Les enjeux des élections allemandes
#Articles — 21.09.2021

LES ENJEUX DES ELECTIONS ALLEMANDES

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Résumé

·         Les prochaines élections fédérales en Allemagne auront lieu dimanche 26 septembre. Des sondages récents suggèrent une probabilité accrue d'un gouvernement dirigé par les sociaux-démocrates (SPD). Environ 40 % des électeurs restent indécis.

·         En cas de victoire du SPD, nous assisterions à une augmentation des chances d'une coalition « traffic light » avec les Verts et les Libres Démocrates, même si une coalition « Jamaïque » avec la participation des chrétiens-démocrates au lieu du SPD serait encore possible.

·         Tous les partis voudront qu'un nouveau gouvernement soit en place avant que la France ne prenne la présidence tournante du Conseil de l'UE en janvier et que les élections présidentielles françaises aient lieu en avril.

·         Lutter contre le changement climatique et se concentrer sur les programmes de dépenses d'infrastructure semble tout à fait consensuel. La plupart des autres sujets ont divisé SPD/Green par rapport à CDU/CSU et aux libéraux. Dans l'ensemble, ces coalitions sont favorables à la croissance pour l'Allemagne et la zone euro.

·         Quel que soit le résultat des élections, l'effet sur la politique sera limité. En effet, le système politique allemand est très consensuel car la plupart des questions clés nécessitent l'approbation de la deuxième chambre du parlement (le « Bundesrat ») où tous les partis, à l'exception de l'AfD (extrême droite), sont impliqués.

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Les coalitions probables

Les prochaines élections fédérales en Allemagne auront lieu le dimanche 26 septembre. Des sondages récents suggèrent une probabilité accrue d'un gouvernement dirigé par les sociaux-démocrates (SPD), mais l'issue reste incertaine. Les débats télévisés avec les trois principaux candidats (SPD, Verts et CDU/CSU) ont permis de clarifier les positions mais n’ont pas mené à des changements importants dans les enquêtes d’opinion. Le dernier débat de dimanche 19 n'a pas été une grande surprise. Les probabilités de victoire n'ont pas beaucoup évoluées à la suite de cet événement. Si le SPD gagnait, nous verrions les chances d'une coalition « traffic light » avec les Verts et les Libres Démocrates augmenter, bien qu'une coalition « Jamaïque » avec la participation des chrétiens-démocrates au lieu du SPD soit encore possible. 

À ce stade, nous ne pensons pas qu'une coalition de gauche (SPD, Ecologie et Gauche) soit très probable. Scholz et les Verts considèrent comme radicales certaines positions de la Gauche  (notamment liées à l'OTAN et à l'UE) et rend une telle coalition improbable. L'aile gauche du SPD serait satisfaite d’une telle situation, mais nous nous attendons à ce que l'équilibre interne passe à Scholz en cas de victoire du SPD. L'option n'a toutefois pas été officiellement exclue pour deux raisons principales (1) Ne pas aliéner les électeurs et (2) En tant qu'outil de négociation lors de la formation d'une coalition. Selon un récent sondage publié le 14 septembre, environ 40 % des électeurs restent indécis quant au parti à voter. Le taux de participation devrait être élevé. Le SPD garde une petite avance, mais la forte proportion d'électeurs indécis suggère que la course reste assez ouverte.

Alors qu'il semble y avoir un consensus sur les deux premières questions, il existe de grandes divergences d'opinion sur les autres. Globalement, le SPD et les écologistes et, pour certains, le parti de gauche défendent des positions similaires. Le contraire est vrai pour le FDP et aussi pour la CDU/CSU.

Un gouvernement dirigé par le SPD soutiendrait notre vision d'une politique budgétaire plus favorable à la croissance en Allemagne. Un gouvernement dirigé par le SPD augmenterait également les chances d'un assouplissement des règles budgétaires européennes.  Dans un tel scénario, la CDU/CSU, en particulier en tant que parti d'opposition, s'opposerait probablement à des changements tels que le frein à la dette et s'en tiendrait à ses valeurs fondamentales de discipline budgétaire. Les Verts auraient tendance à contourner le frein de la dette plutôt qu'à le desserrer.  Cela pourrait se faire par la mise en place d'un véhicule spécial hors budget.

Compte tenu des résultats les plus probables des élections (voir graphiques), les effets sur la politique et la croissance économique mondiale devraient être limités. En effet, le système politique allemand est assez difficile à changer car la plupart des questions clés nécessitent l'approbation de la deuxième chambre du parlement (le Bundesrat). Cette chambre représente les gouvernements des États (« Bundesländer ») où tous les partis, à l'exception de l'AfD (extrême droite), sont représentés.