Remarquable résilience
#Articles — 14.01.2020

Remarquable résilience

Xavier Timmermans, Chief Investment Advisor, Belgique

Investment theme 7 | BNP PARIBAS WEALTH MANAGEMENT

Malgré les intenses tensions géopolitiques de ce début janvier, les indices boursiers ont réussi à progresser. Sur la semaine, le Stoxx Europe 600 s’est apprécié de 0,2% et le S&P 500 de 0,9%. Sur le plan économique, les chiffres ont été contrastés avec un ISM des services surprenant positivement mais un rapport de l’emploi américain quelque peu décevant. Les obligations et l’or ont progressé mais le pétrole a perdu tous ses gains de ce début d’année.

Rapport de l’emploi mitigé

Le marché du travail aux États-Unis a ralenti en fin d’année : 145.000 emplois ont été créés en décembre contre 160.000 prévus et 256.000 (révisés à la baisse) le mois précédent. Le taux de chômage est resté à 3,5%, au plus bas depuis 50 ans. La croissance des salaires a diminué à 2,9%. Un point positif est la baisse du taux de sous-emplois (« U-6 ») à 6,7%, au plus bas depuis 1994. Ce taux reflète mieux le véritable état du marché du travail car il inclut les travailleurs à temps partiels qui préféreraient un plein temps et ceux qui ne sont pas en recherche active.

L’ISM des services a surpris positivement en remontant à 55 contrastant avec l’ISM du secteur manufacturier qui avait baissé à 47,2. Étonnement, les services semblent ne pas être touchés par le ralentissement du secteur industriel.

Ces chiffres ne devraient pas inciter la Fed à changer sa politique monétaire. Les créations d’emplois de ces derniers mois restent élevées et largement suffisantes que pour absorber les nouveaux venus sur le marché du travail. Elle devrait maintenir sa période de pause le temps de voir les résultats des trois baisses de taux de 2019.

Un déluge d’obligations

Les tensions au Moyen Orient ont attisé l’appétit pour les valeurs refuges dont les obligations malgré leurs bas rendements. Les rendements des obligations de Trésor US à 10 ans ont à nouveau baissé à 1,82%. Cela a aidé au placement de volumes records de nouvelles émissions cette semaine : 92,5 milliards d’euros en Europe et 84 milliards de dollars aux USA.

Prix du pétrole

Les prix du baril de Brent ont à nouveau baissé à 65 USD, en-dessous du niveau antérieur à l’exécution du général Soleimani. La baisse des tensions entre l’Iran et les États-Unis a eu plus d’effet sur le pétrole que sur l’or.

Au programme cette semaine

Mercredi est le jour ou l’accord commercial « Phase 1 » entre Chinois et Américains doit être signé à la Maison Blanche. Les investisseurs resteront en alerte d’abord parce qu’un délai de dernière minute n’est pas à exclure et ensuite quant au contenu de l’accord : va-t-il répondre à ses promesses ? Sera-t-il suffisant que pour faire revenir la confiance dans le secteur manufacturier ? La publication des résultats du quatrième trimestre commence cette semaine avec ceux des grandes banques américaines. Les attentes sont basses. Les analystes tablent sur un deuxième trimestre d’affilée de croissance négative des bénéfices. Cela n’a pas empêché les indices américains d’enregistrer de nouveaux records car les prévisions pour les prochains trimestres sont nettement plus positives. Nous serons donc très attentifs quant à la guidance que vont donner les entreprises : confirment-elles bien cette amélioration ? Les indices boursiers se sont montrés remarquablement résilients face aux tensions Iran-USA. Cette résilience va être maintenant testée avec l’accord « Phase 1 » et les résultats des entreprises au quatrième trimestre.