Revue des performances du troisième trimestre 2020 par classes d'actifs
#Articles — 13.10.2020

Revue des performances du troisième trimestre 2020 par classes d'actifs

Guy Ertz, Chief Investment Advisor

Un troisième trimestre qui apporte son premier lot de bonnes nouvelles

Investment theme 7 | BNP PARIBAS WEALTH MANAGEMENT

EN UN MOT :

·       La plupart des actions ont bien rebondi au cours du troisième trimestre, et se remettent du confinement causé par le virus. Les actions des pays émergents asiatiques et des États-Unis sont particulièrement performantes, tandis que les actions européennes accusent un certain retard.

·       Concernant les devises, l'euro a connu un retour en force, se renforçant de 4,3% par rapport au dollar. C'est la meilleure performance de l'EURUSD depuis le deuxième trimestre 2017. Cela a également conduit à une performance positive de l'euro par rapport au dollar depuis le début de l'année.

·       La plupart des matières premières se sont bien comportées, en particulier les valeurs refuges telles que l'or et l'argent. Par ailleurs, les prix du pétrole ont continué à baisser. Sur l'année, les métaux précieux et, dans une moindre mesure, les métaux industriels ont maintenu une performance positive.

·       La performance des investissements alternatifs a été globalement positive, la reprise après le choc de mars s'étant poursuivie. Cependant, elle reste négative sur l'année.

·       Les actifs immobiliers ont connu un rebond assez modeste après la forte baisse enregistrée lors de la crise de la COVID-19.

 

Les marchés des actions ont enregistré des performances très inégales. Ainsi, le MSCI World a enregistré une performance de 7,5% (en dollars) au troisième trimestre, après avoir été largement impacté par la Covid-19, les actions mondiales ont connu un rebond impressionnant.

 

Marchés des actions

Aux États-Unis, le S&P500 a augmenté de 8,5% au cours du troisième trimestre, mais les actions américaines du S&P500 ont reculé en septembre de 3,8% et de 5,1% pour le NASDAQ. En termes relatifs, elles ont été parmi les plus performantes grâce à leurs valeurs technologiques. Les actions du "Awesome 8" (Amazon, Apple, Facebook, Google, Microsoft, Netflix, Nvidia et Tesla) ont augmenté de 59% depuis le début de l'année. Les marchés des actions semblent ignorer l'intensification des tensions entre les États-Unis et la Chine, tant qu’ils sont soutenus par les mesures massives de relance monétaire et fiscale.

En Europe, le STOXX 600 est resté pratiquement inchangé au troisième trimestre (-0,2%), principalement en raison de la faible performance de trois marchés, l'Espagne (IBEX35), la Belgique (BEL 20) et la France (CAC40), en baisse respectivement de -7,1%, -2,8% et -2,7%. La performance du marché allemand a contribué à compenser quelque peu cette baisse et demeure la meilleure performance européenne avec un rendement de 3,7 % sur le trimestre. La probabilité croissante d'un Brexit sans accord semble avoir particulièrement affecté le FTSE100 pour le Royaume-Uni, qui a chuté de -4,9% sur la période. L'indice Nikkei 225 et le KOSPI, d'autre part, ont réalisé de bonnes performances avec respectivement +4% et +10,4% au troisième trimestre. L'Asie a été touchée par le virus avant l'Europe et les États-Unis, et les économies se sont redressées plus tôt et plus vigoureusement. Les performances des marchés émergents sont également très inégales. Le MSCI Emerging Markets a augmenté de +8,7% (en USD). Le MSCI EM LATAM a enregistré une performance négative de -2,1%(en USD), notamment à cause du Brésil, troisième pays le plus touché par le virus (plus de 5 millions de cas). Le MSCI EM Asian a réalisé une très bonne performance ce trimestre avec +11,1% (en USD), mené par la Chine, qui semble être l'économie la plus résistante face au virus. La Chine devrait être le seul grand pays à avoir une croissance positive de son PIB en 2020 et le marché boursier (MSCI30) a enregistré une performance de 10,2 % au dernier trimestre.

 

Marchés obligataire

Les rendements obligataires ont été positifs en moyenne au troisième trimestre, avec une surperformance des actifs à risque grâce aux mesures de relance gouvernementale et à l'intervention des banques centrales pour supprimer la volatilité. Les rendements des obligations d'État américaines et allemandes ont peu varié, ce qui a permis aux obligations souveraines d'offrir des rendements légèrement positifs, de respectivement +0,2% et +0,5%. La BCE a poursuivi sa politique visant à prévenir la fragmentation de la zone euro. Les écarts de rendement par rapport aux Bunds se sont resserrés en réaction, permettant aux obligations semi-étatiques comme les obligations d'État françaises de gagner 1,1% et aux obligations périphériques de gagner environ +1,6 % notamment pour les obligations d'État portugaises, espagnoles et grecques. Le gouvernement italien a fait mieux que prévu grâce à la stabilité politique de certaines élections régionales et a réalisé un rendement de +3,4%. Les obligations indexées sur l'inflation ont offert de meilleurs rendements que les obligations nominales aux États-Unis (3,0% contre 0,2%) et des rendements globalement similaires dans la zone euro (1,7% contre 1,5%). Le sentiment de risque a prévalu pour les obligations d'entreprises. Les obligations à haut rendement ont augmenté de 4,6% aux États-Unis et de 2,6% dans la zone euro, tandis que les obligations Investment Grade ont rapporté respectivement 1,5% et 2,0%. La partie inférieure des obligations américaines à haut rendement (CCC) a enregistré des rendements étonnants (+7,3%). Dans la zone euro, les obligations subordonnées (+1,9%) ont surpassé les obligations de premier rang (1,5%). Concernant les émergents, les obligations d'État en devises fortes ont gagné 2,7% sous l'effet de la chute des rendements réels américains. Les obligations locales ont été fortement touchées par le taux de change, puisqu'elles ont rapporté -2,5% en EUR et +1,8% en USD. Les obligations convertibles dans la zone euro ont bénéficié du resserrement des écarts de taux et de la légère hausse des marchés boursiers et ont gagné 1,6%.

 

Marchés des changes

EUR/USD

L'euro a enregistré un fort rebond par rapport au dollar, passant d'environ 1,12 début juillet à 1,17 fin septembre, et a surperformé le dollar de 4,3% au cours du troisième trimestre. La vague d'incertitude lié au virus a aidé le dollar à regagner du terrain en septembre. La deuxième vague en Europe, où de nombreux gouvernements ont pris des mesures plus restrictives, a alimenté le sentiment de risque. Néanmoins, l'amélioration probable du sentiment de risque devrait être défavorable pour le dollar américain à moyen terme.

EUR/GBP

La livre sterling a souffert des dernières négociations du Brexit, qui ont augmenté les chances de ne pas aboutir à un accord et la livre sterling n'a gagné que 0,2% par rapport à l'euro au cours du troisième trimestre et a oscillé autour de 0,91 à la fin du trimestre. Au cours du premier trimestre, la livre sterling a fortement baissé dans un contexte d'émergence de la pandémie en Europe. La livre sterling a reculé de 4,2%. Au cours du deuxième trimestre, la livre sterling a continué de sous-performer l'euro, tandis que le Royaume-Uni mettait en place un confinement national et que les négociations du Brexit avaient reprises. La livre sterling a continué à baisser et a perdu 2,7% par rapport à l'euro.

USD/JPY

Le yen japonais a augmenté au troisième trimestre de 2,4% par rapport au dollar en réponse aux besoins défensifs des investisseurs. De plus, en tant que monnaie refuge, le yen a bénéficié de l’incertitude liées aux tensions commerciales et à l'émergence du virus qui a particulièrement touché les États-Unis. Récemment, le premier ministre Abe a démissionné en raison de problèmes de santé et Yoshihide Suga, 71 ans, a été élu. Bien que l'impact immédiat sur le yen ait été positif, nous ne nous attendons pas à un changement majeur de la politique monétaire à cause de l’expansion de la dette publique et de la difficulté du pays à échapper à une faible croissance et une faible inflation.

 

La performance du Brent a été relativement faible ce trimestre avec -3,2% (-40,5% sur l’année). Cette performance pourrait s'expliquer par l'augmentation de la production de l'OPEP+, les craintes de nouveaux blocages, celles concernant l'offre (car la Libye pourrait recommencer à exporter), et d'autres facteurs temporaires. Pour refléter cette baisse des prix, le nombre d'appareils de forage actifs aux États-Unis est resté à 183 en septembre contre 713 un an plus tôt et 880 au 31 décembre 2018. L'or est retombé à 1 850 $/oz à la fin du mois de septembre, mais enregistre toujours une hausse de 6,5% ce trimestre, avec une incroyable progression de +24% sur l’année. L'or était considéré comme une protection contre les effets à long terme de la "planche à billets" massive et des tensions politiques. Au global, les métaux précieux ont surpassé l'or avec une performance de +7% au troisième trimestre, en grande partie grâce à la surperformance de l'argent. L'argent a enregistré un rendement de 30,9% au troisième trimestre, soutenu par la forte demande de métaux précieux et par les mesures de relance des banques centrales. Mais, même si l'argent a surperformé le marché au troisième trimestre, il a reculé de 17,4% en septembre. Les métaux industriels ont eu une performance très positive avec une augmentation de 10,6% ce trimestre. Ils ont bénéficié du rebond de la production industrielle chinoise, la Chine étant le premier acheteur. Les perturbations de l'offre contribuent également à la hausse des prix. Dans cette catégorie, le cuivre a été l'un des plus performants avec une hausse de 11,8% sur ce trimestre.Les Matières Premières :

 

 

Investissements alternatifs

Les investissements alternatifs ont connu un troisième trimestre positif, l'indice Hedge Fund Composite a augmenté de 1,4%, et enregistre son cinquième mois positif d'affilée, grâce à la reprise après le choc du mois de mars. Les actions longues/courtes ont été la stratégie la plus performante au sein des investissements alternatifs, avec une augmentation de 2,1 % au cours du troisième trimestre, les marchés des actions étant positifs et les actions de croissance ayant à nouveau dépassé les actions de valeur. Les stratégies de valeur relative ont également continué à bien se comporter et ont enregistré une performance positive de +1,4 %, les écarts de crédit continuant à se normaliser, les crédits moins bien notés surpassant les papiers de meilleure qualité et l'arbitrage convertible étant à nouveau le plus performant. Les stratégies événementielles ont augmenté de 1,1 % et leurs gains proviennent de stratégies directionnelles (Activism, Distressed), tandis que l'arbitrage de fusions-acquisitions a été plus mitigé, avec peu de nouvelles opérations et un mélange de bonnes et moins bonnes évolutions des opérations en cours. La stratégie Macro a été la moins performante au sein des investissements alternatifs avec une perte de -0,1% ce trimestre.

 

Immobilier

Les prix des fonds de placement immobilier commercial (REIT) ont affiché une performance mitigée au cours du troisième trimestre. L'indice mondial a affiché une performance positive de +2%. Bien que les revenus locatifs soient sous pression dans de nombreux secteurs immobiliers, l'impact de la COVID-19 sur la valeur des biens immobiliers est actuellement beaucoup plus difficile à évaluer.

Les sociétés japonaises de placement immobilier ont terminé le troisième trimestre avec la meilleure performance, de +3,5%. Les FPI des États-Unis et de la zone euro ont affiché une performance moins impressionnante au troisième trimestre, avec respectivement +0,9% et +0,8%. Les sociétés immobilières de la zone EMEA ont enregistré une performance modérée avec seulement 0,5%. Les sociétés de placement immobilier de la région Asie-Pacifique affichent une performance négative de -0,1%.

Les REITs du Royaume-Uni ont été les moins performants dans l'univers des REITs, avec un rendement de -2,6 %. Au-delà des inquiétudes liées au virus, la probabilité croissante d'un Brexit sans accord semble avoir particulièrement affecté l'immobilier au Royaume-Uni.