Redressement boursier malgré les résurgences du Covid-19
#Articles — 06.07.2020

Redressement boursier malgré les résurgences du Covid-19

Xavier Timmermans, Investment Advisor, Belgique

Entre les craintes suscitées par la résurgence des contaminations dans les états du sud et de l’ouest des États-Unis et de bonnes surprises sur le plan économique, les marchés semblent ne retenir que ces dernières. Le S&P 500 a récupéré 4% sur la semaine contre 2% pour le Stoxx Europe

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Une étonnante résilience

De façon assez surprenante, les actions américaines se sont montrées très résilientes face à l’inquiétante hausse des infections au coronavirus.  Le sentiment qui prédomine dans les marchés est que les autorités américaines vont tout faire pour éviter de nouvelles mesures de confinement généralisé afin de préserver au maximum la croissance économique.

 

La hausse des contaminations dans les états du sud et de l’ouest est impressionnante mais jusqu’à présent le système hospitalier n’est pas débordé et le nombre de victimes ne suit pas la même progression. Bien sûr, cela peut encore venir. Les deux prochaines semaines seront cruciales à cet égard. Mais si cela reste le cas, grâce notamment aux nouveaux traitements, ce sera un grand soulagement et les récents gains liés aux bonnes surprises économiques auront plus de chances d’être préservés.

 

L’évolution de la pandémie dans le reste du monde, notamment en Amérique latine, en Inde et en Iran, reste également préoccupante.

 

Beaucoup de bonnes surprises économiques

En juin, 4,8 millions d’emplois ont été créés aux États-Unis, nettement plus que les 3,2 millions prévus par les économistes et les 2,7 (révisés à la hausse) du mois précédent. Le chômage a baissé de 13,6% en mai à 11,1% en juin (12,5% prévu).

 

L’indice des directeurs des achats de l’Institute of Supply Management (ISM) pour le secteur manufacturier est remonté de 43,1 à 52,6. L’indice des nouvelles commandes est quant à lui passé de 31,8 à 56,4 soit clairement au-dessus de 50, ce qui indique un retour de la croissance.

 

En zone euro, les indices PMI ont aussi surpris positivement mais ne sont pas encore repassés au-dessus de 50. En Chine, l’indice PMI calculé par Caixin/Markit pour les services a atteint un plus haut de 10 ans à 58,6. Il était tombé à 26,5 en février au moment du confinement.  

 

Et ensuite ?

Ce lundi, l’attention portera sur les ventes au détail dans la zone euro et sur l’ISM des services aux États-Unis.

 

Outre l’évolution sanitaire, le prochain test viendra avec la publication des résultats des entreprises au deuxième trimestre d’ici un peu plus d’une semaine. On sait que ceux-ci seront mauvais.  Pour les sociétés du S&P 500, les analystes attendent une baisse de 44% après un recul de 18% au premier trimestre.

 

Mais ce qui importera surtout pour les investisseurs, ce sont les messages que donneront les entreprises. Si elles en donnent, car au premier trimestre 42% des entreprises du S&P 500 ont refusé de donner la moindre guidance sur le trimestre suivant. Signe encourageant, le ratio des révisions des analystes financiers à la hausse et à la baisse est sensiblement remonté en juin.