Focus Stratégie d'Investissement : Decembre 2020
#Articles — 09.12.2020

Focus Stratégie d'Investissement : Decembre 2020

Edmund Shing, Global Chief Investment Officer

Lettre de stratégie d'investissement : Décembre 2019 I BNP Paribas Wealth Management

Résumé

1.Profil de risque bas: Le modèle des risques de BNPP WM s'établit à 0 sur 12 en décembre, suggérant un contexte globalement favorable aux actifs risqués. Préférer les actions et les matières premières.

2.Un momentum macro global positif : Les économies européennes et chinoises surprennent à la hausse, en ligne avec les révisions à la hausse des bénéfices des entreprises. Privilégier l'exposition aux secteurs cycliques.

3.Anticipation d’une hausse des rendements des bons du Trésor américain en 2021 : Nous relevons notre prévision de fin 2021 concernant les taux des bons du Trésor américain à 10 ans à 1,4 % (1,25 % précédemment), suggérant un rendement négatif de 12 millions de bons du Trésor.

4.La chasse au rendement aide les obligations souveraines émergentes (USD): Les spreads du haut rendement américain se sont contractés à 4,2 %, soit le niveau le plus serré depuis mars de cette année. Priviligier les obligations émergentes et le crédit à haut rendement (« fallen angels »).

5.Le dollar américain continue d'atteindre de nouveaux points bas : Nous prévoyons une baisse du dollar par rapport à l'euro à 1,25 $ fin 2021 (1,22 $ précédemment), le renminbi chinois et l'euro étant parmi les grands gagnants.

6.Pause de l'or et de l'argent malgré la faiblesse du dollar : L'or et l'argent marquent une pause après une forte hausse tout au long de l’année 2020. Les métaux précieux et les mines sont l'une de nos principales convictions en 2021.

7.Les small et mid caps continuent de briller : Tant aux États-Unis qu'en Europe, les petites entreprises montrent la voie. Nous préférons l'exposition aux SMID dans les actions européennes.

 

La Vue Macroéconomique

Optimisme pour 2021, attention à la politique

Les annonces de vaccins déclenchent l'optimisme: Alors même que le taux global d'infection de la COVID continue de progresser, les marchés actions mondiaux ont affiché une hausse de 12% depuis fin octobre, dopés par l'annonce de tests positifs des vaccins COVID de Phase III.

Une dynamique économique mondiale forte : De manière surprenante, malgré le coup d'arrêt économique provoqué par une deuxième série de confinements dans plusieurs grands pays européens, les indices de surprise économique restent en territoire positif, soulignant que les données économiques sortent constamment au-dessus des attentes des économistes.

Des risques économiques à court terme subsistent : En Europe, la Hongrie et la Pologne menacent de bloquer 1,8 billiard d'EUR des dépenses du Fonds de relance financé conjointement par l'UE, à moins qu'une clause liant les transferts budgétaires à l'État de droit ne soit modifiée. Cela pourrait retarder une augmentation attendue des dépenses de l'UE en infrastructures.

Les programmes d'aide américains arrivent à échéance avant fin 2020 : Aux États-Unis, les risques économiques persistent sous la forme de programmes d'aide qui arrivent à échéance fin décembre et qui, s'ils ne sont pas prorogés, pourraient donner lieu à une dynamique économique bien plus faible au T1 2021.

De son coté, le Fonds monétaire international continue de mettre en garde contre le fait que « la reprise de l’économie mondiale risque de perdre de son élan », et en conséquence, « l'incertitude et les risques sont exceptionnellement élevés »

Le soutien des banques centrales est essentiel : L'absence d'inflation et les taux elevés d'infections COVID continuent de donner à la Fed et à la BCE de bonnes raisons de continuer à soutenir l'économie via une politique monétaire non conventionnelle.

La réunion de la BCE de décembre devrait permettre d'étendre l'aide à l'économie de la zone euro sous la forme de nouvelles opérations ciblées de refinancement à plus long terme (TLTRO) et d'un programme élargi d'achat d'urgence (PEPP).

 

CONCLUSION

Nous restons optimistes quant à la vigueur de la croissance économique mondiale en 2021, soutenue par une consommation contenue, une forte demande de logements et d'importantes mesures de relance monétaire et budgétaire.

Cependant, nous gardons un œil attentif sur les risques potentiels pour la reprise après la discorde politique aux États-Unis et en Europe.

 

Thème principal

Après un mois de novembre record pour les actions, que va-t-il se passer ?

Les faits : Avec +12,8%, novembre 2020 enregistre la plus forte hausse de l'indice MSCI World (en $) depuis 1980.

Le contexte : Dans un contexte de reprise soutenue des marchés boursiers par rapport au marché baissier inspiré par le coronavirus, les nouvelles de 3 vaccins contre le coronavirus affichant des taux d'efficacité élevés lors des essais de phase III ont alimenté un regain d'optimisme sur les marchés financiers.

Les prévisions de croissance économique restent élevées : Une croissance mondiale du PIB de plus de 5 % est attendue pour 2021 selon les prévisions du consensus, résultant d'une forte reprise attendue de l'investissement et de la consommation après les confinements.

L'inquiétude : Après une telle envolée des marchés boursiers en novembre et une hausse de 44% de l'indice MSCI World (en USD) à ce jour depuis fin mars 

2020, les investisseurs doivent-ils vendre leur exposition aux actions pour prendre leurs bénéfices ?

Un guide historique : Après une hausse de 8 % sur un mois calendaire (à 19 occasions sur 1980-2020), l'indice MSCI World a gagné en moyenne 6,5 % supplémentaires sur les 3 mois suivants, et 12,6 % en moyenne sur les 6 mois suivants, en hausse de 15 sur 19 sur ces périodes ultérieures.

Les indices régionaux qui gagnent le plus : Parmi les pays/régions qui ont historiquement affiché la meilleure performance subséquente sur les 3 et 6 mois suivant cette forte performance, citons le MSCI Emerging Markets, le CAC-40 français et le FTSE 100 britannique. Nos préférences régionales en actions sont les marchés émergents (avec un focus sur l'Asie), le Japon et la zone euro.

 

CONCLUSION

Comme nous prévoyons une volatilité continue des actions en cette période de fêtes de fin d'année, nous restons sélectifs dans l'exposition aux secteurs cycliques (nous préférons les secteurs de la mine, de la construction et de l'industrie au détriment du tourisme, du loisir et des banques).

L'histoire suggère que les investisseurs qui réduisent leur exposition aux actions pourraient perdre de nouveaux gains au cours des six à douze prochains mois.

 

Actions et les Matières Premières

Les particuliers achètent des actions

Enfin, les flux sur les actions deviennent positifs: Les 3 semaines qui se sont terminées le 24 Novembre ont vu plus de 22 Md $ d'entrées nettes dans les fonds d'actions/ETFs basés aux États-Unis, ce qui représente, selon l'Investment Company Institute, le plus important afflux de capitaux à 3 semaines en 2020.

Rappelons toutefois que depuis le début de l'année, les investisseurs étaient plutôt vendeurs des fonds d’actions, à hauteur de près de 400 Md USD de sorties cumulées à fin novembre. Il y a donc beaucoup de marge pour que les investisseurs achètent des actions afin de rattraper leur retard par rapport au sentiment haussier actuel.

Focus sur le Japon en tant que marché de valeur cyclique : Il y a eu une rotation massive de la croissance et de la valeur sur les marchés boursiers mondiaux en novembre. Nous surponderons les actions japonaises, considérées comme des « valeurs oubliées ». Les investisseurs accordent encore peu d'attention à ce marché alors même qu'il atteint un nouveau plus haut depuis 1991.

Pas de répit dans la révolution de l'énergie propre : L'univers ESG continue d'attirer de nombreux investisseurs, l'accent étant mis sur les énergies renouvelables compte tenu des initiatives gouvernementales en matière d'infrastructures dans ce domaine. L'indice S&P Global Clean Energy, qui comprend les leaders de la production d'électricité solaire, éolienne et à hydrogène, a progressé de plus de 150 % depuis début 2019.

Les métaux précieux marquent une pause : L'un des actifs qui a directement bénéficié de l'affaiblissement du dollar américain est l'or, qui, même après le récent recul, a enregistré des rendements sur 2020 à ce jour de 20 % en dollars américains et de 13 % en euros.

Nous considérons l'or comme un actif essentiel de diversification au sein d'un portefeuille équilibré, contribuant ainsi à se diversifier au détriment du risque actions dominant à un moment où les obligations souveraines traditionnelles deviennent moins efficaces dans ce rôle de diversification. 

CONCLUSION

Nous gardons une préférence pour les actions, avec un focus le Japon (valeur cyclique), et sur l'ESG via les énergies propres et la forte thématique de gouvernance d’entreprise.

On garde notre preference pour les secteurs cycliques (par exemple les mines, les sociétés industrielles). On rajoute une preference pour le secteur immobilier (REIT).


Au sein des matières premières, nous tablons sur des perspectives positives pour les métaux de base et les métaux précieux dans les mois à venir, en particulier pour le cuivre et l'or, la baisse actuelle des cours de l'or constituant une opportunité d'achat. 

Obligations/crédits/taux de change/fonds alternatifs UCITS

Traquer le rendement en perte de vitesse

La chasse au rendement s’intensifie : Les sources traditionnelles de revenus à faible risque provenant des marchés obligataires souverains liquides sont de plus en plus difficiles à trouver. Sur les souverains périphériques européens, il faut s'intéresser aux maturités à 6 ans ou plus pour obtenir un rendement positif aujourd'hui sur les BTP italiens, par exemple.

Hausse des rendements du Trésor américain à 10 ans en 2021 : Nous augmentons notre prévision de rendement des bons du Trésor américain à 10 ans à 1,4 % fin 2021 (contre 1,25 %) en raison d'anticipations d'inflation plus élevées, l'économie affichant une croissance plus forte.

En revanche, on baisse notre prévision pour le rendement des bons du gouvernement allemand à 10 ans à -0,25% fin 2021 (contre 0%). On attend que la BCE achetera plus d’obligations souveraines de la zone euro en 2021 que les pays de la zone euro n'en émettront. Qui va limiter la hausse des rendements obligataires en Europe.

Privilégier les obligations corporates « Fallen angels » : Les investisseurs étant de plus en plus désireux de trouver des rendements positifs à risque limité, nous apprécions le high yield américain Fallen Angels, qui offre un revenu similaire au high yield américain classique (environ 5 %), mais avec un profil de risque plus faible.

Le dollar américain continue de baisser : Le dollar américain poursuit sa baisse par rapport aux principaux partenaires commerciaux. L'indice du dollar américain atteint son plus bas niveau depuis début 2018. Nous prévoyons maintenant que le taux de change EUR/USD passera à 1,25 USD fin 2021 (1,22 USD precedement).

Les flux d'investissement pesant sur le dollar : L'un des principaux facteurs négatifs sur le dollar américain reste le bas niveau des rendements des bons du Trésor américain offerts aux investisseurs étrangers, à 0,9 %, soit près de 1 % de moins que le rendement offert l'an dernier aux investisseurs. 

 

CONCLUSION

Les investisseurs sont obligés d’accroitre leur profil de risque dans leur quête de revenus. Nous apprécions les titres de crédit américains « fallen angels », les actions préférentielles américaines et les obligations souveraines émergentes en devise forte pour leurs rendements positifs. En revanche, on reste à l’écart des obligations souveraines aux Etats-Unis et l’Europe

Selon nous, les fonds d'obligations à rendement absolu constituent une alternative moins risquée aux obligations souveraines américaines et européennes à faible rendement. Quant aux fonds alternatifs UCITS, on rajoute une préférence pour les fonds « event-driven ».

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