BNP Paribas utilise des cookies sur ce site internet. En poursuivant la navigation sur notre site, vous acceptez l'utilisation de ces cookies. Vous pouvez consulter notre Politique Cookies pour de plus amples informations et pour savoir comment les bloquer sur votre ordinateur. Le fait d’empêcher le dépôt de cookie sur votre terminal peut induire une expérience réduite des fonctionnalités de ce site.

#Stratégie d'investissement — 13.05.2019

L'intensification des tensions commerciales est le catalyseur des pressions à court terme

Roger Keller

L'actualité du week-end dernier sur les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine a alimenté l'incertitude.

Au-delà des pressions à court terme auxquelles les marchés actions devraient faire face, nous continuons de penser que les marchés actions atteindront des nivea

BNP Paribas | USA

Les tensions commerciales continuent de s'intensifier

Au cours du week-end, le président Trump a déclaré que la Chine avait un mois pour s'entendre sur un accord commercial, faute de quoi il accélèrerait les droits de douane sur toutes les exportations chinoises vers les Etats-Unis. Robert Lighthizer, le représentant américain pour le commerce, a déclaré que des détails sur les droits de douane sur environ 300 milliards d'importations en provenance de Chine pourraient être dévoilés aujourd'hui.

La Chine n'a pas divulgué les détails de ses mesures de rétorsion depuis que la décision a été prise la semaine dernière de relever les tarifs douaniers de 10 % à 25 % sur 200 Md $ d'exportations vers les Etats-Unis. Toutefois, la Chine a déclaré que les Etats-Unis devaient supprimer les droits de douane supplémentaires, aligner les importations chinoises sur la demande réelle et enfin rechercher un accord « équilibré » qui assure la « dignité » des deux nations.

Nous avons également appris par une communication de Larry Kudlow, le premier conseiller économique de Donald Trump, que la Chine a invité Robert Lighthizer et Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor américain, à poursuivre les négociations en Chine, mais rien n'est connu sur les dates. Il a également indiqué que cela pourrait prendre plusieurs mois avant que des tarifs supplémentaires ne prennent effet.
 

Les marchés actions avaient besoin d'un catalyseur pour marquer une pause

Nous sommes récemment devenus neutres sur les actions à court terme, mais nous avons conservé une position positive à moyen terme. Les principaux arguments ont été que la reprise depuis le quatrième trimestre reposait sur l'attitude conciliante des banques centrales, en particulier le revirement de tendance de la Réserve fédérale, des données macroéconomiques positives en provenance de Chine et un point de vue positif sur les négociations commerciales.

Dans le même temps, les prévisions de croissance économique et les estimations de bénéfices du consensus ont été nettement revues à la baisse, d'où la nécessité d'une pause sur les marchés actions. Avec le passage du temps, les fondamentaux devraient s'améliorer progressivement et confirmer les anticipations d'une poursuite de la croissance de l'économie mondiale au cours des 12 prochains mois.

Les actions ont perdu près de 3 % depuis leurs récents sommets.
 

Un accord est toujours attendu

Les nouvelles du week-end ont eu un impact limité sur les marchés financiers. L'indice CSI 300 abandonne 1,8 %, l'indice MSCI Asia Pacific 0,6 %, les futures de l'indice S & P500 1,1 %, l'indice Euro Stoxx moins que cela et le yuan baisse de 0,7 % à 6,90 face au dollar. Les actifs refuges ne bénéficient pas des incertitudes : le yen n'a gagné que 0,2 % à 109,8 et l'or est en légère baisse, s'échangeant à 1283 dollars.

Ces réactions confortent la conviction du marché qu'un accord commercial finira par être signé. Nous partageons cet avis pour trois raisons : I) ne pas parvenir à un accord aurait un impact négatif sur le cycle économique ; ii) la prochaine élection présidentielle américaine se profile à l'horizon, augmentant ainsi les enjeux et iii) la Chine préférerait ne pas augmenter trop ses mesures de relance en raison d'un endettement élevé. Même si nous attendons un accord, nous considérons également qu'il laisserait de nombreuses questions en suspens et nous devons accepter que de nombreuses incertitudes persisteraient à moyen et long terme.
 

Nous restons prudents sur les actions à court terme et maintenons notre conviction positive à moyen terme

Au-delà des raisons mentionnées pour anticiper une période de consolidation, nous ajoutons des considérations techniques, comme les divergences, et le fait que les positions courtes sur l'indice de volatilité VIX aient atteint un plus bas record, un signe clair de complaisance.

Dans la mesure où les deux parties des négociations commerciales ont de nombreuses raisons de vouloir parvenir à un accord, nous pensons que l'économie mondiale devrait rester sur la voie d'une croissance modérée et que les bénéfices devraient continuer à progresser à un rythme inférieur à 10 %. De plus, nous conservons une position positive sur les actions à moyen terme et pensons que dans l'intervalle, il est peu probable que les marchés boursiers enregistrent une forte correction mais plutôt une consolidation.
 

En conclusion

Nous restons d'avis qu'au second semestre, les marchés actions devraient pouvoir légèrement dépasser les récents plus hauts. Nous maintenons nos préférences pour les marchés procycliques.