Focus Stratégie d'Investissement : Janvier 2021
#Articles — 11.01.2021

Focus Stratégie d'Investissement : Janvier 2021

Edmund Shing, Global Chief Investment Officer

Lettre de stratégie d'investissement : Décembre 2019 I BNP Paribas Wealth Management

Résumé

  1. Un environnement porteur pour les actifs risqués : Le radar de risque de BNP Paribas WM pour la gestion de placements est à 0 sur 12 en janvier. Il indique un contexte favorable aux actifs à risque. Nous privilégions les actions et les matières premières.
  2. Optimisme économique malgré la Covid : l'activité manufacturière et celle des services sont en croissance au niveau mondial, malgré la hausse des taux d'infection à la Covid-19. Nous privilégions les secteurs cycliques et l'exposition aux petites et moyennes capitalisations.
  3. Les taux d'intérêt à long terme entament leur remontée : avec un rendement des bons du Trésor américain à 10 ans d’environ 1 % et celui du Bund allemand à -0,5 %, nous continuons de préférer la dette privée aux obligations souveraines.
  4. Rebond des métaux précieux à mesure que le dollar américain s'affaiblit : l'or, l'argent et le platine gagnent tous du terrain alors que les rendements réels restent proches de leur niveau le plus bas. Nous restons positifs sur l'exposition aux métaux précieux et aux mines.
  5. Focus sur le Royaume-Uni après l’accord avec l'UE sur le Brexit, nous nous attendons à ce que la livre sterling se renforce quelque peu du fait de la réduction des incertitudes. Nous avons relevé notre opinion sur les actions britanniques à positive, compte tenu d'une sous-valorisation manifeste et de la suppression du risque lié au « No Deal ».
  6. Les démocrates gagnent la Géorgie, ce qui suggère une nouvelle relance américaine :: les démocrates ont désormais un contrôle marginal du Sénat américain, après avoir gagné les deux sièges du Sénat attribués à la Géorgie. C’est potentiellement positif pour la poursuite de la politique de relance budgétaire américaine, donc pour les secteurs des énergies renouvelables, de la construction et de la finance.
  7. Le nouveau variant du Covid-19 est le principal risque : si le nouveau variant devait se répandre largement à travers l’Europe, cela pourrait freiner la reprise économique et remettre en question nos perspectives positives à l'égard des actifs risqués.

 

VUE D'ENSEMBLE

Une forte reprise est attendue pour 2021

Hausse du taux d'infection à la Covid versus vaccinations : la hausse du taux d'infection à la Covid-19, accélérée en partie par un nouveau variant plus contagieux, a obligé le gouvernement britannique à imposer le troisième confinement national au Royaume-Uni.

L'un des principaux risques qui pèsent sur nos prévisions de forte reprise économique début 2021 est la propagation de cette vague d’infection au coronavirus en Europe continentale et ailleurs, ce qui constituerait un obstacle à la reprise économique actuelle.

Nous devons toutefois tenir compte de l'impact positif que les programmes de vaccination en Europe et aux États-Unis devraient avoir sur l'économie mondiale, en permettant à ces régions d’acquérir l’immunité collective vers le milieu de l'année.

Maintenant qu'un deuxième vaccin contre la Covid-19 (AstraZeneca) a été approuvé (au Royaume-Uni dans un premier temps), et que celui de Moderna est également approuvé en Europe, ces programmes de vaccination devraient s'accélérer au cours du premier semestre 2021, le segment le plus vulnérable de la population étant vacciné en priorité.

L'activité manufacturière et celle des services sont robustes : les indices mondiaux des directeurs d’achats se maintiennent bien au-dessus de 50, mettant en évidence la croissance des segments de l’industrie et de la consommation de l'économie mondiale. Le consensus table toujours sur une croissance du PIB supérieure à 5 % en 2021.

La demande insatisfaite des consommateurs attend: les ménages américains devant recevoir un nouveau versement de 600 dollars de la part du gouvernement fédéral, et les taux d'épargne étant encore élevés en Europe, les consommateurs sont prêts à dépenser. Les signes montrent que les dépenses pendant les fêtes de fin d’année ont été étonnamment élevées, ce qui pourrait stimuler la croissance.

Le fonds européen pour la relance économique vise à stimuler les dépenses d'infrastructure : maintenant que la Pologne et la Hongrie ont levé leurs objections potentielles à l'égard de certains détails du fonds de relance de l'UE de 1 800 milliards d'euros, les dépenses européennes en infrastructures et en énergies renouvelables devraient bénéficier d’un coup de pouce en 2021.

Nouvel accord entre la Chine et l'UE : La Chine et l'UE ont conclu un nouvel accord d'investissement le 30 décembre 2020. Cet accord facilitera l'accès de l'UE à divers secteurs du marché chinois, notamment la santé, l'automobile, les services de télécommunication/de cloud, les services informatiques, les transports et les services financiers.

CONCLUSION

Le soutien à l'économie mondiale coordonné des banques centrales et des gouvernements favorisera la forte croissance attendue pour 2021. Rappelons que les « confinements » actuels ne sont pas du tout aussi restrictifs ou dommageables pour les économies régionales que ceux de mars 2020.

La perspective d'une immunité collective acquise grâce aux programmes de vaccination pourrait libérer à la mi-2021 les dépenses de consommation refoulées, ce qui pourrait donner un coup de fouet à la croissance.

 

THEME D'INVESTISSEMENT

il est temps de regarder le Royaume-Uni à nouveau

Le Royaume-Uni conclut un accord avec l'UE : au tout dernier moment, le gouvernement britannique a conclu un accord commercial avec l'Union européenne, évitant ainsi le scénario d’une sortie sans accord.

Les détails restent rares : bien que cet accord commercial soit le bienvenu, des interrogations subsistent, par exemple sur la capacité du Royaume-Uni à vendre des services, y compris des services publicitaires, juridiques et financiers, aux pays de l'Union européenne.

L'incertitude pour l'économie britannique est réduite : si le commerce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne ne sera pas aussi facile qu'en 2020 en raison de nouvelles barrières non commerciales importantes (par exemple, les contrôles douaniers et les formalités d'importation et d'exportation supplémentaires requises), cet accord réduit néanmoins l'incertitude économique en éliminant le risque d'un scénario déstabilisant de sortie sans accord.

La livre sterling devrait s’apprécier davantage : à la suite de l'accord sur le Brexit, nous révisons nos prévisions pour l'EUR/GBP afin de refléter nos anticipations d'une livre plus forte, maintenant que le risque d'un Brexit sans accord a finalement été éliminé.

Notre nouvel objectif à trois mois est de 0,88 livre sterling pour 1 euro, et à douze mois de 0,86 livre pour 1 euro.

Les actions britanniques sont bon marché par rapport aux actions mondiales : les investisseurs non britanniques ont largement évité d'investir dans les actions britanniques depuis 2016, étant donné l'incertitude persistante autour du Brexit après le référendum.

Alors que le marché des actions britanniques s'est historiquement négocié avec une modeste décote par rapport aux actions mondiales, compte tenu de son manque de valeurs de croissance et de sa plus forte pondération sur les matières premières et les services financiers, cette décote de valorisation est désormais significative à 14x le PER estimatif de 2021, soit 27 % de moins que les 19,1x de l'indice MSCI World.

Favoriser l'exposition au marché intérieur du Royaume-Uni : même si le nouveau confinement pourrait avoir un impact sur l'économie britannique au premier trimestre 2021, nous pensons que le pays devrait globalement rebondir en 2021. Nous préférons une exposition au marché intérieur (moyennes capitalisations), par exemple à l'indice FTSE 250, étant donné le potentiel de croissance pour le milieu de l'année que représente la demande refoulée des consommateurs.

CONCLUSION

Alors que l'économie britannique devrait souffrir à très court terme du nouveau confinement national, nous y voyons l’opportunité de s'exposer à une devise sous-évaluée et à un marché boursier de valeur cyclique que les investisseurs ont largement évité depuis 2016. Privilégier l'exposition au marché intérieur, car c'est celui qui présente le plus grand potentiel de rebondissement, à notre avis.

 

PERSPECTIVES SUR LES MARCHES DES ACTIONS ET DES MATIERES PREMIERES 

Les métaux précieux commencent à rebondir

Les métaux précieux ont terminé l'année 2020 sur une note positive : décembre s'est révélé être un mois faste pour les cours des métaux précieux, comme en ont témoigné les progressions de 7 % de l'or, de 17 % de l'argent et de 11 % du platine, exprimés en dollars.

Les facteurs clés de performance, à savoir des rendements réels à long terme très faibles et une forte croissance de la masse monétaire, sont toujours en place et devraient porter le marché des métaux précieux en 2021.

Le rendement réel américain à 10 ans a atteint un plancher historique, à moins de 1 %, et il est encore plus bas dans la zone euro, à -1,5 %. De même, le soutien des banques centrales à la reprise économique par le biais de mesures d'assouplissement quantitatif entraîne une croissance très élevée de la masse monétaire, de 25 % en glissement annuel aux États-Unis (M2) et de 11 % dans la zone euro (M3). Ces deux facteurs laissent entrevoir des perspectives positives pour les métaux précieux.

La demande industrielle d’argent se redresse également rapidement (grâce à la demande de panneaux solaires et de produits électroniques) de même que celle de platine en raison d'une reprise de la demande de pots catalytiques automobiles. Dans le même temps, l'offre ne peut pas réagir compte tenu de la durée du cycle d'investissement minier.

Le dynamisme des marchés boursiers est favorisé par la hausse des anticipations d'inflation : en fin de compte, les marchés boursiers sont guidés par une combinaison de la croissance des bénéfices et d’ de l’expansion ou de la contraction des multiples de valorisation.

Le multiple de valorisation est largement déterminé par les taux réels à long terme, qui restent favorables, tout comme les métaux précieux. Les prévisions du consensus en matière de bénéfices poursuivent leur redressement, aidées par de très bonnes surprises en matière de bénéfices pour le T3 2020 (surtout aux États-Unis).

Le principal risque d'une dynamique boursière positive est que de nouveaux confinements altèrent les prévisions de bénéfices des entreprises pour le premier trimestre 2021 - mais ce n'est pas notre scénario central.

Nous maintenons nos perspectives positives pour les marchés actions du Japon, des marchés émergents et de la zone euro, tout en relevant notre opinion sur les actions du Royaume-Uni, qui est devenu positive ce mois-ci. Nous continuons de privilégier l'exposition aux petites et moyennes capitalisations ainsi qu’aux secteurs cycliques tels que les biens industriels.

 

PERSPECTIVES SUR LES OBLIGATIONS, LE CREDIT ET LE MARCHE DES CHANGES

Le rendement des bons du Trésor américain à 10 ans dépasse 1 %

Les rendements du Trésor américain augmentent, au détriment des performances : depuis le début du mois d'août 2020, les rendements des obligations du Trésor américain ont augmenté, passant d'un point bas à 0,5 % à plus de 1 % au 5 janvier 2021. Sur cette période, les bons du Trésor américain à 10 ans ont affiché un rendement de   -8 %, ce qui montre que les marchés des obligations souveraines sont vulnérables à toute hausse des anticipations inflationnistes. Nous restons prudents en ce qui concerne les obligations nominales du Trésor américain, et préférons l'exposition aux obligations américaines indexées sur l'inflation (TIP).

Malgré les efforts de la BCE, les prévisions d'inflation à long terme en euros peinent à dépasser 1,3 %, ce qui contraste fortement avec les États-Unis. Cela se reflète dans la stabilité des performances des obligations souveraines du noyau dur de la zone euro depuis octobre 2020, surpassant ainsi les États-Unis.

Les rendements des BTP italiens sous la menace de tensions politiques : les tensions actuelles entre le Premier ministre Conte et le partenaire de coalition Renzi pourraient inverser la chute des rendements du BTP italien qui a généré un rendement total de 8% au cours de l'année écoulée. Nous considérerions toute hausse du rendement du BTP comme temporaire et même comme une opportunité d'achat potentielle, étant donné la faible probabilité d'élections anticipées.

Les « anges déchus » suivent les actions à la hausse : le crédit américain à haut rendement des « anges déchus » continue de surpasser le crédit américain investment grade et les obligations du Trésor américain, gagnant 3 % par rapport à décembre. Avec un rendement de 5 % toujours offert, nous réitérons nos perspectives positives sur ce segment du marché du crédit.

Le dollar américain continue de baisser, mais tout le monde a-t-il vendu à découvert ? L'indice du dollar américain n'a cessé de baisser depuis mars 2020 ; selon BNP Paribas CIB, le positionnement du dollar se situe désormais à un niveau de -28 nets (sur 50), ce qui indique que la plupart des investisseurs sont déjà positionnés en vue d'un affaiblissement du billet vert. Nous prévoyons toujours un léger affaiblissement du dollar en 2021, mais la majeure partie de la dévaluation pourrait déjà avoir eu lieu, du moins pour l'instant.

CONCLUSION

Les investisseurs sont inexorablement contraints d'augmenter les courbes de risque et de maturité dans leur quête de revenus. Nous aimons les anges déchus du crédit américain, les actions privilégiées américaines et les obligations souveraines en devises fortes des pays émergents, pour des rendements positifs. Les fonds obligataires à performance absolue constituent selon nous une alternative moins risquée aux emprunts d'État américains et européens à faible rendement.

 

 

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