Comment les actifs tangibles peuvent limiter le risque d’inflation
#Stratégie d'investissement — 04.01.2017

Comment les actifs tangibles peuvent limiter le risque d’inflation

Xavier Timmermans & Marc Eeckhout

Une exposition directe aux actifs réels permet de garantir des rendements à long terme intéressants, de renforcer la protection d’un patrimoine contre l’inflation et d’en réduire le risque baissier. Parmi les actifs réels figurent les métaux précieux, les biens immobiliers directs, les exploitations agricoles et les forêts.

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Les prévisions d’inflation ont bondi dans le monde au lendemain de la victoire de Donald Trump, sur fond d’anticipations de croissance plus forte et de déficits budgétaires plus importants.  Les baisses d’impôts et le programme de relance budgétaire (travaux d’infrastructure et défense), dans un contexte de quasi plein emploi (taux de chômage de 4,6 % en novembre) pourraient en effet doper es salaires et augmenter l’inflation. La décision de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP) de réduire sa production de 1,2 million de barils par jour au cours des six prochains mois, en sus d’une diminution supplémentaire de 558 000 barils par jour de la Russie et d’autres pays producteurs hors OPEP, alimente les craintes inflationnistes.
 

Or

Les cours de l’or ont récemment été pénalisés par la hausse des rendements obligataires et la vigueur du dollar. Nous conservons toutefois une vue positive sur l’or et maintenons notre prévision de fourchette de prix comprise entre 1200 et 1500 USD l’once.
 

  • Les taux réels jouent un rôle important pour l’or. L’or pourrait se redresser en cas d’accélération de l’inflation ou des anticipations inflationnistes, qui maintiendrait les taux réels à des niveaux relativement bas, voire les ferait passer en terrain négatif.
  • L’or est l’un des rares actifs de diversification encore disponible dans un monde extrêmement corrélé. Il devrait jouer un rôle de valeur refuge dans l’hypothèse d’événements géopolitiques ou en cas de correction brutale des marchés.
  • L’offre de mines d’or à travers le monde a reculé au cours des trois premiers trimestres de 2016. On dénombre aujourd’hui relativement peu de nouveaux projets ou d’extension de sites à même de devenir opérationnels  à court terme.
  • Depuis le repli du cours de l’or, la demande physique a commencé à se redresser. Les prix de l’or plus élevés dans la première moitié de 2016 ont freiné la demande de bijoux en or.
  • Les banques centrales des pays émergents (comme la Russie) devraient continuer à accroître leurs détentions d’or
  • En Chine, de nouveaux produits financiers, comme les ETF (fonds indiciels) sur l’or, ont également commencé à enregistrer un afflux de capitaux susceptible de fortement croître au fil du temps.
     

Immobilier direct

Du fait de l’indexation des loyers à l’inflation dans de nombreux pays, la pierre offre une solide protection contre le risque d’inflation. En effet, les valorisations de l’immobilier direct sont également attendus en hausse, avec de légers décalages dans le temps, selon les pays.  

A noter : le coût d’emprunt devra être plafonné avec des taux fixes. Autrement, l’inflation pourrait augmenter le coût de financement et compromettre la possibilité d’obtenir des rendements plus élevés.
 

Exploitations agricoles et forêts 

Les exploitations agricoles offrent une alternative intéressante aux investisseurs souhaitant diversifier leur portefeuille. Ces actifs ne sont pas corrélés aux marchés financiers et assurent des revenus qui sont en général indexés, tout en offrant une plus-value du capital à long terme.

Agrifrance, département dédié de BNP Paribas Wealth Management, conseille ses clients (à l’achat comme à la vente) et facilite les transactions portant sur des exploitations agricoles, des vignobles, des forêts et des demeures d’agrément.
 

  • Exploitations agricoles : la plupart des terres (74 %) sur le marché sont louées ; la demande fait preuve de résilience ; les rendements bruts varient entre 2 et 4 % et le marché français est attractif par rapport aux pays voisins.
  • Vignobles : à l’exception des sites les plus connus dont les prix se sont envolés, les prix ont connu une hausse modérée ces dernières années. Il est par conséquent encore possible de trouver des rendements raisonnables (vignobles en location) et de profiter d’un potentiel de plus-value du capital.
  • Forêts : la volatilité des prix du bois n’a aucun effet sur le prix des forêts et la demande est supérieure à l’offre.
     

Risques pesant sur notre hypothèse de base

Or et immobilier direct : Les risques baissiers se sont accrus dans le sillage de l’élection présidentielle aux États-Unis, car les marchés sont désormais axés sur la perspective d’une politique budgétaire expansionniste qui boosterait les rendements réels. Les rendements obligataires risquent donc d’augmenter au-delà des prévisions de notre scénario de base, ce qui conduirait à des taux réels attractifs qui pourraient pénaliser l’or.

Foncier rural : Les investissements dans les exploitations agricoles et les forêts sont, par nature, des placements à long terme qui peuvent être considérés comme illiquides. La qualité et les prix varient considérablement, notamment en fonction de la localisation, de la topographie, de la facilité d’accès ainsi que des rendements économiques et techniques.