Focus Actions Février 2022
#Articles — 08.02.2022

Focus Actions Février 2022

Edmund Shing Global Chief Investment Officer, Alain Gerard, Senior Investment Advisor, Equities

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Résumé

  1. Les marchés actions ont été malmenés en 2022 : janvier s’est révélé un mois difficile pour les marchés financiers du monde entier, dans la mesure où l’air semble s’échapper des bulles d’actifs alimentées par les investisseurs particuliers dans les actions, les récentes introductions en Bourse, les SPAC, le crédit à haut rendement et les cryptomonnaies.
  2. Le naufrage des valeurs technologiques affecte les investisseurs particuliers : les actifs les plus prisés des investisseurs particuliers ont pâti de la baisse de la liquidité du marché, ces derniers cherchant à préserver leurs actifs, dans le contexte actuel d’aversion au risque alimentée par la Réserve fédérale.
  3. Une correction, pas un krach : les conditions préalables à un marché actions baissier ne sont pas réunies selon nous, notamment en termes de récession économique, de conditions financières excessivement restrictives et d’une contraction du crédit. Les actions bénéficient d’une dynamique bénéficiaire solide, de taux réels négatifs et de conditions financières toujours favorables.
  4. Principaux risques : le durcissement de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine constitue un risque clé pour les actions, par exemple plus de quatre hausses des taux de 25 pb et une accélération du resserrement quantitatif. Une remontée des tensions entre la Russie et l’Ukraine constitue le deuxième risque géopolitique à surveiller.

Principales recommandations

  • Dividendes de qualité : alors que les valeurs technologiques font naufrage, les dividendes européens résistent : les investisseurs prudents à la recherche de rendement peuvent trouver une solution surperformante au sein des stratégies européennes de qualité offrant un rendement de plus de 4 % par an.
  • Les prix des matières premières restent élevés, favorisant les ressources de base : les prix des métaux de base restent proches de leurs récents sommets pluriannuels, avec une demande structurelle soutenue par l'électrification de l'économie mondiale.
  • Les actions britanniques ont encore un long chemin à parcourir pour rattraper leur retard après le Brexit : les grandes capitalisations britanniques ont été l'une des régions les plus performantes depuis novembre 2021 grâce à leur exposition cyclique aux matières premières et à la finance.
  • Les petites capitalisations gardent le cap : en novembre 2020, nous avons été témoins d’une nette surperformance des petites capitalisations mondiales, jusqu’en mars 2021 aux États-Unis et septembre 2021 en Europe. Nous continuons de penser que cet environnement de croissance réelle et nominale supérieure à la tendance, de rebond de la demande domestique avec le repli du variant Omicron et de nombreuses opérations de capitaux favorisent les petites capitalisations, notamment en Europe et en Asie.

1.      Notre vision sur les actions internationales

Les marchés actions ont été malmenés en janvier 2022

Janvier s’est révélé un mois difficile pour les marchés financiers du monde entier, dans la mesure où l’air semble s’échapper des bulles d’actifs alimentées par les investisseurs particuliers dans les actions. La plupart des actifs les plus prisés des investisseurs particuliers (valeurs technologiques non rentables, introductions en Bourse, SPAC, crypto) ont pâti de la baisse de la liquidité du marché, ces derniers cherchant à préserver leurs actifs, dans le contexte actuel d’aversion au risque alimentée par la Réserve fédérale.

Les actions britanniques ont encore un long chemin à parcourir pour rattraper leur retard après le Brexit

Le Royaume-Uni, la Suède et la France surperforment en Europe : privilégier l’exposition aux matières premières dans les grandes capitalisations britanniques qui alimentent les prévisions haussières de croissance des BPA, tandis que l’exposition à l’industrie est le principal moteur de la dynamique pour les indices CAC 40 et OMX. L’activité de fusions-acquisitions s’est également rapidement accélérée au Royaume-Uni, les actifs britanniques étant considérés comme très attractivement valorisés.

2.      Sentiment des investisseurs

« Soyez craintif lorsque les autres sont avides. Soyez avides lorsque les autres sont craintifs » – Warren Buffett

D’après le sondage hebdomadaire de l’AAII, le sentiment des investisseurs particuliers américains est tombé à son plus bas niveau. Avec un écart haussiers/baissiers de -30 %, il est aujourd’hui aussi bas qu’en 2010, 2013, 2016 et 2020, donc source de craintes. Si l’on ne peut qualifier cela de ventes « paniques » de la part des investisseurs particuliers pour le moment, il s’agit néanmoins d’un mouvement extrême.

Un signal positif contrariant à court terme

Un signal d’achat à contre-courant ? Les interprétations extrêmement pessimistes du sondage de l’AAII sur le sentiment des haussiers et des baissiers (comme celle d’aujourd’hui) constituent habituellement un bon indicateur contrariant à court terme. Cela laisse entrevoir une poursuite du rebond des marchés actions, du moins à court terme. Toutefois, le dénouement de la crise entre la Russie et l’Ukraine reste une grosse inconnue.

3.      Zoom sur les petites capitalisations

Nous continuons à croire au biais petites capitalisations

La surperformance des petites capitalisations initiée en novembre 2020 s’est partiellement matérialisée : en novembre 2020, nous avons été témoins d’une nette surperformance des petites capitalisations mondiales, jusqu’en mars 2021 aux États-Unis, septembre 2021 en Europe et décembre dans les marchés émergents. Nous continuons de penser que cet environnement de croissance réelle et nominale supérieure à la tendance, de rebond de la demande domestique avec le repli du variant Omicron et de nombreuses opérations de capitaux favorisent les petites capitalisations, notamment en Europe et en Asie.

Au fil du temps, la performance des petites capitalisations est deux fois supérieure, voire plus, à celle des grandes capitalisations

La tendance à long terme reste votre alliée : la tendance à long terme à partir de 2000 est sans équivoque - les petites capitalisations surperforment largement les indices des grandes capitalisations dans chaque région. À noter que la tendance à long terme apparaît particulièrement solide pour les petites capitalisations européennes et britanniques.

4.      La saison des résultats du T4 2022 souligne la croissance

Aux États-Unis, 77 % des entreprises ont annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes, de +5 % en moyenne

À l’image de ce qui s’est passé au cours des derniers trimestres, certains ont craint que les bénéfices du T4 2021 ne soient pas aussi impressionnants que lors des trimestres précédents.

De nombreuses entreprises sont sans conteste confrontées à des perturbations et à une hausse des coûts, mais les bénéfices dans la plupart des secteurs continuent d’afficher une belle tendance haussière et de surprendre positivement.

La hausse des coûts est répercutée sur les clients finaux et a souvent un impact positif sur les bénéfices ! Et devinez quoi ? Certains signes montrent même que les problèmes liés à la chaîne d’approvisionnement s’atténuent, même dans le secteur des camions/de l’automobile.

Globalement, compte tenu des résultats exceptionnels de certaines grandes entreprises technologiques, pratiquement tous les secteurs annoncent désormais des résultats rassurants.

En Europe, 60 % des entreprises ayant jusqu’à présent publié leurs résultats battent les attentes de profit, et ce, de +12,6 % en moyenne

En Europe, nous sommes encore aux prémices de la période de publication des résultats. Seul un quart des principales entreprises ont publié leurs résultats jusqu’à présent, contre plus de 50 % aux États-Unis. Plusieurs sociétés emblématiques ont également annoncé des résultats et des prévisions très solides (notamment dans le luxe, l’énergie, les banques et certaines technologies).

Selon nous, les prévisions de croissance des bénéfices pour 2022 du consensus IBES pour 2022 (environ +7 % pour les États-Unis et l’Europe) sont trop prudentes. Nous tablons sur une croissance des bénéfices de l’ordre de +12 %, compte tenu des perspectives économiques solides, favorisant les valeurs cycliques et les petites capitalisations.

5.      Notre vision sur les actions asiatiques

Contrairement au reste du monde, la Chine se tourne vers l’assouplissement

  • Après que Pékin ait fait de la stabilité sa priorité absolue à la fin du mois de décembre de l’année dernière, de nouvelles mesures d’assouplissement ont été prises. Citons à titre d’exemple une réduction des taux directeurs, un assouplissement de certaines restrictions immobilières et un renforcement du soutien aux petites et moyennes entreprises. Le gouvernement s’engage à réduire les frais et les taxes par une combinaison d’incitations fiscales afin de relancer l’économie en perte de vitesse.
  • Nous sommes optimistes à l’égard des actions chinoises. L’amélioration de l’impulsion du crédit a toujours été favorable aux marchés. Nous privilégions les actions chinoises de catégorie A, en particulier les petites et moyennes capitalisations, qui bénéficieront directement de l’assouplissement monétaire.
  • Les actions chinoises cotées à Hong Kong pourraient revenir progressivement à la moyenne cette année, compte tenu de leurs valorisations bon marché et du positionnement des investisseurs internationaux inférieur à la moyenne des investisseurs internationaux. Toutefois, un rebond durable nécessiterait des catalyseurs plus positifs, par exemple une plus grande clarté réglementaire et des révisions des bénéfices à la hausse. Un durcissement de la politique de la Fed et une appréciation du dollar pourraient faire obstacle et provoquer de la volatilité à court terme.
  • Les restrictions mises en place pour lutter contre la pandémie dans le cadre de la politique « zéro Covid » constituent la plus grande incertitude. Parmi les bonnes surprises, citons un assouplissement des politiques plus conséquent que prévu, des signaux d’assouplissement des réglementations sur Internet et l’immobilier et une résolution sur la question du delisting des ADR.

6.      Allocation sectorielle

Après une excellente performance en 2021, nous avons abaissé les REIT américains à = à la mi-janvier (voir le Focus Actions de janvier)

Pas d’autre changement pour le moment, étant donné la persistance de nombreuses incertitudes (inflation, taux d’intérêt, Ukraine, Omicron)

L’année 2022 a débuté par une forte hausse des rendements obligataires, en raison de l’explosion de l’inflation (prix élevés de l’énergie et autres matières premières, de l’électricité, du logement et des salaires aux États-Unis, etc.). La Réserve fédérale américaine devrait relever ses taux d’intérêt plus rapidement qu’elle ne l’avait prévu en 2021. Les valeurs et les secteurs les plus chers ont donc logiquement plus corrigé, en particulier la technologie.

  • Conservez une bonne exposition aux secteurs et aux classes d’actifs servant de couverture contre l’inflation, tels que les métaux précieux/pour les batteries, l’énergie et la finance. L’immobilier européen semble également afficher des décotes trop importantes.
  • Nous apprécions également la santé, qui reste bon marché et affiche d’excellents flux de trésorerie. La croissance à long terme y est encore évidente, en raison de l’innovation, du vieillissement de la population et de la prise de conscience générale sur la santé, surtout en cette période marquée par la Covid.
  • Les secteurs défensifs signent des performances en demi-teinte depuis début 2022. Ceux qui ont le plus sous-performé en 2021 font logiquement un peu mieux début 2022.

En 2021, la reprise économique rapide a soutenu la plupart des secteurs. L’activité économique étant désormais menacée de surchauffe, les banques centrales agissent. En raison de la montée des incertitudes, notamment la crise liée à l’Ukraine/l’énergie, nous préférons rester tactiquement un peu plus défensifs. Il est toutefois à noter que, jusqu’à présent, les résultats des entreprises sont relativement bons, ce qui est favorable.

  • Nous recommandons de rester prudent jusqu’à ce que la crise liée à l’Ukraine/l’énergie commence à se stabiliser (sinon s’estomper) et jusqu’à ce que nous en sachions plus sur l’impact d’Omicron sur l’économie mondiale et l’inflation (les lignes de production et les chaînes d’approvisionnement restent perturbées).
  • Les consommateurs hésitent encore à sortir et à voyager, notamment en avion, ce qui retarde la reprise des services.
  • Dans l’univers technologique/du Métaverse, nous apprécions les jeux en ligne (bonne croissance et fusions-acquisitions en cours), les paiements électroniques, la cybersécurité, les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle.
  • Méfiez-vous des valeurs chères, décevantes et/ou peu rentables ! Le style Value affiche toujours une bien meilleure dynamique.