Marchés actions : poursuite de la hausse à moyen terme
#Stratégie d'investissement — 19.09.2016

Marchés actions : poursuite de la hausse à moyen terme

Roger Keller

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Au final, les actions auront connu un bel été !

Malgré des valorisations élevées, une absence de croissance des résultats, des tendances macroéconomiques moroses et la présence de risques politiques dans les mois à venir (notamment le référendum en Italie), les marchés actions ont enregistré de solides progressions en juillet-août. Oubliant rapidement le Brexit, les investisseurs se sont concentrés sur le nombre croissant de bonnes surprises économiques et la perspective d’une relance budgétaire accrue en complément des nouvelles initiatives des autorités monétaires. En outre, la saison des résultats s’est révélée rassurante.

Les fondamentaux annoncent une poursuite de la progression à moyen terme

Nous restons optimistes vis-à-vis des perspectives de l’économie mondiale. Cela devrait permettre aux résultats des entreprises, ébranlés par l’effondrement des secteurs liés aux matières premières au second semestre 2014, de repartir à la hausse. À la même période, un autre élément était venu noircir le tableau : la nette appréciation du dollar, particulièrement pénalisante pour les entreprises américaines, qui représentent 53% de l’indice boursier mondial, et pour les marchés émergents. Les résultats devraient constituer le principal moteur des marchés actions à l’avenir. Pourquoi ? Parce que les politiques reflationnistes adoptées depuis 2009 ont fait progresser les places financières grâce à un « effet de rééquilibrage des portefeuilles consécutif à l’assouplissement quantitatif », avec à la clé des valorisations relativement élevées, au détriment des rendements futurs.

Résultats : augmentation à un chiffre en perspective  

Grâce au rebond des matières premières et à une démarche proactive, les secteurs de l’énergie et des matériaux, qui avaient joué un rôle particulièrement négatif, devraient se transformer en vecteurs de croissance des résultats en 2017. Les secteurs cycliques devraient bénéficier d’un effet de levier opérationnel, avec une timide amélioration des tendances commerciales. Les sociétés financières devraient voir leurs résultats s’améliorer grâce à un regain d’activité et une légère progression des marges dans le sillage du rebond des rendements obligataires. La santé continuera d’afficher des résultats solides, tandis que la croissance des autres secteurs défensifs devrait légèrement s'accélérer. Au final, tous les éléments sont réunis pour que les résultats d’entreprises progressent en 2017. Compte tenu de la lenteur attendue de l’expansion économique mondiale et du fait que les entreprises ont épuisé toutes leurs options en matière de baisse des coûts, nous estimons que les taux de croissance des résultats devraient être globalement similaires aux taux de croissance du PIB, voire légèrement plus élevés en raison du levier opérationnel et des rachats d’actions.

Facteurs techniques et indicateurs de sentiment envoient des signaux contradictoires

D’un côté, les marchés actions se trouvent en situation de surachat, la complaisance est de mise si l’on en croit l’indice de volatilité VIX (malgré des échéances politiques majeures dans les prochains mois des deux côtés de l’Atlantique) et septembre est statistiquement le pire mois de l’année. De l’autre, les liquidités sont abondantes (5,8% des portefeuilles, selon les gérants), le sentiment est neutre et... les options sont rares (le « syndrome TINA », de l’anglais « There Is No Alternative », c’est-à-dire « il n’y a pas d’alternative »). De manière générale, à court terme, les risques baissiers devraient se limiter à un retour à la moyenne mobile sur 200 jours.

Toujours une préférence pour les actions développées

La tendance en matière de surprises économiques est plus favorable dans les pays développés que sur les marchés émergents. À l’approche de 2017, pourtant, le différentiel de croissance entre les deux groupes devrait, selon nous, tourner en faveur du monde émergent. Nous devrions donc être en mesure de nous montrer plus optimistes vis-à-vis de ce dernier dans les mois à venir et d’ajouter d’autres noms que la Chine et l’Inde à la liste des places boursières émergentes que nous apprécions. Pour l’heure, les signes d’amélioration du potentiel de croissance relatif sont encore trop ténus et nous conservons notre préférence pour les marchés actions matures.

Marchés émergents : comment interpréter le dynamisme des rendements enregistrés depuis la mi-janvier ?  

Les marchés actions émergents ont nettement surperformé depuis leurs points bas de janvier, profitant du rebond des cours des matières premières, d’une certaine amélioration du contexte économique (absence de nouvelle dégradation au Brésil et en Russie) et de la probabilité que la Réserve fédérale américaine adopte une politique de resserrement monétaire prudente. A l’avenir, la fluctuation limitée des cours du pétrole ne constituera plus un élément positif. En ce qui concerne la politique de la Fed, la situation évolue et le marché anticipe désormais un relèvement plus précoce que prévu. La hausse du dollar qui en découlera est une mauvaise nouvelle pour les marchés boursiers émergents. La dynamique du crédit est actuellement négative dans les pays émergents. Les résultats glissants en devises locales ne se sont pas encore stabilisés. Les valorisations traduisant relativement bien les fondamentaux des marchés émergents, nous préférons rester neutres et attendre de nouveaux signes de stabilisation.

Au-delà d’une phase possible de digestion des avancées de juillet-août à court terme, les marchés actions continuent de bénéficier de fondamentaux solides et devraient poursuivre leur progression à moyen terme.

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