Quelles perspectives pour 2021 ?
#Articles — 04.01.2021

Quelles perspectives pour 2021 ?

Xavier Timmermans

Malgré les drames humains, les revers économiques et les incertitudes politiques, l’année boursière 2020 s’est étonnamment bien terminée pour la plupart des marchés et même de façon exceptionnelle pour les États-Unis. Après cela, que nous réserve 2021 ?

BNP Paribas Wealth Management

Des résultats inespérés

Le S&P 500 a terminé l’année sur un gain de 16,3% et le Nasdaq de 43,6%. Par comparaison, les indices européens font bien pâle figure : le Stoxx Europe 600 -4,0%, tiré par le bas par le Royaume-Uni, le FTSE 100 perdant 14,3% (en GBP).

 

Les indices américains ont été fortement tirés à la hausse par les géants de la technologie et de l’internet. Apple, Amazon et Netflix, les grandes gagnantes de la  Covid-19, ont gagné plus de 160%.

 

En Asie, les pays dont les bourses se sont le plus appréciées sont ceux qui ont le mieux contenu le virus et dont l’indice phare comprend le plus de valeurs technologiques. Les indices de la Corée du Sud et de la Chine ont gagné respectivement 31% et 25%. Par contre l’indice de Singapour, très chargé en valeurs cycliques a baissé de 11% et celui des Philippines, exemple de pays très affecté par la pandémie, -9%. Au total, l’indice des pays émergents s’est apprécié de 14,5% (en dollars).

 

Les bourses ont-elles pris trop d’avance sur la réalité économique ? 

Répondre à cette question n’est pas facile car les impondérables peuvent être nombreux.

Mais notre conviction est que la combinaison des stimuli des banques centrales, des aides gouvernementales et les effets prometteurs des vaccins devraient conduire à une accélération de la croissance mondiale.

 

S’il y a des déceptions, des retards, inévitablement nous aurons des rechutes. Celles-ci devraient cependant être temporaires. Pour ceux qui ont de l’épargne à long terme, nous conseillons de rester investi en actions et de tolérer la volatilité. D’abord parce qu’il y a encore un potentiel de hausse grâce au redressement attendu des bénéfices. Ensuite parce que les alternatives sont coûteuses à la longue, le cash et les obligations ayant des rendements négatifs après inflation.

 

Les tendances de 2020 vont-elles se prolonger en 2021 ?

Les gagnants de 2021 ne seront vraisemblablement pas les mêmes que ceux de 2020.

Les performances 2020 de valeurs comme Apple (+177%), Amazon (+171%), Netflix (+162%)… sont difficilement répétables. Ces valeurs ont toujours été chères mais leurs bénéfices ont régulièrement dépassé les attentes au fur et à mesure qu’elles ont créé des situations de monopole. Cependant, aux États-Unis, la nouvelle administration démocrate sera plus dure vis-à-vis des situations monopolistiques, en Chine aussi comme on vient de le voir avec Alibaba. Quant à l’Europe, elle s’attaque à l’absence de fiscalité dont ces géants jouissent.

 

Quels pourraient être les gagnants de 2021 ?

Nous restons positifs sur le secteur de la technologie car les taux d’intérêts bas favorisent les valeurs de croissance. Mais mieux vaut ne pas être trop exposé aux géants et s’intéresser à des entreprises innovantes de plus petites tailles dans des créneaux comme l’intelligence artificielle, la 5G, le stockage, la cyber-sécurité, les biotechnologies et l’innovation médicale.

 

Aux côté des valeurs de croissance, nous préconisons les cycliques de qualité. Les marchés qui devraient le plus profiter de la reprise de la croissance mondiale sont ceux qui ont beaucoup de valeurs cycliques comme le Japon. Maintenant qu’un accord sur l’après-Brexit a été conclu, on peut y ajouter la Grande Bretagne. C’est le moins cher des pays développés. Le UK FTSE 350 (grandes et moyennes sociétés) a un P/E attendu sur 12 mois inférieur à 10x avec un rendement des dividendes attendus de plus de 4%.

 

Les pays émergents devraient également bien se comporter, aidés par un dollar plus faible et par une hausse attendue des matières premières. Les métaux industriels, en particulier le cuivre et le nickel, devraient profiter de la transition énergétique.

 

Aux États-Unis et en Europe, les petites et moyennes capitalisations devraient faire mieux que les grandes.

 

Ce qui ne devrait pas changer, c’est la surperformance des thèmes SRI/ESG. Les sociétés qui apportent des solutions aux problèmes du moment auront encore le vent en poupe pour des années. 

 

Bonne année et surtout bonne santé à tous