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#Investissements — 20.09.2016

L’investissement factoriel… Ou quand l’allocation d’actifs devient alchimie !

Sophie de La Chapelle

L’allocation d’actifs est souvent comparée à l’art culinaire car, comme celui-ci, elle exige un savant dosage de différents éléments qui se marient plus ou moins bien l’un avec l’autre. Si l’on pousse l’analogie un peu plus loin, l’ « investissement factoriel », une technique d’allocation d’actifs en fort développement, correspondrait, quant à lui, à la cuisine moléculaire. Expliquons-nous !
 

Une classe d’actifs est ainsi sensible à des facteurs sous-jacents, qui peuvent être :

  • macro-économiques (croissance du PIB, productivité, taux d’intérêt réel, inflation, volatilité),
  • régionaux (risque souverain, devise, marchés émergents),
  • relatifs aux taux (duration, convexité, spread de crédit, risque de défaut, structure du capital), …
  • ou même micro-économiques (taille de la société, value, momentum, qualité, rendement du dividende), ou aussi appelés « smart beta ».

Quand on investit dans tel ou tel actif, ce sont dans ces facteurs sous-jacents que l’on investit et que l’on croit capables de générer de la performance à terme.

Ces facteurs - notamment les facteurs macro-économiques - peuvent être communs à plusieurs classes d’actifs, ce qui explique les fortes corrélations que l’on observe entre certaines classes d’actifs. Par exemple, la classe d’actifs « obligations d’entreprises à haut rendement » (ou « high yield ») d’une part et les « actions » d’autre part sont toutes deux exposées à des facteurs communs : « devise », « volatilité » et « inflation » ;  et sont donc très corrélées.

C’est ainsi que des portefeuilles, en apparence très diversifiés, car contenant un grand nombre de classes d’actifs différentes, affichent en réalité de très forts niveaux de corrélation internes. Ces fortes corrélations, observées particulièrement depuis la crise de 2008-2009, viennent remettre en cause les modèles traditionnels de diversification, qui se fondent sur l’hypothèse de classes d’actifs décorrélées . Elles justifient l’intérêt grandissant des investisseurs pour des portefeuilles « multifactoriels » ou en d’autres termes des portefeuilles qui recherchent une diversification de ces facteurs de base et non plus seulement la diversification des actifs. Prendre en compte ces facteurs pour diversifier ses actifs permettra donc une meilleure maîtrise de la prise de risque.

Cependant, construire une allocation optimisée basée sur ces facteurs très spécifiques peut sembler malaisé voire complexe car il y a peu de supports d’investissement permettant de les isoler séparément.

C’est pourquoi, compte tenu de la difficulté à trouver des supports d’investissements propres à chacun de ces facteurs, l’alternative est de constituer un portefeuille de classes d’actifs traditionnelles et/ou alternatives, via ce qu’on appelle aujourd’hui « l’investissement factoriel ».

Ainsi, en fonction de ses convictions sur les foyers de performance, on assemblera des actifs sensibles à la croissance (actions, Private Equity,…) pour une exposition à la croissance du PIB, des actifs obligataires pour une exposition à la baisse des taux, des actifs « réels » (immobilier, obligataire d’état indexé sur l’inflation-OATi,…) pour une exposition à l’inflation, et ainsi de suite…

Et c’est à ce moment-là, comme dans l’art culinaire, qu’il ne suffit plus d’être un bon cuisinier en assemblant avec pertinence différents éléments de qualité, mais qu’il faut également être capable de comprendre et d’anticiper les réactions chimiques spécifiques entre ces éléments pour créer le meilleur assemblage possible ! C’est exactement l’objectif visé par l’investissement factoriel ! De simple allocateur on devient alors alchimiste à la recherche de la pierre philosophale, à savoir le portefeuille optimal !

• Facteurs de risques communs à deux classes d’actifs