Comment les tendances démographiques améliorent la qualité de vie
#Articles — 14.12.2020

Influences générationelles : les tendances démographiques améliorent la qualité de vie

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Les pays développés sont sur le point de connaître une forte hausse de la demande de logement, sous l'effet d'une combinaison de tendances démographiques. Peut ainsi être citée l’explosion de la demande d’une cohorte surdimensionnée du « millennials » aux États-Unis, qui entre dans l'ère de l'achat de leur maison principale.

Le vieillissement mondial de la population et le coût disproportionné des soins de santé en fin de vie sont des tendances qui entraînent un important besoin de garantir des années de vie supplémentaires dans des conditions saines, tout en maîtrisant les coûts. Face à cet enjeu de politique publique, les mesures préventives d’amélioration des mode de vie et de soins de santé offrent des opportunités de croissance structurelle à long terme. 

NOS RECOMMANDATIONS


La croissance structurelle de la demande de logements aux États-Unis, en Europe et en Asie favorise :

  • Les valeurs américaines et européennes de construction de logements.
  • Les matériaux de construction et matériel de commerce de bricolage.
  • La demande de matières premières, notamment le cuivre et le bois.
  • Les fonds d'investissement immobiliers résidentiels.

L'amélioration de la santé et de l'espérance de vie oriente la demande vers :

  • Les sociétés pharmaceutiques/biotech spécialisées dans l'oncologie et les traitements contre Alzheimer / démence.
  • Les entreprises mondiales d'appareils médicaux.
  • Les équipements de fitness domestique et connectés.
  • Les « produits de nutrition » - les entreprises du secteur de l'alimentation et des boissons spécialisées dans l'amélioration de la nutrition sanitaire.

 

Sur les marchés émergents, le principal moteur reste la combinaison de la croissance de la population et de l'augmentation du pouvoir d'achat d'une classe moyenne en plein essor : en Chine, en Asie du Sud-Est et de plus en plus en Inde. Dans les économies plus matures de l'OCDE en Europe et en Amérique du Nord, il existe différentes forces démographiques structurelles à l'œuvre.

1. Hausse démographique des « millenials » aux États-Unis : on observe une augmentation de la population dans les cohortes clés de 20-29 et 30-39 ans, dans lesquels les adultes voient la croissance des revenus la plus rapide. Ils forment également leur propre unité familiale, créant ainsi une demande de logements.

2Célibataire plus longtemps : la deuxième tendance structurelle qui entraine une exagération de cette croissance est le choix des jeunes adultes de rester célibataires plus longtemps, ce qui conduit à une plus grande demande de petites unités d'habitation. La troisième tendance structurelle est la montée en puissance des structures familiales non nucléaires, qui accélère la demande de logements de plus petite taille.

3. Transmettre la richesse aux générations suivantes : la dernière tendance structurelle est la transmission de la richesse aux générations suivantes, généralement des parents nouvellement retraités à leurs enfants qui sont souvent dans la tranche d'âge de 30-39 ans pour les aider à acheter leur première maison. On y parvient souvent en libérant des capitaux propres (leur maison, a bénéficié de la forte croissance des prix des logements au cours des 20 dernières années grâce à la baisse des taux d'intérêt à long terme).

 

Pénurie de logements

Aujourd'hui, le point de départ de la demande de logements aux États-Unis et en Europe est une pénurie de logements existants, due au krach de la construction résidentielle après la Grande Crise Financière de 2007-2009 et à l'effondrement des prix de l'immobilier qui s'en est suivi. Si les mises en chantier de logements aux États-Unis et en Europe se sont légèrement redressées par rapport à leurs points bas d'après crise, elles restent toutefois très éloignées des niveaux d'avant crise.

 

L'inflation actuelle des soins de santé est insoutenable

La question clé est la charge de plus en plus lourde qui pèse sur les systèmes de santé, qu'ils soient en grande partie privés et financés par des assurances (comme aux États-Unis) ou publiques (comme en Europe). Au Royaume-Uni, par exemple, la comparaison des frais de soin d’un jeune de 30 ans, avec ceux de retraités de 75 ans et 80 ans, montre que les soins de ces derniers coûtent respectivement trois fois et cinq fois plus cher. Aux États-Unis, les dépenses de santé moyennes par personne passent de moins de 3 000 $ dans la tranche d'âge 18-44 ans à 11 316 $ pour les personnes âgées de 65 ans et plus.

Le défi est donc double : non seulement prolonger la durée de vie des individus, mais surtout augmenter leur nombre
d '« années de vie en bonne santé », tout en réduisant le coût des soins de santé pour les retraités.

 

Mettre l'accent sur la prévention est plus rentable que de guérir

Partant du principe qu'il vaut mieux prévenir que guérir, les stratégies de soins de santé doivent se concentrer sur la promotion de modes de vie plus sains, non seulement pour les générations plus âgées, mais aussi pour les personnes en âge de travailler, afin de prolonger leur durée de vie dans les meilleures conditions.

 

Lutter contre l'épidémie d'obésité

Plutôt que de se contenter de traiter les symptômes des maladies cardiaques et de divers cancers, l'accent doit être mis sur la prévention de l'obésité et du diabète de type 2. Il s'agit à la fois d'une alimentation plus saine (voir la tendance impressionnante de la croissance de la nourriture végétarienne, sans gluten) et de l’activité physique régulière (couvrant toute la gamme des technologies liées au sport, depuis les objets connectés de fitness jusqu'aux vélos d'exercice). C'est peut-être dans ces domaines que les plus grandes améliorations en matière de prévention des maladies peuvent être apportées au fil du temps, à un coût économique relativement faible. 

PRINCIPAUX RISQUES

La hausse des rendements obligataires à long terme conduirait inévitablement à une hausse des taux hypothécaires fixes à long terme et nuirait à l'accessibilité au logement. Les fortes hausses du taux de chômage lors des récessions économiques ont aussi traditionnellement été associées à une baisse de la demande de logements neufs, ce qui réduit la capacité à assurer le service des prêts hypothécaires.

Les valeurs technologiques et liées à l’équipement de santé se sont très bien comportées en 2020, tout comme le secteur technologique américain ; par conséquent, toute rotation en faveur du style « value » au détriment de la croissance pourrait bien conduire à une sous-performance de ces valeurs.