BNP Paribas utilise des cookies sur ce site internet. En poursuivant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. Vous pouvez consulter notre Politique Cookies pour de plus amples informations et pour savoir comment les bloquer sur votre ordinateur. Le fait d’empêcher le dépôt de cookie sur votre terminal peut induire une expérience réduite des fonctionnalités de ce site.

#Immobilier — 27.11.2018

Immobilier : La Saga du Brexit

Pol Robert Tansens

Découvrez notre dernier rapport immobilier : « Immobilier et inflation : pas forcément une mauvaise combinaison ! »

London

La saga du Brexit

Le résultat des négociations en cours entre le Royaume-Uni et l'union européenne (UE) et qui façonnera leurs relations futures, n'est toujours pas clair. Alors que l'analyse de tous les scénarios plausibles dépasse la portée du présent rapport, nous évaluerons l'impact sur l'immobilier commercial et résidentiel du scénario le plus pessimiste - le Brexit « dur », ou sans accord.

À court terme, BNP Paribas Real Estate prévoit un impact tangible sur le marché, similaire à ce que les investisseurs ont observé au lendemain du référendum. « La baisse des volumes d'investissement au Royaume-Uni pourrait atteindre 25 % à 30 %, le rendement en capital des bureaux dans la City chutant le plus fortement, de 15 %, et celles du West End de 10 %. Ces baisses seront principalement le fait de la chute des loyers causée par la faiblesse du marché locatif ». Même dans l'hypothèse d'un accord avec l'UE, l'impact sur le marché immobilier pourrait encore être quelque peu négatif, bien que dans une moindre mesure. « À Londres, le volume des investissements devrait baisser de 11 % avec une baisse moyenne du rendement en capital de 5 % par an au cours des trois prochaines années. » (source : BNP Paribas Real Estate). Nous rappelons au lecteur que l'incertitude actuelle liée au Brexit n'est pas le seul facteur responsable de la faiblesse du marché. Quoi qu'il en soit, le marché des bureaux de Londres entre dans la phase finale de son cycle immobilier actuel.

“ Certains facteurs d'inquiétudes subsistent, comme la question de savoir si un accord solide sur le Brexit sera conclu avant mars 2019. "

Pol Robert Tansens

Head of Real Estate Investment Strategy

 

Néanmoins, nous pensons que Londres sera toujours populaire auprès des investisseurs - qu'ils soient institutionnels ou privés - et que le marché de l'immobilier commercial devrait être soutenu par une livre sterling plus faible. Il en va de même pour le marché de l'immobilier résidentiel de la capitale sur lequel les investisseurs européens reviennent progressivement.

L'entreposage connaîtrait une demande beaucoup plus forte dans les zones portuaires en cas de Brexit dur. « Le traitement des marchandises et leur dédouanement dans les ports nécessiteront davantage de stockage, et ce particulièrement à court terme. Nous assistons déjà à un développement spéculatif accru de l'espace de stockage autour du port de Douvres. La compression des rendements et la croissance des loyers dans l'immobilier logistique pourraient vraisemblablement se poursuivre » (source : BNP Paribas Real Estate, septembre 2018).

À long terme, l'avenir du marché est plus difficile à prévoir, car il dépendra largement de la nature d'un accord avec l'UE et de la performance de l'économie britannique. Les retombées sur l'occupation des biens immobiliers, avec des taux d'inoccupation susceptibles d'augmenter fortement, exerceront une pression à la baisse sur les loyers. Une pression à la vente se fera sentir, entraînant une correction des valorisations d'actifs.

 

Les investisseurs américains sont toujours actifs au Royaume-Uni

Alors que certains investisseurs américains entrent sur le marché immobilier au Royaume-Uni, ceux qui s'y trouvent déjà quittent Londres en faveur de villes plus petites. L'investissement immobilier total des américains au Royaume-Uni a atteint un maigre 3,1 milliards de dollars entre le début de l'année et la mi-août. « C'est là un rythme beaucoup plus lent que les 16 milliards de dollars échangés en 2015, l'année précédant le vote du Brexit. » (source : Real Capital Analytics, Août 2018).

Les investisseurs asiatiques continuent d'acquérir des immeubles de prestige à Londres tels que Plumtree Court, un immeuble de dix étages à Londres, destiné à devenir le siège européen de Goldman Sachs. Ce bâtiment a été acquis par le Korean National Pension Service (Régime de pension coréen) pour 1,17 milliards de livres sterling dans le cadre d'un contrat de vente et de cession-bail (la transaction devrait être clôturée en janvier prochain, source : IPE, le 23 août 2018).

Les investisseurs américains sont prêts à prendre des risques plus élevés, tandis que les investisseurs asiatiques sont moins enthousiastes. La raison est simple : les investisseurs asiatiques peuvent encore trouver des biens dont le RIB se négocie bien au-dessus de celui d'immeubles similaires sur leur marché domestique de premier choix. Ce n'est pas le cas pour les investisseurs américains, les taux de capitalisation de l'immobilier au Royaume-Uni étant nettement inférieurs à ceux des États-Unis. Par conséquent, ils doivent encourir des risques supplémentaires lorsqu'ils investissent au Royaume-Uni afin d'obtenir un rendement total acceptable (du moins pour eux).

Parmi les transactions effectuées par les investisseurs américains hors de Londres cette année, nous soulignons celle de la société de capital investissement, LCN Capital Partners, qui a acheté la première phase d'Aberdeen International Business Park - le siège social de 335 000 m² d'Aker Solutions - pour environ 114 millions de livres sterling avec un rendement de 6,9 % environ (source : CoStar News, le 22 mars 2018). Le gestionnaire d'actifs Invesco a, pour sa part, annoncé qu'il s'associait aux promoteurs Patten Properties et Panacea Property Development pour la construction de 383 unités à louer dans le centre-ville de Liverpool (source: Wall Street Journal, le 28 août 2018).

Un grand avantage pour les investisseurs américains est la baisse des prix lorsqu'ils sont convertis en dollars américains.

L'affaiblissement de la livre sterling - qui s'est dépréciée d'environ 15 % par rapport au billet vert depuis le vote du Brexit de l'été 2016 - rend l'achat au Royaume-Uni moins couteux pour les investisseurs se basant sur le dollar. Pour rappel, les américains se sont taillés la part du lion des investisseurs non-britanniques dans le pays pendant des années. Ils ont décaissé plus de 90 milliards de dollars sur l'immobilier commercial au Royaume-Uni depuis 2007 (source : Real Capital Analytics).