COVID-19 : MISE A JOUR DU 1er AVRIL
#Articles — 01.04.2020

COVID-19 : MISE A JOUR DU 1er AVRIL

Florent Bronès, Chief Investment Officer

Le calme relatif sur les marchés financiers n’aura duré que deux jours. Aujourd’hui, 1er avril, les bourses asiatiques ont fortement baissé.

Covid-19 : Mise à jour

La bourse européenne est en chute de 3 à 3,5% selon les indices au moment de la rédaction de cet article, les futures américains annoncent un repli de plus de 3%.

L’origine de cette nouvelle phase de baisse vient du changement de ton de l’administration Trump. Le président Trump prévient que les deux prochaines semaines seront « très très difficiles ». De nouvelles estimations de décès dus au Covid-19 aux Etats-Unis mentionnent des chiffres de 100 000 à 240 000. Ce pays compte 188 000 cas confirmés, en hausse de 14,8% ce jour, avec 4056 décès. L’accélération est forte et l’épidémie est présente sur tout le territoire américain. Mais les mesures de confinement ne sont ni générales, ni très dures…

En Europe, l’Italie voit le nombre de nouvelles infections diminuer depuis plusieurs jours. Trois semaines après le début du confinement dur, il y a de bonnes chances que le pic de l’épidémie ait été atteint dans ce pays le plus touché en Europe. Ce qui laisse présager que le pic serait à venir en Espagne et en France dans les 8 à 10 jours, point crucial à surveiller. En d’autres termes, l’épicentre de la pandémie pourrait être en train de se déplacer de l’Europe vers l’Amérique, comme le laissait entendre l’Organisation Mondiale de la Santé.

En Asie, on constate peu de nouvelles sur la pandémie qui confirme sa contraction progressive avec peu de nouveaux cas importés et suivis de près par les autorités.

Les dernières données économiques (Indices PMI finaux, pour mars, indices des directeurs d’achat) donnent un message sans surprise. La récession est bien là, notamment dans l’industrie aussi bien en Europe qu’au Japon. En Chine, cet indice montre un rebond de l’activité manufacturière pour le mois de mars, après deux mois de contraction. D’après un ensemble d’indicateurs (y compris des données de haute fréquence), l’activité économique en Chine est remontée à 70% environ de son niveau de début d’année. Gardons à l’esprit que janvier est un mois de contraction d’activité à cause du nouvel an chinois, contraction amplifiée cette année par l’épidémie de Covid-19.

Les chiffres à surveiller en cette première semaine du mois seront importants car ils quantifieront l’ampleur de la contraction d’activité due au confinement. On surveillera notamment les services qui dans les récessions précédentes amortissaient le choc de l’industrie ; cette fois-ci, ils vont l’amplifier à cause de l’arrêt complet d’activité dans la restauration, le transport aérien…

Les autres chiffres américains qui pourraient avoir un impact sur les marchés sont les inscriptions au chômage (jeudi à 14h30 heure continentale) et le rapport sur l’emploi (vendredi, également à 14h30). Rappelons qu’ux Etats-Unis, les mouvements sur le marché du travail sont plus brutaux qu’en Europe et que la protection sociale n’est pas identique des deux cotés de l’atlantique.

Sur les marchés actions, les indices de volatilité ( VIX et V2X) demeurent au-dessus de 50, signe clair de nervosité. Les révisions en baisse des profits escomptés pour 2020 sont générales ; le marché appréhende de mieux en mieux l’ampleur de la récession et son impact sur les profits. Un phénomène nouveau concerne les annulations de dividendes demandées par les autorités, soit pour les banques afin de conserver le capital nécessaire au surcroit de prêts qui se profile compte tenu de la dégradation d’activité des entreprises. Soit pour les entreprises qui recevront l’aide des Etats, dont les actionnaires porteront une partie de l’effort en ne recevant pas les dividendes en temps et en heures.

Nous maintenons notre message essentiel. Les instruments de politiques économiques sont très puissants et il ne faut pas les sous-estimer. Le profil en U que nous attendons sur les économies, les taux et les bourses semble se mettre en place. Les niveaux de valorisation des actifs risqués sont attractifs aujourd’hui, mais la valorisation ne donne pas le timing du rebond. Ce timing dépendra des nouvelles sur la pandémie, nouvelles qui sont par nature imprévisibles. Des opportunités se présentent dans une optique d’investissement de moyen long terme, mais le court terme reste incertain.