Focus Fixed Income - Octobre 2020
#Articles — 09.10.2020

Focus Fixed Income - Octobre 2020

Edouard Desbonnets, Investment Advisor Fixed Income

Les risques à court terme s’amoncellent. Heureusement, les banques centrales resteront accommodantes. Nous explorons trois scenarios pour tirer profit des élections américaines.

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EN UN MOT : Volatilité, opportunité.

Les risques à court terme s’amoncellent. Heureusement, les banques centrales resteront accommodantes. Nous explorons trois scenarios pour tirer profit des élections américaines.

 

Graphique du mois (voir document pdf à la fin de l'article) : hausse de la volatilité des taux d’intérêt américains

Signe de l’incertitude qui plane sur la situation sanitaire, le pan de relance fiscal aux États-Unis et les élections américaines, la volatilité des taux d’intérêts américains a fortement rebondi après avoir touché un point bas historique fin septembre. De nombreux investisseurs anticipent des recomptages de votes et ont donc couvert leurs positions, non pas pour quelques jours, mais jusqu’en janvier 2021 d’après les contrats futurs.

 

Banques centrales : plus de stimulus attendu

  •  Réserve fédérale américaine :

•       La Fed a précisé les conditions cumulatives nécessaires pour qu’elle monte ses taux directeurs : i/une inflation à 2% de manière durable et la conviction qu’elle pourrait dépasser 2% et ii/le plein emploi. D’après ses propres projections et au vu des données actuelles, il n’y aura donc pas de changement de taux jusqu’en 2023 minimum.

•       La Fed devrait rester attentiste à sa prochaine réunion car elle prévue le lendemain des élections et il n’est pas certain que les résultats soient connus. En décembre, elle pourrait s’engager sur des achats obligataires à plus grande échelle jusqu’en 2021 et acheter des obligations avec des maturités plus longues qu’avant.

  •  Banque centrale européenne :

•       Certaines divisions émergent au sein des membres de la BCE, entre ceux qui veulent plus de stimulus monétaire en raison de la faiblesse persistante de l’inflation, et ceux qui préfèrent donner du temps au temps.

•       Nous pensons que la BCE ne peut ignorer les derniers chiffres d’inflation et les risques qui pèsent sur la croissance. Nous anticipons une nouvelle augmentation du PEPP (programme d’achat obligataire) de 300-400Mds d’euros avant la fin de l’année, ainsi qu’une extension du programme de six mois, jusqu’à fin 2021. Nous ne pensons pas que la BCE baissera son taux de dépôt, contrairement au marché qui entrevoit presque une baisse de taux de 0,10% à horizon un an.

•       La BCE va de plus en plus mettre l’accent sur la finance verte. A l’instar de la Fed, elle pourrait adopter un objectif d’inflation moyenne dans les mois à venir pour redresser les anticipations d’inflation. Elle devrait se concentrer sur l’inflation cœur (prix volatils de l’énergie et des denrées alimentaires exclus) et inclure l’inflation des logements occupés par leurs propriétaires pour mieux refléter la réalité. Les résultats de la revue stratégique sont attendus pour la mi-2021.

 

Objectifs sur les rendements obligataires

•       Les rendements obligataires américains et allemands à 10 ans évoluent dans une fourchette serrée depuis le mois d’avril. A très court terme, ils pourraient baisser vue l’incertitude, voire les contestions possibles, du résultat des élections américaines. A horizon un an, les rendements devraient se tendre légèrement grâce à l’amélioration de la situation sanitaire, des perspectives économiques meilleures et le grand nombre d’émissions obligataires à venir pour financer la relance économique.

•       Les rendements obligataires à court terme devraient rester stables à horizon un an.

Rendements obligataires

Maturité (années)

07/10/2020

Objectifs à 12 mois

États-Unis

2

0,15

0,25

5

0,34

0,50

10

0,79

1,25

30

1,59

1,75

Allemagne

2

-0,69

-0,50

5

-0 ,69

-0,25

10

-0,49

0

30

-0,06

0,25

Royaume-Uni

2

-0,01

0,25

5

-0,02

0,25

10

0,30

0,50

30

0,88

1,00

Sources : Refinitiv Datastream, BNP Paribas WM

 

 

Les élections américaines : trois scénarios principaux dans une élection probablement contestée

  • Une victoire des démocrates à la présidence (Biden) et au sénat.

o   Probabilité 65%.

o   Politique : plus de stimulus, de taxes, de réglementation et d’environnement.

o   Réaction des rendements obligataires : d’abord un aplatissement de la courbe des rendements à cause des craintes sur la rentabilité des entreprises, puis une remontée des rendements à long terme en lien avec une politique axée sur les déficits, la croissance et plus d’inflation.

o   Recommandation : préférer les obligations d’entreprise Investment Grade plutôt que High Yield. Privilégier les obligations vertes.

 

  • ·Une victoire des républicains à la présidence (Trump) et au sénat.

o   Probabilité 20%.

o   Politique : moins de taxes, plus de stimulus et de tensions commerciales.

o   Réaction des rendements obligataires : hausse modérée sur les taux du fait du Congrès divisé (sénat républicain et chambre des représentants démocrate).

o   Recommandation : préférer les obligations d’entreprise High Yield plutôt que Investment Grade.

 

  •    Une victoire des démocrates à la présidence (Biden) et des républicains au sénat.

o   Probabilité 15%.

o   Politique : l’immobilité du fait du Congrès divisé (sénat républicain et chambre des représentants démocrate). Les démocrates se concentreront sur la réglementation.

o   Réaction des rendements obligataires : hausse modérée sur les taux du fait du Congrès divisé.

o   Recommandation : privilégier les obligations d’entreprise BBB et High Yield dans cet environnement de croissance molle et de conditions financières accommodantes.

 

Nos vues

SOUVERAINS

-/=

 

 

+

•       Nous sommes positifs sur la dette souveraine américaine à court terme pour les investisseurs basés en dollar car les rendements à court terme ont un potentiel de hausse limité.

•       Nous sommes négatifs sur la dette souveraine américaine à long terme et sur les obligations souveraines allemandes, quelle que soit leur maturité.

•       Nous restons positifs sur la dette périphérique (Portugal, Italie, Espagne, Grèce) avec une stratégie d’achat sur repli.

INVESTMENT GRADE

+

•       Nous préférons les obligations d’entreprise aux obligations souveraines.

•       Nous privilégions les obligations EUR et US dont la duration est similaire à celle de l'indice de référence (5 et 8 ans respectivement).

•       Nous sommes positifs sur les obligations convertibles de la zone euro.

HIGH YIELD

=

•       Neutres sur le HY en zone euro et aux États-Unis.

ÉMERGENTS

=

 

+

•       Neutres sur les obligations émergentes en devise forte (souverains et entreprises).

•       Positifs sur les obligations d’État en devise locale.