COVID-19 : MISE A JOUR DU 19 MARS

COVID 19 : MISE A JOUR DU 19 MARS

Florent Bronès, Chief Investment Officer

Les niveaux de volatilité sur les marchés sont encore très élevés, l’incertitude demeure majeure à court terme.

BNP Paribas Wealth Management

La séance du 18 mars a été particulière car les prix de quasiment tous les actifs financiers ont baissé : il n’y a pas eu de valeurs refuge, ou très peu. Les actions ont baissé fortement, les taux obligataires se sont tendus (ce qui signifie une diminution de la valeur des obligations), le pétrole a touché de nouveaux plus bas (25 dollars le baril de Brent, en rebond ce matin de plus de 2$). Même l’or a baissé et ce d’ailleurs depuis quelques jours !  Le dollar joue en revanche encore un rôle de valeur refuge.

Ce matin du 19 mars, on constate un calme relatif : légères baisses des bourses asiatiques, rebond des bourses européennes et du pétrole, contrats à terme américains stables.

Sur le plan de la pandémie du Covid-19, la situation continue de se détériorer en Europe, épicentre de l’épidémie en ce moment, avec toujours une dramatique hausse du nombre de cas d’infections et de décès. Cependant, signe précurseur positif, la vitesse de la hausse ralentit en Italie et en Espagne. Cela reste à confirmer dans les prochains jours.

Deux nouvelles négatives à noter ce jour : certains pays asiatiques font face à une nouvelle hausse des cas d’infections par des cas importés (d’Europe ou des États-Unis). Cela concerne un petit nombre de cas, mais fait craindre une deuxième vague d’épidémie. De plus, on constate une forte hausse des infections déclarées aux Etats-Unis (+45% hier) et au Royaume Uni (+35% hier), pays en retard de quelques jours semble-t-il par rapport à l’Europe continentale.

Les réactions en termes de politiques économiques se multiplient et s’amplifient. Hier, la BCE a augmenté la taille de son programme de rachats d’obligations (QE, quantitative Easing) à 750 milliards d’€. Elle précise que l’ampleur du programme, déjà considérable, pourrait être encore augmentée si besoin. Elle achètera des titres publics, y compris grecs et privés. Elle étend ce programme au papier commercial, suivant ainsi l’exemple de la Fed. Enfin, elle élargit les garanties admissibles en collatéral.

La Fed a également pris de nouvelles mesures, notamment en élargissant les garanties admises en collatéral et en se portant garante du bon fonctionnement du marché monétaire américain. Ces outils ont déjà été utilisés pendant la grande crise financière de 2008/2009, mais à plus petite échelle.

D’autres banques centrales sont intervenues, par exemple en Australie (programme de Quantitative Easing visant un objectif de taux obligataire bas) ou en Corée du sud (programme de QE classique).

(Tableau dans le pdf disponible à la fin de l'article)

Toutes ces interventions des banques centrales et des gouvernements ont un impact immédiat sur le marché obligataire et l’on constate une repentification des courbes de taux d’intérêt. Les taux courts restent bas, proches de 0 ou négatifs en Europe et Japon, car les banques centrales amplifient l’accommodation monétaire. La partie longue des courbes remonte quant à elles, car les émissions des différents gouvernements vont s’accélérer. La reprise économique commence à être intégrée par les marchés obligataires, c’est le schéma en U qui devrait se produire pour les économies, les taux d’intérêt et les bourses.

Le risque de « credit crunch » reste présent. Les conditions de liquidités dans certains segments de marché se tendent. Bref des ventes forcées sont réalisées et amplifient les mouvements de volatilité. Certains fonds britanniques d’immobilier viennent de prendre la décision, soutenue par les autorités, de fermer provisoirement pour éviter des ventes à cours trop dépréciés.

 

En résumé, pas de changement dans notre message de base. Aujourd’hui encore, la peur/panique fait oublier que les instruments de politiques économiques sont très puissants. Le timing du rebond dépendra toujours des nouvelles sur la pandémie, nouvelles qui sont par nature imprévisibles. Des opportunités se présentent dans une optique d’investissement de moyen long terme.