Vers une bonne fin d’année ?
#Articles — 05.11.2019

Vers une bonne fin d’année ?

Xavier Timmermans

La semaine écoulée s’est terminée sur une note optimiste grâce à des créations d’emplois aux États-Unis plus fortes que prévu.

Vers une bonne fin d’année ? I BNP Paribas Wealth Management

Mercredi, le message de la Fed après avoir baissé ses taux pour la troisième fois cette année, a également soutenu les actions. Vendredi, les échos en provenance des négociations commerciales américano-chinoises sont redevenus positifs. Sur la semaine, le S&P500 a gagné 1,5% et enregistré un nouveau record historique vendredi. Les rendements des obligations du trésor à 10 ans ont clôturé à 1,72%. Le Stoxx Europe 600, qui s’était apprécié plus fortement la semaine précédente, n’a progressé que de 0,36% sur la semaine.

 

USA : plus de créations d’emplois que prévu

L’économie américaine a créé 128.000 emplois en octobre et le chiffre de septembre a été révisé à la hausse à 180.000.  Le taux de chômage est remonté de 3,5% (au plus bas depuis 1969) à 3,6% et les salaires ont augmenté de 3% sur un an.

 

Croissance moins faible qu’attendu

Au troisième trimestre la croissance américaine a décéléré à 1,9% en rythme annuel alors que les économistes s’attendaient à 1,6%. Ce sont surtout les investissements des entreprises qui ont chuté alors que les dépenses de consommation ont ralenti mais beaucoup moins fortement. L’investissement résidentiel, réanimé par deux baisses de taux, semble bien repartir.

L’indice ISM manufacturier (directeurs des achats) s’est contracté plus que prévu en octobre mais, pour la première fois en 7 mois, s’est amélioré par rapport au mois précédent. Il est passé de 47,8 à 48,3 et reste donc en zone de contraction (en-dessous de 50).

 

En Europe aussi mais pas en Chine

En Europe également, la croissance du PIB au troisième trimestre a été moins faible que les économistes le prévoyaient. Les indices PMI manufacturier (directeurs des achats) de la France et de l’Italie ont surpris positivement tandis que celui de l’Allemagne reste très bas mais en légère amélioration.

En Chine par contre le PMI du secteur manufacturier a baissé pour le sixième mois d’affilée à 49,3 et celui des services est encore en zone de croissance (à 52,8) mais à son plus bas niveau depuis début 2016. Un accord commercial serait donc très bien venu.

 

Le message de la Fed a été bien reçu

Le rapport de l’emploi est venu juste après la baisse des taux de la Fed mercredi dernier. Il renforce le message d’une politique monétaire qui est maintenant « à la bonne place » et qu’il ne faut s’attendre ni à une baisse ni à une hausse dans un avenir proche. Il consolide le scénario que l’économie américaine devrait se maintenir grâce au pouvoir d’achat des consommateurs. Le redémarrage du secteur du logement devrait également compenser un peu l’effet du ralentissement mondial.

 

Quelles conclusions ?

L’économie américaine devrait atterrir en douceur grâce aux baisses de taux et à l’amélioration des conditions financières. Le rapport de l’emploi renforce l’opinion d’une absence de récession en 2020.

Les bénéfices des entreprises au troisième trimestre ont jusqu’à présent surpris positivement mais par rapport à des prévisions très basses. Ces résultats ont entraîné de grosses fluctuations sur certaines valeurs mais globalement la réaction des marchés est positive et pas seulement aux États-Unis. Nous nous attendions à ce que la guidance des entreprises soit prudente voire négative étant donné que les estimations de bénéfices pour 2020 nous semblent encore trop optimistes vu le contexte économique. Mais il ressort qu’elles anticipent un meilleur quatrième trimestre. Les bénéfices par titre prévus pour 2020 devraient encore être en croissance (plus proches de 5% que des 10% prévus pour le MSCI World ACI), ce qui devrait soutenir les actions.

Les actions nous semblent encore avoir un potentiel de hausse pour autant que les espoirs de trêve dans la guerre commerciale se concrétisent bien.