Focus Actions Avril 2021
#Articles — 09.04.2021

Focus Actions Avril 2021

Edmund Shing Global Chief Investment Officer, Alain Gerard, Senior Investment Advisor, Equities

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Résumé

  1. La volatilité implicite baisse : L'indice VIX a crevé le plancher des 20. Ceci indique une baisse du sentiment de risque et des perspectives optimistes pour les marchés actions mondiaux.
  2. L'indice STOXX Europe a atteint des plus hauts historiques : L'indice STOXX Europe casse sa résistance à long terme, ce qui souligne la forte dynamique haussière des marchés boursiers cycliques. Nous réitérons notre préférence pour le Royaume-Uni, la zone euro et le Japon.
  3. La pentification de la courbe des taux peut coexister avec des actions plus élevées : La pentification de la courbe des taux US résulte des révisions à la hausse des prévisions de croissance US (nous anticipons une croissance du PIB de 6,9 % cette année). L'impact de la hausse des taux à long terme sur les actions est contrebalancé par les révisions à la hausse des bénéfices.
  4. La saisonnalité favorise le DAX, l’OMX, les secteurs cycliques : avril est traditionnellement le meilleur mois de l'année pour les actions européennes avec en tête le DAX allemand, l'OMX suédois et les secteurs manufacturiers.
  5. Les semi-conducteurs mènent la Tech : Le secteur mondial des semi-conducteurs est dans une situation très favorable, avec une croissance structurelle de la demande conjuguée à une pénurie généralisée de l'offre. Nous pensons que les fabricants d’équipements pour semi-conducteurs sont les mieux placés pour profiter de cette « tempête parfaite ».

Vision actions internationales

La dynamique bénéficiaire l'emporte sur la hausse des rendements

La pentification de la courbe des taux peut coexister avec des actions plus élevées : Accélération de la croissance mondiale suite au plan Biden de relance ($1,9 billions), avec potentiellement un nouveau programme de création d'emplois et d'infrastructures ($2,25 billions). La BCE joue son rôle en augmentant ses achats d'obligations, afin de calmer les taux euro et de soutenir la croissance de la zone euro.

Inquiétudes inflationnistes à court terme exagérées : Les rendements des bons du Trésor à 10 ans se sont repliés sous les 1,7 %; le taux de chômage élevé et les effets de base temporaires s'estomperont d'ici fin 2021. La Fed reste modérée.

La volatilité implicite revient à des niveaux d'avant pandémie : Les stratégies vendeuses de volatilité des indices actions fonctionnent bien, car la réouverture progressive améliore la visibilité économique et alimente de fortes révisions haussières des bénéfices.

Le Royaume-Uni reste un choix stratégique : La valorisation déprimée des actions britanniques, combinée à la réouverture début avril de l'économie de consommation ainsi que le biais cyclique et ‘valeur’, en font un choix régional positif clé.

Avril est le meilleur mois pour les actions européennes

Historiquement, sur ces 40 dernières années, le mois d'avril s’est montré gentil pour les marchés actions européennes, avec en tête les indices industriels allemands DAX et suédois OMX, plus cycliques. Depuis 1994, les performances mensuelles pour avril ont été positives dans plus de 80 % des cas pour l'indice DAX, soit statistiquement le meilleur mois de l'année, avec une performance mensuelle moyenne de 2,8 %.

Ceci vaut également pour les petites capitalisations : avril est aussi traditionnellement le meilleur mois de l'année pour la performance des petites capitalisations européennes et américaines, les européennes affichant une performance mensuelle moyenne de 3,1 % et les américaines de 2,6 %.

Mais garder en tête « Vendre en mai et s’en aller » : Ce vieil adage boursier a du sens sur le long terme, car les mois de mai-juin et août-septembre sont deux périodes relativement mauvaises pour la performance des marchés boursiers mondiaux. Septembre est un mois nécessitant un positionnement défensif car c’est  le seul mois à enregistrer des performances mensuelles moyennes négatives sur le long terme, et ce, tant pour les marchés actions américaines qu’européennes.

CONCLUSION

Nous préférons le Japon, la zone euro, le Royaume-Uni : L'Europe a mené la danse (en euros) en mars, le Royaume-Uni étant très attractif vu son biais cyclique/ de valeur. Les investisseurs non britanniques bénéficient du rafermissement de la livre sterling.

Neutre pour les États-Unis, compte tenu des risques croissants sur la Mega-Tech, liés à l'augmentation de la réglementation, de la fiscalité et des taux d'intérêt à long terme. Rappelons que les valeurs technos fort bien valorisées ont une duration très longue.

Thème/Secteur mis en avant

Environnement favorable pour les fabricants d’équipements pour semiconducteurs

Pénurie généralisée de puces : Les constructeurs automobiles mondiaux, dont Ford, Stellantis et Nio, ont annoncé la fermeture temporaire de leurs usines en raison de la pénurie de puces pour leurs voitures.

Taiwan est le nouveau champ de bataille pour les ‘semis’ : Les sociétés de production taïwanaises étant le centre de l’externalisation mondiale de semi-conducteurs, Taiwan est devenue un nouveau champ de bataille stratégique alors que la Chine s'efforce de développer sa propre industrie nationale de semi-conducteurs. Les États-Unis accroissent également la production domestique de semi-conducteurs, afin de réduire leur dépendance à Taïwan.

Les équipementiers connaissent une forte reprise : L'investissement dans l’industrie des puces devrait exploser dans les 2 prochaines années suite à ces tendances. L'Intelligence artificielle, la 5G et le développement des cryptodevises/ du blockchain sont à l'origine de la croissance structurelle de la demande.

La Chine devient une opportunité d'achat

Les marchés chinois ont subi une correction attendue de longue date, provoquée par la hausse des taux américains, les inquiétudes liées au resserrement en Chine et l'augmentation des réglementations sur les techs chinoises.

Des facteurs cycliques et structurels sont en place pour favoriser la hausse des actions A domestiques, des actions chinoises cotées à Hong Kong et de certaines sociétés technologiques de qualité. Les corrections sont de bonnes opportunités d'achat. Les craintes de resserrement de la politique monétaire semblent exagérées, les indicateurs monétaires restant neutres et la Chine n'ayant pas excessivement assoupli sa politique l'année dernière.

En mars, le style Valeur a continué à être le moteur de la performance en Europe et aux États-Unis, tandis que les ‘Small caps’ ont enregistré une sous-performance après de beaux gains depuis novembre 2020. Nous restons positifs sur les cycliques compte tenu des relèvements des prévisions de croissance macro, de la pentification des courbes de taux et de l'impressionnante révision à la hausse des prévisions de résultats, notamment sur les action dites de Valeur.

CONCLUSION

La pénurie généralisée de semi-conducteurs heurte les entreprises technologiques mondiale et les constructeurs automobiles, avec un manque d'approvisionnement en processeurs graphiques, en mémoire DRAM et même en panneaux LCD. Compte tenu du caractère géopolitique et stratégique de ce secteur technologique clé pour les Etats-Unis et la Chine, les fabricants d’équipements pour semi-conducteurs semblent les mieux placés pour en profiter.

Préférences sectorielles

Les cycliques ont toujours du potentiel !

En raison des commentaires rassurants des autorités politiques et monétaires sur l'inflation (et un certain contrôle des taux longs !), le mois de mars a plutôt été un mois de consolidation pour les secteurs (cycliques) qui avaient été les plus performants ces derniers mois (énergie, matériaux, industrie, etc.).

Les secteurs de croissance/défensifs (services aux collectivités, biens de consommation de base, santé, immobilier) - traditionnellement faibles dans un contexte de forte conjoncture économique et de hausse des taux - se sont mieux comportés en mars.

Nous pensons que la grande rotation des actions de croissance/ défensives vers le style ‘Valeur’ / cyclique n'est pas terminée, surtout maintenant que M. Biden et les démocrates promeuvent leur vaste plan d'infrastructures aux États-Unis. Certains indicateurs économiques avancés sont à de nouveaux sommets !

Nous relevons les Semi-conducteurs à Positif

Après avoir atteint des sommets historiques début 2021, la Tech a consolidé. La Big Tech semble onéreuse mais les semi-conducteurs sont attrayants (nous relevons maintenant ce secteur à +) en raison des pénuries actuelles, de la relocalisation et de la forte croissance attendue dans les années à venir (voir page 3). Les puces sont plus que jamais nécessaires pour permettre les nouvelles technologies que sont la 5G, l’Intelligence Artificielle, les véhicules électriques, etc.

Dans ce contexte de forte reprise économique, certaines des meilleures couvertures contre la hausse des taux et de l'inflation sont les actifs réels et les actions, en particulier les banques (meilleure corrélation sectorielle avec la hausse des rendements). De solides résultats bancaires sont attendus au T1. En plus des Semis et des Financières, nous apprécions les Matériaux, les Industrielles et l'Immobilier. La Santé (=) offre une bonne diversification défensive mais une certaine sélectivité est nécessaire. Les biens de consommation de base et les services aux collectivités (tous deux notés « négatifs ») affichent généralement de mauvaises performances en période de forte reprise économique et de hausse des rendements obligataires.

CONCLUSION

Les valeurs cycliques restent assez bon marché tant que les indicateurs économiques et les révisions à la hausse des bénéfices se poursuivent. Les secteurs défensifs/ de croissance restent vulnérables en raison de leurs valorisations plus élevées. Après la récente consolidation, les semi-conducteurs sont de nouveau attractifs, portés par un flux de bonnes nouvelles tant au niveau macro qu'au niveau microéconomique. 

 

·       Ce contexte maintient une forte volatilité sur les secteurs les plus exposés à cette reprise cyclique et aux voyages, notamment l’énergie, les bancaires ou les loisirs en extérieur avec toujours de grosses incertitudes quant à leurs flux de trésorerie et à leurs dividendes.

 

·       Nous préférons les secteurs cycliques et de valeur où la visibilité est bonne et/ ou qui profitent de la reprise économique plus évidente en Asie (les matériaux, les industrielles et l’assurance globalement restent en ‘+’). Certains segments dans les soins de santé ainsi que l’énergie et la technologie européennes restent aussi trop décotés. 

 

·       Inversement, nous continuons à éviter les biens de consommation de base (-) qui traditionnellement sous-performent dans un contexte de reprise.