autour de 2 %, les conditions de crédit s’améliorent progressivement, soutenant l’investissement et la consommation. À cela s’ajoute un effet de richesse positif lié à la hausse des marchés actions et à la progression des prix immobiliers dans la zone euro, qui ont augmenté de plus de 5 % sur un an à la mi-2025.
Enfin, les dépenses publiques, notamment en matière de défense et d’infrastructures, devraient commencer à produire leurs effets, en particulier en Allemagne après l’adoption d’un programme budgétaire expansionniste pour 2026. L’ensemble de ces facteurs dessine un scénario de reprise progressive, sans surchauffe.
Un contexte toujours favorable aux actions en début d’année
Les marchés actions mondiaux ont enchaîné trois années remarquables, avec des progressions supérieures à 20 % en 2023 et 2025, et proches de 19 % en 2024. Le rebond observé après la correction d’avril 2025 a confirmé la solidité du cycle en cours, notamment hors États-Unis.
À l’aube de 2026, le risque principal reste celui d’une récession globale, traditionnellement synonyme de marché baissier. Or, les conditions actuelles plaident contre un tel scénario à court terme. Les taux d’intérêt demeurent bas, la croissance bénéficiaire attendue reste solide, les rachats d’actions atteignent des niveaux records et la liquidité mondiale reste abondante.
Toutefois, après la revalorisation significative des multiples en 2025, la performance boursière en 2026 devrait davantage provenir des dividendes et de la croissance des bénéfices par action que d’une nouvelle expansion des valorisations. Le marché entre dans une phase plus exigeante, où la sélection redevient centrale.
2. Les métaux : une conviction toujours haussière
Métaux industriels stratégiques
Les métaux industriels ressortent comme un thème structurel en 2026. Le cuivre, l’étain et l’aluminium bénéficient d’une demande tirée par l’électrification, la production d’électricité et l’IA, dans un contexte d’offre limitée. Le document souligne la performance 2025 des métaux industriels et confirme un optimisme particulier sur le cuivre, avec un objectif de prix à 12 mois relevé à 14 000 USD/tonne et une préférence pour l’exposition via métaux physiques et producteurs de cuivre.
Métaux précieux : spectaculaires, donc tactiquement plus exigeants
Décembre a été marqué par une envolée de l’argent, du platine et du palladium, alimentée par la tension sur les marchés physiques et une demande industrielle soutenue. Le document insiste sur la volatilité extrême et appelle à la prudence de court terme sur certains segments, tout en restant constructif sur le fond. Il revient à une opinion positive sur l’or, avec un objectif à 12 mois relevé à 5 000 USD l’once, et rehausse l’objectif sur l’argent à 80 USD l’once, tout en adoptant une posture tactiquement plus neutre sur l’argent et le platine après les mouvements récents.
3. Obligations : un regain de stabilité, mais un attrait limité
Sur les marchés obligataires, la forte hausse des rendements observée en 2025 semble marquer une pause. La baisse de l’inflation et la poursuite des politiques monétaires accommodantes plaident pour une évolution des taux longs dans une fourchette relativement étroite en 2026.
Les obligations souveraines offrent désormais une visibilité accrue, avec une volatilité en net recul. Toutefois, leur attractivité relative reste limitée. Une approche neutre est privilégiée au niveau global, avec une gestion de la duration prudente et une préférence marquée pour certains segments, notamment les gilts britanniques.
Sur le crédit Investment Grade, les spreads restent proches de leurs plus bas historiques. Dans ce contexte, les opportunités apparaissent davantage de manière tactique, lors des phases de tension ponctuelles, plutôt que dans une logique d’allocation structurelle agressive.
4. Top convictions 2026
Plusieurs convictions structurent l’allocation 2026 :
● Préférer les secteurs “Value” (financières, industrielles, construction) après une année 2025 où la Value a surperformé la Growth de façon marquée.
● Privilégier les actions hors États-Unis, avec une dynamique plus large (Japon, Asie émergente, certains marchés européens).
● Conserver une exposition stratégique aux métaux, industriels et précieux, en tenant compte de la volatilité tactique.
● Réintégrer le crédit de qualité de manière opportuniste, dans une logique de rendement et de stabilisation du portefeuille.
● Maintenir une approche de portefeuille fondée sur la diversification et l’agilité tactique, plutôt que sur un pari macro unique.
5. Nos principaux thèmes d’investissement pour 2026
1) Prolonger l’exposition actions, mais “ancrer” les gains
Le document suggère que la performance 2026 viendra moins de l’expansion des multiples que des bénéfices et des dividendes. Cela implique de rester exposé, mais de le faire avec plus de sélectivité, en s’appuyant sur la rotation sectorielle (Value) et l’élargissement géographique.
2) Réapprendre à piloter le revenu dans le placement financier
La normalisation des taux et la baisse de la volatilité obligataire redonnent un rôle au couple rendement/stabilité. Le crédit IG, en particulier en EUR et GBP, redevient une composante utile du placement financier, non pour “faire un coup”, mais pour structurer un revenu et stabiliser le portefeuille.
3) IA : la course à l’infrastructure comme moteur d’allocation
L’investissement massif dans les datacenters et l’infrastructure de calcul reste un soutien macro et micro. Le thème ne se limite pas aux éditeurs, il irrigue la chaîne de valeur (énergie, industriels, automatisation), ce qui recoupe précisément le biais Value observé sur les marchés.
4) Monde de rareté : métaux stratégiques et actifs réels
Le cuivre, l’aluminium et l’étain apparaissent comme des actifs de conviction, en lien direct avec l’électrification et la production d’électricité. Pour investir sur ces tendances, l’exposition aux métaux physiques et aux producteurs ressort comme un angle privilégié.
5) Normalisation des taux longs : moins de “pari duration”, plus de gestion fine
La fourchette attendue sur les taux longs implique une gestion technique de la duration et une recherche de points d’entrée opportunistes, plutôt qu’une allocation obligataire agressive. Le caractère “ennuyeux” des obligations redevient une qualité : stabilité, lisibilité, rôle de ballast.
6) Hors US : diversifier le marché financier pour “investir en bourse” plus largement
Le document met en avant la poursuite de la rotation et la surpondération émergents, en particulier l’Asie, ainsi qu’une conviction sur le Japon. Pour investir en bourse en 2026, la diversification hors États-Unis devient un levier majeur, à la fois pour la valorisation et pour la participation à de nouveaux moteurs de performance.
L’année 2026 s’ouvre sur un scénario globalement constructif, mais exigeant. La croissance demeure présente, les politiques monétaires restent accommodantes et les moteurs structurels, notamment technologiques et énergétiques, continuent de soutenir l’activité.
Dans ce nouvel équilibre, la performance ne viendra plus de la simple exposition au marché, mais d’une allocation rigoureuse, d’une sélection fine des actifs et d’une capacité à accompagner les rotations en cours. Plus que jamais, la discipline d’investissement et la vision long terme s’imposent comme les clés d’une création de valeur durable.
Global Chief Investment Officer